Les Philippines décident d'un projet de loi historique sur la protection des déplacés internes

Le HCR se félicite d'un projet de loi sur la protection des droits de plus d'un million de déplacés et le considère comme un exemple pour les autres pays de la région.

Ces personnes déplacées au nord de Mindanao ont d'abord subi le conflit armé. Puis elles ont été à nouveau déplacées à la suite des inondations provoquées par la tempête tropicale Washi qui avait frappé le pays à la fin 2011.   © UNHCR/K.L.Eleazar

MANILLE, Philippines, 8 février (HCR) - Vendredi, le HCR a salué le vote par le congrès des Philippines d'un projet de loi visant à protéger les droits de plus d'un million de personnes déplacées à l'intérieur du pays.

Le projet adopté mercredi aura force de loi lorsqu'il sera signé par le Président Benigno Aquino III, faisant des Philippines le premier pays de la région Asie-Pacifique à disposer d'une législation complète qui protège les citoyens contre le déplacement arbitraire et garantit les droits des personnes déplacées internes conformément aux législations internationales, en particulier aux Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l'intérieur de leur propre pays. Le HCR considère ce projet de loi comme un modèle exemplaire pour les autres pays.

Le HCR a salué la mesure qu'il considère comme un jalon pour la protection des personnes déplacées internes aux Philippines, où des décennies de conflits armés et de nombreuses catastrophes naturelles ont provoqué des déplacements massifs de population, en particulier dans le groupe d'îles de Mindanao au sud du pays. On estime à environ 300 000 le nombre de personnes déplacées dans la zone de Mindanao.

« Pour la première fois, nous aurons dans la région une loi spécifique qui pourra améliorer la vie des personnes qui ont fui face aux conflits ou aux catastrophes naturelles », explique Bernard Kerblat, Représentant du HCR aux Philippines.

« Nous espérons que les Philippines poursuivront dans cette voie, afin de reconstruire la vie des personnes déplacées. En effet, le projet de loi établit un système visant à protéger les personnes déplacées et à leur apporter de l'aide. Nous espérons également que d'autres pays de la région suivront cet exemple », ajoute-t-il.

Les catastrophes naturelles provoquant le déplacement de personnes sont fréquentes aux Philippines. Tout récemment, au début du mois de décembre, le typhon Bopha a fait 1 000 victimes, affecté 6,2 millions de personnes et provoqué le déplacement de près d'un million d'autres. Dans le sud de la zone de Mindanao, des milliers de personnes sont restées sans abri. Elles ont besoin d'une aide humanitaire et d'assistance.

Le projet de loi vise à prévenir le déplacement et définit les droits des personnes pendant et après leur déplacement. Le projet de loi impose également de lourdes sanctions en cas de déplacement arbitraire de toute personne à l'intérieur du territoire, y compris celui de non-combattants pris entre les tirs dans le cadre de conflits armés à l'intérieur du pays.

Le projet de loi définit également les principaux droits des personnes déplacées, mettant en évident le fait que le déplacement ne doit violer le droit d'aucune personne à la vie, à la liberté, à la dignité et à la sécurité. Et surtout, il prévoit une compensation pécuniaire pour les biens perdus ou endommagés et pour le décès de membres de la famille. La Commission des droits de l'homme des Philippines, une agence indépendante de l'Etat, a été désignée pour coordonner l'action pour la protection des personnes déplacées.