Les réfugiés en Inde parlent de leurs difficultés quotidiennes au chef du HCR

Le Haut Commissaire António Guterres a eu des discussions franches et ouvertes avec des réfugiés sur la vie en Inde et rencontre des hauts responsables indiens.

Le Haut Commissire António Guterres admire le tissage traditionnel, fruit du travail de ressortissantes du Myanmar dans un centre de réfugiés à New Delhi.   © HCR/N.Bose

NEW DELHI, Inde, 21 décembre (HCR) - Les réfugiés vivant en milieu urbain dans la capitale indienne ont évoqué leurs problèmes rencontrés au quotidien en présence du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres, durant sa visite de deux jours pour discuter des étapes concrètes afin de renforcer le partenariat du HCR avec le Gouvernement.

António Guterres s'est rendu dans un centre de réfugiés à New Delhi jeudi et il a rencontré huit exilés originaires d'Afghanistan, du Myanmar et de la Somalie. Ils lui ont expliqué leurs difficultés financières et leurs problèmes pour trouver un logement.

« Nous vivons sur des quais de gare ou en plein air. Nous n'avons rien à manger. Le monde est témoin de nos souffrances, mais personne ne fait rien pour y remédier », a indiqué Fazal, âgé de 44 ans, un réfugié rohingya originaire du Myanmar. L'Inde a maintenu ses frontières ouvertes aux Rohingyas et leur a octroyé des permis de résidence et de travail.

Le Haut Commissaire Guterres a évoqué en termes chaleureux de la générosité de l'Inde envers tous les réfugiés. Mercredi, il a rencontré le Ministre des Affaires étrangères Salman Khursheed et le Ministre de l'Intérieur Sushil Kumar Shinde pour discuter sur l'amélioration de la protection envers les réfugiés et sur le renforcement des liens entre le HCR et l'Inde.

« C'est une période privilégiée pour les relations entre le HCR et le gouvernement », a-t-il indiqué. Le gouvernement a discuté de possibles échéances pour répondre à des problèmes, comme la délivrance de visas de longue durée et de permis de travail aux réfugiés ainsi que la naturalisation des réfugiés sikhs et hindous originaires d'Afghanistan.

Bien que l'Inde n'ait pas signé la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et que ce pays ne dispose pas d'une législation nationale pour les réfugiés, les droits fondamentaux des réfugiés et des demandeurs d'asile sont protégés par la constitution. Ils ont accès aux soins de santé et leurs enfants peuvent aller à l'école.

Cependant, ils disent être confrontés à des problèmes en tant que réfugiés dans leur vie quotidienne, comme la discrimination, la difficulté de trouver un logement et du travail. Les femmes, tout spécialement à New Delhi, ne se sentent pas en sécurité, même chez elles.

Wilo, une mère célibataire avec huit enfants, a déclaré que les femmes somaliennes sont confrontées à la discrimination à longueur de temps. Le Haut Commissaire a indiqué plus tard qu'il avait été ému par ce que les réfugiés lui ont témoigné sur leurs problèmes. « Nous devons travailler conjointement avec les gouvernements pour augmenter [et améliorer] la sécurité des femmes [et de tous les autres réfugiés]. »

On compte environ 22 000 réfugiés et demandeurs d'asile relevant de la compétence du HCR en Inde, et beaucoup plus encore de Sri Lankais et de Tibétains qui reçoivent une aide directe des autorités indiennes.

« Dieu a donné la responsabilité à quelques humains de prendre soin d'autres humains », a indiqué Fazal du Myanmar au Haut Commissaire. « Votre institution est l'une d'entre elles. Nous sommes reconnaissants du fait que vous soyez venu nous écouter. S'il vous plait, aidez-nous. »

Par Nayana Bose à New Delhi, Inde