Le HCR appelle à des mesures concrètes pour protéger les réfugiés via le Processus de Bali

Des protocoles de sauvetage et d'interception en mer seront mis en oeuvre pour le débarquement et la recherche de solutions.

Ce bateau impropre à la navigation a transporté jusqu'à 63 passagers, probablement des Rohingyas du Myanmar, vers la sécurité. Ils ont été secourus par des pêcheurs indonésiens et débarqués à Aceh à la fin février.   © HCR/A.Sofinar

BALI, Indonésie, 2 avril (HCR) - Une responsable du HCR en charge de la protection s'est félicitée mardi d'un engagement pris par des ministres d'Etats de la région Asie-Pacifique pour une coopération renforcée visant à gérer les mouvements irréguliers par la mer, et ce dans le cadre d'une approche régionale réaffirmant les principes de la protection internationale.

Cet engagement a été publié dans une déclaration issue de la 5ème Réunion ministérielle relative au Processus de Bali sur la traite des êtres humains ainsi que d'autres activités criminelles transnationales connexes. Des ministres et des hauts représentants de plus de 40 pays de la région ont participé à cet événement mardi au côté de responsables du HCR, de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et d'autres organismes.

Dans un discours prononcé à cette occasion, Erika Feller, la Haut Commissaire assistante du HCR en charge de la protection, a évoqué les progrès enregistrés sur plusieurs fronts au sein du Processus de Bali, y compris la création du Cadre de coopération régionale et du Bureau d'appui régional pour étoffer les moyens dont disposent les Etats afin de répondre aux défis en termes de systèmes d'asile dans la région. Elle a toutefois souligné que davantage doit être fait « pour dépasser le stade des discussions sur une collaboration vers une action pratique et concrète. »

Elle admet que des problèmes comme les mouvements irréguliers par la mer présentent des défis complexes. D'une part, un nombre croissant de personnes prennent la mer, en risquant leur vie et en étant confrontées à l'exploitation dans ce contexte. D'autre part, les pays hôtes ressentent qu'ils doivent gérer seuls cette responsabilité.

En résumant les enseignements tirés d'une table ronde ayant eu lieu récemment sur les mouvements irréguliers par la mer, co-organisée par l'Indonésie et le HCR, Erika Feller a noté que l'action unilatérale menée individuellement par différents pays ne fonctionne pas. « Le refus de porter assistance à des personnes en situation de détresse en mer, quelles qu'elles soient et quelle que soit la façon dont elles sont arrivées là, peut mener à des conséquences terribles, qui sont synonymes de l'échec collectif au niveau humanitaire », a-t-elle souligné.

Parmi les étapes concrètes qui ont été proposées, la Haut Commissaire assistante a appelé à développer des protocoles sur le sauvetage et l'interception en mer afin d'appuyer des actions plus efficaces et prévisibles pour débarquer les arrivants par la mer, s'occuper d'eux et leur chercher des solutions. Elle a recommandé que des ressources soient pré-positionnées et apportent un appui dans les services fournis, comme des équipes mobiles d'aide qui pourraient être déployées à la demande des Etats.

Par-dessus tout, Erika Feller a encouragé les Etats à appuyer ces actions concrètes au plus haut niveau politique. « Pour être efficace et durable, une approche globale doit gérer les volets du problème relatifs à la fois à la sécurité des Etats et à la sécurité des personnes », a-t-elle ajouté. « L'élan acquis vers des objectifs incluant les systèmes d'asile et la protection internationale des réfugiés dans l'agenda du Processus de Bali ne doit pas se dissiper. »