Le chef du HCR se rend sur la frontière syrienne, et appelle à un soutien international.

Lors d'une visite en Jordanie pour marquer la Journée mondiale du réfugié, le haut-commissaire António Guterres annonce que seul un apport massif de fonds de solidarité internationale peut aider les pays d'accueil à faire face à cet afflux.

Le haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres parle avec des réfugiés syriens tout juste arrivés à un centre d'accueil du gouvernement jordanien juste à l'intérieur de la frontière.  © HCR/J.Kohler

FRONTIÈRE SYRIE-JORDANIE, le 20 juin (UNHCR) - Dans les heures qui précèdent le crépuscule, des gens attendent le long de la frontière entre la Jordanie et la Syrie, balayée par le vent, et finissent par perdre l'espoir de passer en toute sécurité. Des disputes éclatent. Ils crient à travers un terre-plein à l'attention des soldats jordaniens qui gardent tranquillement la frontière. Ils veulent savoir si le moment est venu de la franchir.

Un soldat leur donne le feu vert et ils se mettent à courir. Ils courent aussi vite qu'ils le peuvent. Des pères traînent leurs fils. Femmes, enfants, vieillards se déplacent aussi vite que leurs jambes leur permettent. Ils courent parce qu'ils ont soif, faim et ont désespérément peur. Ils sont les réfugiés les plus récents de la guerre civile qui ravage la Syrie depuis deux ans.

Le haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres, témoin de cette traversée nocturne, marche le long d'un chemin de terre à la rencontre d'un groupe de 400 nouveaux arrivants. « Il est très important pour la communauté internationale d'exprimer son entière solidarité avec les réfugiés, et avec les pays voisins », dit António Guterres. « Seule l'expression d'une solidarité internationale massive peut leur permettre de répondre aux besoins des réfugiés syriens. »

Le haut-commissaire est en Jordanie dans le cadre d'une visite dans la région pour célébrer la Journée mondiale du réfugié, qui tombe le 20 juin de chaque année. Plus tôt dans la semaine, il s'est rendu au Liban et a rencontré des réfugiés et des dirigeants gouvernementaux.

En Jordanie, il a rendu visite à des responsables gouvernementaux, des travailleurs humanitaires et des réfugiés. Le but de sa visite est d'attirer l'attention sur le sort des réfugiés syriens et d'appeler la communauté internationale à les soutenir et à soutenir les personnes qui les ont hébergés dans les pays voisins.

« Je suis venu en Jordanie, en cette Journée mondiale du réfugié, afin d'aider le peuple syrien qui a besoin d'un intense soutien », a indiqué António Guterres dans un communiqué. « Je tiens également à saluer la Jordanie, le Liban, la Turquie et tous les pays de la région qui ont permis de sauver des centaines de milliers de vies. »

« Il n'y a pas une seule ville en Jordanie qui n'ait pas hébergé de Syriens », a-t-il ajouté. « C'est la même chose au Liban, en Turquie, en Irak et en Égypte. Leur hospitalité est une remarquable démonstration d'humanité dans un contexte monstrueux ».

Dans le même temps, il a appelé les dirigeants du monde à trouver une solution politique. « Nous continuerons à faire tout notre possible pour aider et soulager la souffrance des Syriens », a déclaré António Guterres . Mais la cascade de mort et de destruction se propage rapidement et je répète mon appel à tous ceux qui ont des responsabilités politiques; ils doivent surmonter leurs divisions et se réunir afin de tenter tout ce qui est en leur pouvoir pour arrêter cette guerre. »

Parmi les derniers groupes arrivés en provenance de Syrie, le coût de cette guerre, et le besoin de soutien et d'hospitalité, éclate de façon évidente. Un homme a été blessé par balle dans le ventre. Il est emmené par une ambulance.

Une femme âgée vêtue de noir demande de l'aide aux soldats. Elle tremble d'épuisement. Elle a marché pendant des heures. Pas de nourriture. Pas d'eau. La foule se rassemble autour d'elle jusqu'à ce que les soldats l'emmènent en sécurité. Elle boit très lentement à la bouteille d'eau que lui tend son fils. Ils ont fui le village de Rafik près de la frontière israélienne, il y a 10 jours. « Je la portais sur mon dos », explique-t-il. Ils entendaient des tirs sans arrêt, tout au long du voyage. Nous avons simplement continué à marcher ».

Une femme du nom de Zainab dit qu'elle ne sait pas quel âge elle a. « Peut-être que j'ai 80 ans, » dit-elle. « Peut-être que je suis plus âgée. » Elle dit qu'elle a fui seule parmi les décombres de la banlieue de Damas après le bombardement de sa maison. Les voisins et les passants ont poussé son fauteuil roulant jusqu'au passage de la frontière et l'ont fait rouler sur ce chemin de pierre et de terre jusqu'en Jordanie.

Ce groupe témoigne clairement du fait que les conditions en Syrie s'aggravent. Plus tôt dans cette même année, les réfugiés avaient traversé la frontière chargés d'effets personnels. Ils portaient de l'huile d'olive pour leurs familles déjà installées en Jordanie, de grosses valises, et même leurs animaux de compagnie. Maintenant, les sacs sont plus petits et le sentiment de désespoir plus palpable. Tant que les combats se poursuivent, les Syriens n'auront d'autre choix que de prendre ce qu'ils ont et de fuir, en comptant sur la bonté des étrangers.

Par Melissa Fleming et Greg Beals à la frontière entre la Jordanie et la Syrie.