L'aide du HCR pour 5 000 personnes parvient à une région isolée du nord de la Syrie

Le HCR livre une aide vitale à Al Raqqa, où la situation humanitaire serait désastreuse. La région a été inaccessible ces trois derniers mois.

Le HCR livre de l'aide aux personnes dans le besoin en Syrie et au Liban, où ces deux Syriennes ont été photographiées dans la ville de Tartus. Le HCR y a récemment distribué des allocations d'aide financière.   © HCR/R.Alsalem

GENÈVE, 14 juin (HCR) - Le HCR a livré cette semaine une aide vitale à Al Raqqa, dans une région isolée du nord de la Syrie, où la situation humanitaire serait désastreuse. La région a été inaccessible ces trois derniers mois.

En tirant parti d'une fenêtre d'opportunité, le HCR a envoyé dimanche et mercredi un total de neuf camions remplis de matelas, de couvertures, de kits d'hygiène et de batteries d'ustensiles de cuisine depuis Damas. « Sept camions ont confirmé leur arrivée à Raqqa et la confirmation est attendue pour les deux derniers. L'assistance viendra en aide à quelque 5 000 personnes déplacées dans cette zone », a indiqué Melissa Fleming, porte-parole du HCR, aux journalistes à Genève.

Cette semaine également, l'équipe du HCR en Syrie a commencé la distribution d'allocations en espèces à des familles déplacées syriennes à Tartus, une ville sur la côte méditerranéenne. Les déplacés sont originaires d'Alep, qui est situé à une distance d'environ 200 kilomètres. Les familles vivent dans l'un des abris collectifs à Tartus où s'était rendue l'équipe du HCR et qu'elle aide depuis avril.

Selon Melissa Fleming, depuis jeudi, le HCR a aidé près de 800 familles déplacées (soit plus de 3 200 personnes) sur un objectif de 1 110 familles. Toutes les familles ont été sélectionnées selon leur niveau de vulnérabilité. Le montant moyen de l'aide financière est de 150 dollars par famille. Les études menées par le HCR plus tôt cette année à Damas et dans le gouvernorat environnant de Rif Dimashq, après des distributions similaires, ont montré que les familles utilisaient cette allocation en espèces principalement pour le paiement du loyer, des aliments frais et du gaz domestique.

Après Damas et Rif Dimashq, puis Tartus cette semaine, le HCR s'apprête dans les prochains mois à aider les familles déplacées vulnérables avec des allocations similaires en espèces dans les neuf gouvernorats à travers le pays, en commençant par Homs et Damas.

Parallèlement, les équipes du HCR au Liban continuent d'enregistrer et de porter assistance aux réfugiés arrivant depuis la ville d'Al Qusayr, à l'ouest de la Syrie, que les forces gouvernementales ont récemment reprise après des combats acharnés.

Depuis le début de la crise dans le pays, la municipalité d'Arsal a été le théâtre d'un afflux régulier de réfugiés via des points de passage frontière informels dans le gouvernorat de Bekaa au nord-est du Liban, avec des pics d'arrivée en période de violence accrue de l'autre côté de la frontière.

L'offensive d'Al Qusayr, les affrontements qui ont suivi et les bombardements sur les villages proches de cette ville stratégique, ont mené à une augmentation de la moyenne quotidienne des nouveaux arrivants à Arsal et à des informations sur des déplacements de population en Syrie. Durant l'offensive, entre le 19 mai et le 6 juin, une baisse du nombre des nouveaux arrivants a été observée. Les arrivées ont recommencé à augmenter la semaine dernière.

La population civile, qui est restée à Al Qusayr et dans les villages environnants, avait d'abord été déplacée dans la zone même du conflit. Beaucoup ont depuis décidé de traverser la frontière vers le Liban. « De nombreux réfugiés nous ont indiqué avoir laissé des membres de leur famille sur place, avec l'intention de trouver un abri au Liban et de leur dire de traverser la frontière à leur tour », a indiqué Melissa Fleming.

D'autres avaient d'abord quitté Al Qusayr avec l'intention de rejoindre des proches ou des amis au Liban. Un large nombre de familles seraient restées du côté syrien de la frontière. Bien qu'elles aient l'intention de rejoindre le Liban, il y a peu de capacité de transport transfrontalier.

Selon Melissa Fleming, le HCR et ses partenaires répondaient aux besoins de la population croissante en coordination avec les autorités locales et les organisations communautaires. Les familles reçoivent des kits d'aide alimentaire et des articles non alimentaires. Une hausse importante du nombre des blessés, y compris 60 enfants, a été observée.

« Les familles avec lesquelles nous nous sommes entretenues décrivent une ville réduite à un amas de décombres, vidée de ses habitants et des combattants », a déclaré la porte-parole. « Un homme avec lequel nous avons parlé nous a dit qu’il n’y avait plus de nourriture, ni d’eau dans la ville. Il a indiqué que les habitants en étaient réduits, pour se sustenter, à les feuilles des arbres pour en extraire de l’eau », a-t-elle ajouté. Durant les combats, les civils ont fui dans les champs en espérant la fin des affrontements et qu’elles pourraient rentrer chez elles. Ceux qui ont fui vers le Liban ont pris une route dangereuse et indirecte vers Arsal.

Bien que beaucoup de nombreux arrivants vivent chez des amis ou des proches, trouver un abri correct demeure le principal problème pour les familles qui choisissent de rester à Arsal. Près de 20 familles avaient trouvé abri dans le jardin d'un bâtiment public, récemment un matin.

Un grand nombre de réfugiés décident de partir vers d'autres villes du Liban. Le nombre exact des nouveaux arrivants depuis Al Qusayr reste difficile à définir, car la plupart des familles partent immédiatement avec leurs proches vers d'autres régions du Liban. « Le HCR commencera l'enregistrement des nouveaux arrivants lundi, ce qui devrait brosser un tableau plus clair sur le nombre exact de réfugiés ayant besoin d'assistance », a indiqué Melissa Fleming.

Tous espèrent la fin de la guerre. « Je rêve de rentrer chez moi, mais je ne peux pas le faire maintenant », explique Reema, dont la maison a été détruite à Al Qusayr. « Je suis seule ici au Liban. Je n'ai personne pour m'aider », a ajouté cette jeune femme âgée de 25 ans dans un centre de réception du HCR à Tripoli au Liban.

En tenant sa fille de deux ans, Reema dit que l'enfant tremble à chaque fois qu'elle entend le son des tirs ou qu'elle voit le survol d'un avion. Reema a quitté Al Qusayr il y a quelques semaines. Même à ce moment-là, il y avait des tirs près des lignes de front du conflit. « Je veux qu'elle ait une vie dans la paix, loin de la guerre », dit-elle. « Je veux que mon enfant ait une vie confortable. Mais.... elle est traumatisée par ce qu'elle a vu et entendu. »