Inquiétudes du HCR pour les déplacés après l'attaque contre un camp à l'est de la RDC

L'incident dans le camp de Mugunga III souligne le besoin d'agir en priorité sur la sécurité dans les camps et pour l'amélioration de l'accès humanitaire.

Des femmes déplacées trient des haricots devant leurs abris au camp de Mugunga III. Le HCR est inquiet pour la sécurité dans les camps.   © HCR/F.Noy

GOMA, République démocratique du Congo, 4 décembre (HCR) - Le HCR a fait part mardi de son inquiétude sur la sécurité des personnes déplacées et des travailleurs humanitaires, dans les camps de l'est de la RDC, après une attaque ce week-end dans le camp de Mugunga III près de Goma.

« Il n'y a pas eu de morts ni de blessés, mais une personne au moins a reçu des coups. Par ailleurs, des maisons et la pharmacie du camp ont été pillées. Il y a six cas non confirmés de viol », a indiqué Adrian Edwards, porte-parole du HCR.

Des témoins ont indiqué qu'un petit groupe d'hommes extérieurs au camp ont été vus à surveiller la distribution de vivres plus tôt dans la journée, pour probablement voir où vivent les bénéficiaires. Quelques heures plus tard, le camp était entouré d'un grand nombre d'hommes armés. Ils ont demandé à une femme de les emmener voir le chef du camp et l'ont battue.

Puis les hommes armés ont fouillé des tentes, ils ont volé de l'argent, des téléphones mobiles et des colis de nourriture pour deux semaines qui venaient d'être distribués par le Programme alimentaire mondial à environ 1 800 familles. Des pillages ont été également été rapportés parmi les communautés locales situées non loin du camp.

Des enquêtes sont actuellement menées sur des cas de viols qui ont été signalés. Par ailleurs, environ une douzaine de déplacés auraient été forcés de porter le matériel pillé hors du camp, avant d'être relâchés.

Les quelques agents de police non armés dans le camp n'ont pas pu intervenir, alors que des troupes des Nations Unies pour le maintien de la paix - qui sont également confrontées à un manque de moyens - n'étaient pas en position de maintenir une présence permanente dans le site. Le personnel du HCR qui s'est rendu dans le camp hier lundi a indiqué que les habitants du camp demeurent inquiets et fâchés.

« L'incident met en avant le besoin d'agir en priorité pour la sécurité dans les sites accueillant des déplacés internes, ainsi que l'amélioration de l'accès humanitaire afin que ces populations puissent être mieux aidées », a indiqué Adrian Edwards.

Au moins 30 000 personnes se trouvent actuellement au camp de Mugunga III, alors que 75 000 autres ont trouvé refuge dans d'autres camps sous la responsabilité du module interagence de gestion et de coordination des camps. Des milliers de personnes vivent par ailleurs dans des camps spontanés ou au sein de communautés hôtes.

De même que les difficultés en termes de sécurité à Mugunga III et ailleurs au Nord- et au Sud-Kivu, le HCR est également confronté à une pénurie d'abris et d'articles non alimentaires. Environ 12 000 familles extrêmement vulnérables ont besoin d'urgence d'articles non alimentaires (couvertures, ustensiles de cuisine, bâches goudronnées, bâches en plastique, moustiquaires, jerrycans, savon et serviettes hygiéniques). Nous avons également besoin d'abris pour 47 000 familles extrêmement vulnérables.

Selon les statistiques des Nations Unies, 130 000 personnes sont nouvellement déplacées du fait de l'instabilité récente dans et autour de Goma. Elles s'ajoutent à environ 841 000 personnes qui avaient été déplacées avant cette toute dernière vague d'insécurité.

Au Sud-Kivu, selon les statistiques d'OCHA (le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires), environ 878 000 personnes étaient déplacées à la fin octobre 2012. La majeure partie d'entre eux (plus de 96%) vivent dans des communautés hôtes.

Les combats autour de Sake dans le Nord-Kivu ont forcé environ 18 500 personnes à fuir leurs maisons au Sud-Kivu, majoritairement autour de Minova. Le HCR souligne que ces chiffres ne sont qu'une estimation préliminaire, car ils ne prennent pas en compte le fait que certaines personnes ont été déplacées plusieurs fois (et qui pourraient donc être comptées deux fois) ou de récents retours.