Avec les combats dans Goma, le HCR demande aux Etats de ne pas refouler des réfugiés vers la RDC

La recommandation du HCR concerne le Nord- et le Sud-Kivu ainsi que les régions voisines, notamment le Katanga affecté par les répercussions du conflit.

Des personnes déplacées se rassemblent autour des points d'eau à Mugunga 3. Des femmes et des enfants convergeraient vers le camp et d'autres installations spontanées.   © HCR/F.Noy

GOMA, République démocratique du Congo, 20 novembre (HCR) - Alors que des milliers de Congolais fuient l'avancée des rebelles, le HCR appelle les gouvernements à ne procéder à aucun refoulement vers les provinces du Nord- et du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC), avant une amélioration significative de la situation de sécurité et des droits humains.

« Notre recommandation concerne également les régions voisines des Kivus, et tout particulièrement la province de Katanga qui est affectée par les répercussions du conflit », a indiqué Adrian Edwards, porte-parole du HCR, aux journalistes. Selon les dernières informations, des combattants du mouvement M23 sont entrés à Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu, où ils ont pris l'aéroport.

« Selon le HCR, les personnes qui fuient le conflit aux Kivus et dans les régions voisines affectées pourraient avoir besoin de la protection internationale pour les réfugiés. Le HCR lance également une mise en garde sur les refoulements vers des régions plus sûres de la RDC, si les personnes n'y ont pas de proches ou d'autres liens étroits », a ajouté Adrian Edwards.

Ces derniers mois, les combats dans les Kivus ont été particulièrement intenses entre les forces gouvernementales et les rebelles du mouvement M23 au Nord-Kivu, ainsi qu'entre les forces gouvernementales et d'autres groupes armés (Raia Mutomboki, Maï Maï Nyatura) au Sud-Kivu.

« Actuellement, nous sommes particulièrement préoccupés par la situation autour de Goma où il y a eu de nouveaux déplacements de populations importants ces derniers jours », a indiqué Adrian Edwards. L'avance des rebelles M23 a poussé de nombreuses personnes à fuir vers Goma et le Rwanda. Par ailleurs, le vaste camp de déplacés de Kanyaruchinya est quasiment vidé de ses habitants. Auparavant, quelque 60 000 personnes y étaient hébergées.

Aux alentours de Goma, des femmes et des enfants convergeraient actuellement vers Mugunga 3 et d'autres installations spontanées. « De nombreux programmes d'aide humanitaire ont été suspendus en raison de la situation de sécurité », a souligné Adrian Edwards.

Depuis le début de l'année, la reprise du conflit dans ces deux régions a exacerbé une situation humanitaire déjà désastreuse et a déraciné près de 650 000 personnes. Parmi elles, quelque 250 000 civils sont nouvellement déplacés au Nord-Kivu, et 339 000 autres au Sud-Kivu depuis le mois d'avril. Durant cette période, plus de 40 000 personnes ont fui vers l'Ouganda et 15 000 autres vers le Rwanda. Le Burundi reçoit près de 1000 nouveaux arrivants congolais chaque mois depuis août dernier.

Depuis près de deux décennies, l'est de la RDC est en proie à la violence généralisée et aux violations massives des droits humains orchestrées par les différentes parties au conflit, y compris des viols collectifs, des assassinats et des pillages lors d'attaques et de contre-attaques menées contre les villages. Piégés entre les groupes rivaux, les civils sont souvent pris pour cible et ils subissent des abus commis par les combattants pour leur allégeance supposée à l'ennemi.

Adrian Edwards a expliqué que, selon la recommandation du HCR, l'exclusion du statut de réfugié devrait être étudiée concernant les personnes qui auraient commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

Plus de 460 000 réfugiés originaires de RDC se trouvent actuellement dans les pays voisins. Les réfugiés se trouvent principalement en Ouganda, au Congo, au Rwanda et en Tanzanie.