Q&R : Un message royal du Charjah - ensemble nous pouvons faire beaucoup pour aider

Rencontrez la Cheikha Jawaher du Charjah, qui est devenue une fervente partisane du HCR et a donné des fonds afin d'offrir des soins de santé aux réfugiées somaliennes.

Son Altesse Sheikha bint Mohammed Jawaher Al-Qasimi rencontre le Haut Commissaire pour les réfugiés António Guterres à Genève.  © HCR

GENÈVE, le 4 février (HCR) - Depuis plusieurs années, la Cheikha Jawaher bint Mohammed Al Qasimi, épouse du dirigeant du Charjah, apporte son aide aux réfugiés palestiniens. Plus récemment, elle a apporté son soutien au Haut Commissariat pour les réfugiés, dont la mission est d'offrir protection et assistance à plus de 10 millions de réfugiés à travers le monde. Elle a notamment apporté des fonds pour offrir des soins de santé aux déplacées somaliennes. Elle a récemment rendu visite au siège du HCR à Genève afin de rencontrer le Haut Commissaire pour les réfugiés, António Guterres, et un autre cadre supérieur du HCR. Pendant sa visite à Genève, Son Altesse s'est entretenue brièvement avec la Responsable des Communications, Sybella Wilkes. Extraits de l'interview.

Qu'est-ce qui vous motive à aider les réfugiés?

C'est pour moi un honneur de prendre part au travail humanitaire. J'estime qu'il est de ma responsabilité d'aider mon prochain. Je viens d'un pays riche et prospère. Malheureusement, j'ai l'impression que nos jeunes - pas tous, mais une partie d'entre eux - utilisent leurs richesses à mauvais escient, alors que dans d'autres parties du monde, des gens ont besoin d'une petite contribution juste pour pouvoir vivre; pour que les femmes mettent leurs enfants au monde en toute sécurité et soient en mesure de les nourrir et de leur garantir une éducation.

Ce n'est pas une chose facile, mais je veux que les gens pensent au-delà de leurs propres frontières. Nous devons apporter notre contribution pour aider les autres. Nous sommes heureux de pouvoir inscrire nos enfants dans des écoles coûteuses, et de leur acheter de quoi satisfaire tous leurs besoins. Mais, nous ne devons pas oublier de partager avec les autres, car il y a plus dans la vie que de satisfaire uniquement nos propres besoins. Pour cela, nous devons partager le bonheur d'autres personnes et nous tenir à leurs côtés dans les moments de tristesse.

Cet enseignement nous vient notamment de notre religion. L'Islam nous demande de payer l'aumône, la zakât, pour aider les pauvres. Nous devons rechercher les personnes qui en ont le plus besoin et leur donner.

Parlez-nous de vos oeuvres caritatives

Depuis longtemps, j'apporte mon aide aux enfants palestiniens. Il y a cinq ans, j'ai lancé une campagne de collecte de fonds baptisée « Peace for Children » afin de récolter des fonds pour éduquer et soutenir les enfants de Gaza. En quatre semaines, nous avons récolté 83 millions de dirhams (soit 22 millions de dollars US)... Depuis le berceau, les enfants palestiniens savent qu'ils n'ont pas de terre, mais il est important de soutenir leur soif de connaissances, car ils veulent tous aller à l'école et avoir une bonne éducation. Sur la base de ma propre expérience à l'école, ces enfants étaient toujours les premiers de classe aux examens. Pour eux l'éducation est très importante. Cette attitude mérite notre aide et notre engagement afin de veiller à ce que ces enfants bénéficient d'une bonne éducation.

Ma connexion avec le Liban et mon amitié pour ce pays ne datent pas d'hier. Après la guerre en 2006, nous avons lancé une autre campagne de collecte de fonds, « I Love Lebanon », afin d'aider les organisations caritatives libanaises, les orphelins et les personnes atteintes de cancer. Cette campagne nous a permis de réunir 23 millions de dirhams (soit 6,26 millions de dollars US). Nous avons également organisé un concert qui a rapporté 1 million de dirhams (270 000 $US); cette somme a été reversée à Greenpeace afin d'aider à nettoyer les déversements pétroliers sur les plages libanaises.

