Le HCR est consterné par la mort de deux déplacés dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Le HCR appelle à l'ouverture d'une enquête et appelle les autorités à examiner cette question dans un environnement pacifique et calme afin d'éviter d'autres violences et pertes en vies humaines.

Une mère déplacée et ses deux enfants dans l'Etat de Rakhine. Ils sont originaires de la région de Pauktaw, où est survenu le violent incident de jeudi.   © HCR/P.Behan

Rangoon, Myanmar, 28 juin (HCR) - Le HCR est préoccupé par un violent incident survenu hier dans l'Etat de Rakhine à l'ouest du Myanmar et qui a causé la mort de deux personnes déplacées internes et en a blessé six autres - dont deux mineurs.

L'incident s'est déroulé jeudi matin dans le camp de déplacés de Kyein Ni Pyin dans la municipalité de Pauktaw, Etat de Rakhine. C'est un site où le HCR construit des abris temporaires pour environ 4 400 déplacés rohyngias qui avaient été déplacés par les violences intercommunautaires de l'année dernière.

L'incident aurait commencé par un différend entre des personnes déplacées et un chef de village. Des relations apparemment mauvaises entre eux ont été aggravées par de fausses rumeurs selon lesquelles les déplacés seraient maintenus isolés et qu'on les empêcherait de retourner dans leur village d'origine.

« Lorsque certains des déplacés se sont rassemblés à un poste militaire situé non loin en demandant le remplacement du chef de village, les autorités ont dispersé la foule avec des coups de feu, ce qui a causé des pertes en vies humaines et des blessés », a indiqué Adrian Edwards, le porte-parole du HCR.

« Des employés du HCR sont arrivés sur place peu après pour s'occuper des familles des victimes et organiser les soins médicaux pour les blessés. Nous sommes également préoccupés par la sécurité du chef de village et de sa famille », a-t-il ajouté.

Le HCR appelle à l'ouverture d'une enquête sur cette tragédie. L'agence appelle les autorités à examiner cette question dans un environnement pacifique et calme afin d'éviter de dégrader davantage la situation par d'autres violences et pertes en vies humaines.

« Nous appelons également au dialogue entre les parties impliquées pour résoudre les différends », a indiqué Adrian Edwards, ajoutant : « Les efforts conjoints du gouvernement, des chefs de communautés et des agences humanitaires sont également nécessaires pour faire cesser les rumeurs qui se propagent à Kyein Ni Pyin et dans d'autres villages sur les droits des personnes déplacées à rentrer dans leur village d'origine. »

En tant qu'agence chef de file dans les domaines des abris, de la coordination des camps, de la gestion des camps et de la protection dans la réponse humanitaire dans l'Etat de Rakhine, la priorité actuelle du HCR est de fournir une aide temporaire aux déplacés durant la saison des pluies. Nous sommes convaincus que le gouvernement doit renforcer la confiance et promouvoir la réconciliation, afin que les personnes déplacées puissent un jour rentrer dans leurs villages d'origine.

L'incident tragique de jeudi rappelle également le besoin urgent de renforcer la coordination et la gestion des camps qui manquent gravement de financement en dépit des besoins actuels. Un an après l'éruption de la première vague de violences intercommunautaires en juin 2012, il y a toujours environ 140 000 personnes déplacées dans l'Etat de Rakhine.