Le HCR contient difficilement l'épidémie d'hépatite E au Soudan du Sud

Le risque croira si, comme prévu, le nombre de réfugiés arrivés au Soudan du Sud depuis le Sud-Kordofan et le Nil Bleu au Soudan augmente pendant la saison sèche.

Un réfugié âgé bénéficie de soins médicaux à son arrivée au camp de réfugiés au Soudan du Sud.   © HCR/B.Sokol

JUBA, Soudan du Sud, 9 novembre (HCR) - Le HCR a prévenu vendredi que sa capacité à contenir une épidémie d'hépatite E parmi les réfugiés arrivés au Soudan du Sud est mise à rude épreuve. Parallèlement son opération d'urgence pourrait manquer de financement. « Le risque croira s'il y a prochainement, comme prévu, un afflux de réfugiés depuis les Etats du Sud-Kordofan et du Nil Bleu au Soudan voisin », a indiqué Adrian Edward, porte-parole du HCR.

En raison de l'insécurité et de la détérioration des conditions humanitaires dans les Etats du Sud-Kordofan et du Nil Bleu, le personnel du HCR sur le terrain s'attend à l'arrivée de milliers de nouveaux réfugiés dans les prochaines semaines quand les routes deviendront praticables après la saison des pluies.

Le HCR et ses partenaires, y compris les autorités de santé au Soudan du Sud, luttent déjà une épidémie d'hépatite E dans les États du Haut-Nil et d'Unity, deux régions où la maladie est endémique et où 175 000 réfugiés soudanais ont trouvé refuge.

« Nous comptons 1 050 cas d'hépatite E dans les camps de réfugiés », a déclaré Adrian Edwards. « À ce jour, 26 réfugiés sont décédés dans les camps du Haut-Nil. Il y a eu 10 décès de plus depuis la mi-septembre », a-t-il ajouté. Après avoir été contracté, le virus de l'hépatite E se propage par la consommation d'aliments et d'eau contaminés. Il endommage le foie.

Potentiellement mortel, le risque d'infection est élevé dans des installations densément peuplées comme les camps de réfugiés. Cette situation est exacerbée pendant la saison des pluies à cause des inondations et du manque d'installations sanitaires. Les femmes et les petits enfants sont les plus vulnérables.

Le diagnostic précoce est essentiel pour la survie des malades. Adrian Edwards a déclaré que le HCR travaille avec les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC), la principale agence gouvernementale américaine en matière de protection de la santé publique et de sécurité qui a envoyé six personnes pour tester l'eau et des échantillons de sang ainsi que conduire des entretiens, maison par maison, sur les pratiques d'hygiène.

Pour lutter contre la propagation de la maladie parmi les dizaines de milliers de réfugiés soudanais au Soudan du Sud, « nous communiquons sur les meilleures pratiques d'hygiène par le biais de centaines de travailleurs communautaires qui ont été formés. Dans tous les camps, ce programme de sensibilisation communautaire comprend des actions de dépistage », a déclaré Adrian Edwards.

L'agence pour les réfugiés a également travaillé à améliorer l'approvisionnement en eau potable dans les camps, ainsi que l'amélioration des latrines et l'installation de davantage de points pour le lavage et de savon.

Ces mesures ont contribué à ralentir la propagation de la maladie. Toutefois, le HCR lutte pour respecter les normes humanitaires minimales comme la fourniture de 15 à 20 litres d'eau potable par réfugié et par jour ou la construction de suffisamment de latrines pour que chaque unité soit partagée par 20 réfugiés au maximum.

Adrian Edwards a souligné que l'opération du HCR au Soudan du Sud est confrontée à une grave pénurie de fonds. « Le HCR a besoin d'un minimum de 20 millions de dollars jusqu'à la fin de l'année pour maintenir les activités d'aide humanitaire essentielle. Sur notre appel révisé d'un montant de 186 millions de dollars, seulement 40% des fonds ont été reçus à ce jour. Les ONG internationales ont également besoin de financement supplémentaire au-delà de ce montant, afin de s'assurer que toutes les activités peuvent être réalisées pour répondre aux besoins », a-t-il souligné.