Le chef du HCR fait l'éloge de l'Ethiopie pour l'ouverture de ses frontières et la protection aux réfugiés

Le Haut Commissaire António Guterres a rencontré de responsables éthiopiens pour la dernière étape de sa mission visant à promouvoir des solutions pour les réfugiés somaliens.

Le Haut Commissaire António Guterres a rencontré aujourd'hui le Premier Ministre éthiopien Hailemariam Desalegn à Addis Abeba.   ©  Ethiopian Press Agency/N.Tsehay

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 12 juillet (HCR) - Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a fait l'éloge vendredi de l'Ethiopie, un pays qui héberge plus de 400 000 réfugiés et sur son effort pour aider la Somalie voisine à sortir de la guerre et à se reconstruire.

Pour la troisième et dernière étape de sa mission dans la région durant laquelle il s'est déjà rendu en Somalie et au Kenya, António Guterres a félicité l'Ethiopie pour l'ouverture de ses frontières ainsi que pour sa politique d'asile. Il a déclaré que ce pays est « un pilier en matière de protection des réfugiés. »

Le HCR travaille avec ARRA, l'agence du Ministre éthiopien de l'Intérieur en charge de l'Assistance aux réfugiés, aux personnes déplacées et rapatriées, ainsi que d'autres partenaires pour venir en aide à environ 240 000 réfugiés somaliens dans les zones de Jijiga et Dollo Ado à l'est de l'Ethiopie. L'Ethiopie accueille également plus de 73 000 Erythréens, 62 000 Sud-Soudanais et plus de 30 000 Soudanais.

L'agence des réfugiés et ARRA ont développé des lignes directrices afin d'organiser la livraison de l'aide humanitaire à l'intérieur de la Somalie, où des signes de paix émergent pour la première fois depuis plus de deux décennies. Ces efforts transfrontaliers visent à fournir une aide et des services essentiels aux habitants vivant dans des zones stables.

Lors d'une réunion vendredi avec António Guterres, le Premier Ministre éthiopien Hailemariam Desalegn a souligné l'opportunité de construire des liens « de population à population » entre l'Ethiopie et la Somalie ainsi que la nécessité d'investir d'urgence en Somalie pour y créer les infrastructures et les services essentiels. Parallèlement, a-t-il indiqué, l'Ethiopie aidera davantage de réfugiés somaliens à acquérir des compétences pour les aider à être productifs quand le moment viendra de rentrer dans leur pays.

Un programme d'autosuffisance permettant aux réfugiés qualifiés de travailler hors des camps va également être étendu. Dans le cadre de ce projet, environ 1 200 réfugiés érythréens sont inscrits dans des universités. António Guterres a considéré ce programme comme étant « remarquable » après sa visite auprès d'un groupe de diplômés.

Un programme novateur avec la Fondation IKEA prévoit également de développer des compétences d'autosuffisance pour les réfugiés somaliens et les communautés locales dans et autour des camps de Dollo Ado, Kobe et Hilaweyn.

António Guterres était en visite la région pour promouvoir une initiative mondiale visant à trouver des solutions pour les réfugiés somaliens. En tant que pays hôte de la deuxième plus grande population de réfugiés somaliens après le Kenya, et en tant que voisin influent, le rôle de l'Ethiopie est essentiel, a indiqué António Guterres. « L'idée est de mettre l'accent sur les conditions à l'intérieur de la Somalie et, parallèlement, de mobiliser le soutien de la communauté internationale. »

Il a exprimé son inquiétude pour les quelque 1 700 enfants érythréens séparés et non accompagnés qui vivent au camp de réfugiés de Mai-Aini ainsi que pour les réfugiés qui entreprennent des voyages périlleux depuis l'Ethiopie avec des passeurs.

Lors d'une réunion avec le Directeur d'ARRA, Isayas Wolde Giorgis, le Haut Commissaire a réitéré l'engagement du HCR pour assurer la protection et fournir une assistance aux réfugiés. « L'Ethiopie est la preuve vivante du message positif sur la protection des réfugiés », a-t-il déclaré, tout en ajoutant : « Le problème, c'est que le nombre des réfugiés en Ethiopie est en hausse et que les ressources sont limitées. »

António Guterres a fait référence au conflit en Syrie, qui draine ailleurs des fonds pour l'aide humanitaire. « Il est essentiel, et également stratégique, de maintenir le soutien à toutes les actions humanitaires dans la corne de l'Afrique », a-t-il souligné.

Par Melissa Fleming à Addis Abeba, Ethiopie