Position du HCR sur la directive du Gouvernement kényan sur le transfert des réfugiés depuis les villes vers des camps de réfugiés

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 25 janvier 2013 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR a mené des consultations d'urgence avec les autorités kényanes depuis décembre. Le Gouvernement du Kenya avait alors annoncé une directive sur la cessation immédiate de la réception et de l'enregistrement des demandeurs d'asile à Nairobi et dans d'autres villes, ainsi que leur transfert dans des camps de réfugiés.

Le HCR a exprimé ses sérieuses préoccupations sur l'impact de la politique en matière de protection, de droits humains et de la situation humanitaire, et en particulier, l'interruption abrupte des conditions de vie, de l'éducation et des moyens d'existence de milliers de réfugiés qui étaient installés et qui vivaient en toute légalité dans des villes depuis des années. Le HCR a appelé le Gouvernement à ne pas mettre en oeuvre la nouvelle directive.

Cependant, le gouvernement a clairement indiqué sa détermination à appliquer cette loi. Le HCR a depuis travaillé à assurer que cette mise en oeuvre se ferait de façon appropriée, conformément aux principes essentiels en matière de protection et de droit humanitaire et qu'elle éviterait toute souffrance des personnes concernées. Les autorités ont établi par la suite un Comité interministériel pour vérifier que ces principes seraient respectés dans la mise en oeuvre de la nouvelle politique.

Après l'annonce, le week-end dernier, de l'imminence d'une opération de sécurité pour rassembler les réfugiés à Nairobi et les transférer vers les camps, le HCR a exprimé ses inquiétudes au Gouvernement et a exhorté qu'une telle opération ne soit pas menée.

Le gouvernement a depuis fourni des assurances selon lesquelles un rassemblement n'aurait pas lieu. Il a réaffirmé sa volonté de travailler avec le HCR pour assurer que les principes de protection des réfugiés soient respectés. Parallèlement, le 22 janvier, dans une requête introduite par deux ONG travaillant dans le domaine des droits des réfugiés, la Haute Cour du Kenya a émis une injonction temporaire pour mettre fin à toute action visant à appliquer la décision sur le transfert en attendant une audience complète sur la question.

Le HCR continue de travailler avec le gouvernement pour veiller à ce que, dans le cadre d'une éventuelle mise en oeuvre de la nouvelle directive, les réfugiés et les demandeurs d'asile ne soient pas mis en danger ou que leur protection vitale et les droits de l'homme ne soient pas transgressés comme c'est souvent le cas malheureusement, dans les opérations de cette nature et de cette ampleur.

Le HCR espère également que sa Politique sur les réfugiés en milieu urbain restera en vigueur. Elle avait été appuyée par le Gouvernement kényan comme étant la meilleure voie à suivre pour les réfugiés pouvant subvenir à leurs besoins et participer au développement de leurs communautés hôtes. Cette politique souligne que les villes sont des lieux légitimes et essentiels aux réfugiés pour résider et exercer les droits auxquels ils peuvent prétendre.

On compte actuellement 56 000 demandeurs d'asile et réfugiés enregistrés auprès du HCR à Nairobi et dans d'autres villes du Kenya. Le segment le plus important de ce groupe est composé de Somaliens (33 844), d'Ethiopiens (10 568) et de ressortissants de la République démocratique du Congo (7 046). Une minorité provient de l'Erythrée, du Soudan du Sud et de la région des Grands Lacs.