Grâce au Haut Commissariat pour les réfugiés, j'ai appris beaucoup de choses et intensifié mon engagement. L'an dernier, j'ai soutenu un projet en faveur des femmes somaliennes [valeur 1 million de dollars US]. J'ai l'impression de faire partie de cette mission, je ne peux pas le nier. En fait, je peux dire que je fais partie de cette mission.

Comme je l'ai dit au Haut Commissaire aujourd'hui, le sort des réfugiés somaliens et palestiniens me préoccupera toujours. Comment pouvons-nous leur offrir une belle vie ? Comment pouvons-nous leur apporter de l'espoir ? En outre, ces derniers temps, la situation en Syrie me préoccupe énormément et je veux voir comment je peux apporter mon aide là aussi.

Pourquoi avez-vous commencé à apporter votre aide aux réfugiés somaliens?

J'ai rencontré la directrice du bureau du HCR à Abou Dhabi [Brigitte Khair Mountain] en 2011. Elle m'a informé du travail réalisé par le Haut Commissariat… J'ai senti que je pouvais leur faire confiance pour veiller à ce que l'aide soit bien utilisée pour sauver des vies, là où les gens en ont le plus besoin.

À cette époque, la sècheresse en Somalie [la pire depuis 60 ans] faisait les gros titres des actualités. Après avoir entendu parler des besoins des Somaliens, en particulier ceux des femmes et les enfants et du secteur de la santé, je n'ai pas hésité. À l'époque, nous avons vu la souffrance de ces gens. Et bien que les problèmes ne fassent plus la une des journaux aujourd'hui, je sais que la Somalie souffre encore de problèmes chroniques et que les besoins sont toujours là. Mon époux [le Cheikh Sultan bin Mohammed Al-Qasimi du Charjah] apporte également son soutien à cette cause.

J'estime que ma contribution a été bien maigre par rapport aux besoins des gens en Somalie et dans d'autres parties du monde. [Ce que j'ai appris aujourd'hui au HCR] m'a donné la force de continuer à aider mon prochain, pour consacrer un peu plus de ma vie à cette cause. J'estime qu'il est de ma responsabilité de continuer à consacrer mon temps à aider ceux qui sont dans le besoin.

Comment le HCR peut-il inspirer plus de personnes de votre région à aider les réfugiés?

Au cours des dernières années, j'ai senti de plus en plus qu'il était de ma responsabilité d'aider les réfugiés et je sais que je continuerai à oeuvrer en ce sens. Je veux parler de cette problématique, montrer aux gens qu'ils utilisent le trésor qu'ils ont à mauvais escient et les amener au contraire à investir dans la vie des gens et à contribuer à sauver des vies. Cela restera ma mission à l'avenir.

Le conseil que je peux vous donner est de plus communiquer sur le travail que vous faites. En Occident, les gens connaissent votre travail, mais pas dans ma région. Notre devoir est d'ouvrir les yeux sur les souffrances vécues dans d'autres parties du monde. Lorsque nous entendons parler de personnes qui n'ont pas d'abri, pas de soins de santé, pas d'éducation, nous sommes tenus de les aider. La plupart des gens ont un bon coeur et ressentent la peine des autres. Je vous conseille donc de renforcer votre communication afin de transmettre ces histoires aux secteurs privé et public.

Je suis particulièrement attristée par ce qui se passe en Afrique et je ne peux pas oublier la situation désespérée dans laquelle se trouvent les réfugiés syriens. Comme je l'ai dit au Haut Commissaire, je continuerai à me préoccuper du sort des réfugiés somaliens, palestiniens et syriens et je ferai de mon mieux pour sensibiliser le public à leurs souffrances et à les aider de toutes les manières possibles. Ensemble, je pense que nous pouvons faire beaucoup pour aider les personnes dans le besoin.