Le HCR ferme un camp au sud de la Tunisie et transfère les services en ville

Plus de 600 réfugiés vivent à Ben Gardane et Médenine, au sud de la Tunisie. Environ 300 réfugiés n'ont pas souhaité bénéficier d'une assistance en milieu urbain.

Le camp de Choucha était situé en milieu aride entre la ville de Ben Gardane et la frontière avec la Libye.   © HCR/A.Duclos

A la fin juin, plus de 600 réfugiés vivaient dans les villes de Ben Gardane et Médenine au sud de la Tunisie. Environ 300 réfugiés n'ont pas souhaité bénéficier d'une assistance en milieu urbain.

La population au camp de Choucha a progressivement diminué depuis 2011, ce qui a permis au HCR de transférer ses opérations vers des villes. « La fermeture du camp [ce week-end] s'effectue en accord avec les autorités tunisiennes, qui ont fait part de leur volonté de délivrer un permis de séjour temporaire à environ 300 réfugiés qui ne seront pas réinstallés dans d'autres pays », a indiqué le porte-parole du HCR.

Le nombre des personnes entrant en Tunisie via sa frontière avec la Libye est faible depuis la fin du conflit en Libye en 2011.

Parallèlement, les départs pour des pays de réinstallation ont commencé à s'accélérer au milieu de l'année dernière.

En ville, les réfugiés ont un accès garanti aux services essentiels comme les soins de santé et l'éducation. Ils reçoivent une allocation pour le transfert et une aide pour trouver un logement de la part du partenaire du HCR, le Croissant-Rouge tunisien. En plus du soutien financier, les réfugiés peuvent bénéficier de cours de langue, de formations professionnelles ainsi que de microprojets pour la génération de revenus, grâce au travail de l'ONG Islamic Relief Worldwide, un autre partenaire du HCR.

Le HCR travaille pour trouver des solutions au bénéfice de la population de Choucha depuis l'ouverture du camp en 2011. Au pic de la crise, le camp a reçu jusqu'à 18 000 personnes par jour. La majorité d'entre elles ont été rapatriées sur une base volontaire vers leurs pays d'origine, pour beaucoup avec l'aide du HCR et de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le HCR continue de militer en faveur de l'adoption par les autorités tunisiennes d'un statut juridique formel pour les réfugiés, qui aiderait à garantir leur accès aux droits socio-économiques, comme les activités génératrices de revenus.

« Le HCR se félicite des mesures déjà prises par le Gouvernement tunisien, comme l'accès sans entrave aux systèmes nationaux de santé et d'éducation », a indiqué le porte-parole. De plus, les autorités tunisiennes ont commencé à numériser les relevés d'empreintes digitales des réfugiés dans le sud de la Tunisie, la première étape vers la délivrance de permis de résidence temporaire.

Dans le cadre de l'Initiative mondiale de réinstallation solidaire lancée par le Haut Commissaire Guterres en 2011 pour réduire l'impact de l'afflux massif des personnes déracinées depuis la Libye, plus de 3 170 réfugiés sont déjà partis vers des pays de réinstallation, principalement les Etats-Unis suivis de la Norvège, de la Suède, de l'Australie, du Canada et de l'Allemagne.

La guerre civile de 2011 en Libye a généré un afflux massif de réfugiés et d'autres personnes à la recherche de protection vers le sud de la Tunisie. Pendant une période de six mois à partir de février 2011, environ un million de personnes y ont trouvé refuge, y compris 200 000 personnes originaires d'autres pays que la Libye.

Comme la Tunisie ne dispose pas encore d'un système d'asile, le HCR a mené l'examen des demandes d'asile et les entretiens pour la détermination du statut de réfugié. L'agence a accordé le statut de réfugié à plus de 4 000 personnes.