L'assistance du HCR parvient à Al Raqqa; l'afflux de réfugiés en provenance d'Al Qusayr se poursuit vers le Liban

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 14 juin 2013 au Palais des Nations à Genève.

Les 9 et 12 juin, l'aide humanitaire d'urgence du HCR est parvenue à Al Raqqa, une région du nord de la Syrie inaccessible ces trois derniers mois et où la situation humanitaire serait dégradée. Profitant d'une fenêtre d'opportunité, neuf camions transportant des matelas, des couvertures, des trousses d'hygiène et des ustensiles de cuisine ont été envoyés de Damas. Selon nos sources, sept d'entre eux sont arrivés à Al Raqqa, et nous attendons la confirmation de l'arrivée des deux derniers camions. Cette aide bénéficiera à quelque 5 000 personnes déplacées dans cette région.

De plus, cette semaine, l'équipe du HCR en Syrie a commencé la distribution d'allocations financières aux familles syriennes déplacées à Tartous, une ville côtière. Les personnes déplacées viennent d'Alep qui se situe à environ 200 kilomètres. L'équipe du HCR a visité les abris collectifs qui servent à loger les familles à Tartous et qui sont soutenus par le HCR depuis avril.

En date du jeudi 13 juin, le HCR avait distribué des allocations en espèces à près de 800 familles à Tartous (ou plus de 3 200 personnes déplacées) sur un objectif de 1 110 familles. Ces dernières ont toutes été choisies en raison de leur degré de vulnérabilité. Le montant d'aide moyen s'élève à 150 $ par famille. Les enquêtes réalisées par le HCR plus tôt cette année à Damas et dans les zones rurales environnantes au cours de précédentes distributions d'allocations d'aide financière ont montré que les familles utilisaient de l'argent principalement pour le loyer, les aliments frais et le gaz de cuisine.

Après Damas et les zones rurales environnantes plus tôt cette année et Tartous cette semaine, le HCR prévoit accorder dans les prochains mois une aide comparable à des familles déplacées et vulnérables de neuf gouvernorats répartis dans l'ensemble du pays, en commençant par Homs et Damas.

Afflux au Liban de réfugiés en provenance d'Al Qusayr

Entre temps, les équipes du HCR au Liban continuent de recenser et d'aider des réfugiés arrivant de la ville syrienne assiégée d'Al Qusayr. Depuis le début de la crise qui sévit dans cette ville, Arsal a été témoin d'un afflux continu de réfugiés franchissant la frontière à des points de passage non officiels dans le nord est de Bekaa, les plus hauts niveaux ayant été observés au cours des périodes de violence accrue de l'autre côté de la frontière. L'offensive contre Al Qusayr, et les affrontements et le pilonnage des villages avoisinants qui s'en sont suivis ont entraîné une hausse du nombre quotidien moyen de nouveaux arrivants à Arsal et des déplacements signalés en Syrie. Au cours de la période des combats proprement dits, qui se sont déroulés du 19 mai au 6 juin, le nombre de nouveaux arrivants avait reculé pour augmenter de nouveau la semaine dernière.

Les populations civiles qui sont demeurées à Al Qusayr et dans les villages environnants ont d'abord été déplacées dans la région même du conflit. Beaucoup ont décidé depuis de traverser la frontière vers le Liban. De nombreuses personnes nous ont dit avoir laissé derrière elles des membres de leur famille afin de trouver un abri avant de leur faire franchir la frontière. D'autres ont d'abord quitté Al Qusayr dans le but explicite de rejoindre des parents ou des connaissances au Liban. Un grand nombre de familles resteraient du côté syrien de la frontière, car bien qu'elles cherchent à se rendre au Liban, les moyens de transport transfrontalier sont limités.

Le HCR et des partenaires s'emploient à répondre aux besoins de la population croissante, en collaboration avec les autorités locales et les organisations communautaires. Les familles reçoivent des trousses contenant des vivres et des produits non alimentaires. On a noté, par ailleurs, une augmentation importante du nombre de blessés, dont 60 enfants.

Les familles auxquelles nous avons parlé décrivent une ville réduite à un amas de décombres, désertée par les civils et les combattants. Un homme avec qui nous avons échangé nous a dit qu'il n'y avait plus rien à manger dans la ville et plus d'eau non plus. Il a dit que les gens, pour se sustenter, en venaient à tordre les feuilles des arbres de manière à en extraire l'eau. Pendant les combats, les gens ont fui dans les champs à l'extérieur de la ville en espérant que les affrontements prendraient fin qu'ils pourraient retourner chez eux. Ceux qui ont fui au Liban ont emprunté une route dangereuse et indirecte vers Arsal.

Bien que de nombreux nouveaux arrivants semblent trouver refuge chez des amis et des parents, la recherche d'un abri convenable demeure la principale difficulté des familles qui choisissent de rester à Arsal. Récemment, un matin, nous avons dénombré jusqu'à 20 familles installées dans la cour d'un édifice municipal. Certains des nouveaux arrivants ont pris l'initiative de dresser leurs propres tentes dans le camp de tentes de Bebine qui s'est établi spontanément il y a presque deux mois. Ce camp a connu une expansion importante au cours des dernières semaines pour atteindre le nombre de 125 tentes abritant plus de 160 familles.

Un nombre considérable de réfugiés poursuivent le voyage à destination d'autres villes du Liban. Le nombre exact de nouveaux arrivants en provenance d'Al Qusayr demeure difficile à évaluer, la plupart des familles étant reparties immédiatement avec leurs parents vers d'autres régions du Liban, en particulier la région entourant Wadi Khaled. Le HCR commencera lundi le recensement des nouveaux arrivants, ce qui devrait permettre d'obtenir un portrait beaucoup plus clair du nombre exact de réfugiés qui ont besoin d'aide.

Pour plus d'informations sur ce sujet, prière de contacter :

  • À Beyrouth : Dana Sleiman, portable +961 3827 323
  • À Genève : Adrian Edwards, portable +41 79 557 91 20
  • À Genève : Daniel McNorton, portable +41 79 217 30 11
  • À Genève : Melissa Fleming, bureau +41 22 739 79 65