Le HCR se félicite de l'adoption de la politique nationale yéménite relative aux personnes déplacées internes

Le HCR se félicite de l'adoption par le Yémen d'une politique nationale relative aux personnes déplacées internes. Le gouvernement a adopté cette politique à la fin du mois de juin. Celle-ci vise à protéger les plus de 500 000 Yéménites qui ont été forcés de fuir leur foyer ces dernières années et à contribuer à résoudre la problématique du déplacement dans cet état du Golfe. Le HCR considère qu'il s'agit là d'une avancée majeure.

La politique nationale, adoptée par le Cabinet le 25 juin, vise à protéger et à aider les personnes déplacées à cause des conflits, de la violence ou de catastrophes naturelles - des événements qui peuvent détruire des communautés et amener des familles et des individus à devoir lutter pour survivre. La politique établit un Comité suprême, présidé par le Premier Ministre Mohammed Basindawa, et vise à réaliser trois objectifs stratégiques : le premier est de prévenir le déplacement arbitraire, tout en se préparant à gérer les déplacements le cas échéant. Le second objectif consiste à soutenir non seulement les personnes déplacées internes, mais également les communautés qui les accueillent et les autres communautés affectées par ce déplacement, notamment grâce au droit de recevoir des articles ménagers, une formation professionnelle et un accès à d'autres programmes visant à aider les communautés à se remettre. Le troisième objectif de cette politique consiste à créer les conditions pour des solutions durables - comme l'emploi, l'intégration locale et le retour des personnes dans leur pays - des solutions que les déplacés internes peuvent accepter volontairement et en toute sécurité.

Bien que la mission et la responsabilité première des états consistent à protéger les déplacés internes, l'Assemblée générale des Nations unies a reconnu, dans une série de résolutions, l'expertise humanitaire du HCR et encourage son implication en cas de déplacement interne. Au Yémen, le HCR collabore avec le gouvernement et nos partenaires afin d'apporter son soutien à plus de 200 000 réfugiés, des dizaines de milliers de demandeurs d'asile, à des centaines de milliers de personnes déplacées. Notre travail dans le cadre du développement de la politique nationale yéménite relative aux déplacés internes a notamment consisté à organiser une série de réunions de planification en 2012 pour rassembler autour de la table des représentants du gouvernement, des déplacés internes, des personnes déplacées de retour, des communautés d'accueil, des organismes internationaux, des ONG et des donateurs.

Les combats qui font rage dans le nord et le sud du Yémen depuis les dix dernières années ont entraîné un déplacement de population, on dénombre 538 899 déplacés internes /personnes déplacées de retour dans cette région. Ce chiffre comprend 306 791 personnes toujours déplacées à la fin du mois de juin et 232 108 personnes qui sont retournées dans leurs communautés d'origine et continuent de recevoir de l'aide. La majeure partie de ce déplacement est dû à la fuite des citoyens face au conflit armé et à la violence et au moins la moitié du pays a été directement affecté par ce déplacement de population, en effet, 11 gouvernorats sur 21 accueillent des déplacés internes. Les combats dans le nord qui ont commencé en 2004 ont provoqué la première vague de déplacement. Et depuis 2011, la violence tribale associée à l'insécurité politique a également entraîné un déplacement interne dans et autour des gouvernorats de Sana'a, Al-Badha et Dhamar. La grande majorité (90%) des déplacés internes au Yémen ne vit pas dans des camps, mais plutôt avec des familles d'accueil, dans des pièces de location et dans des centaines d'établissements informels - même dans des caves lorsque les déplacés internes n'ont pas de connexion familiale ou manquent d'argent.

On a constaté une évolution positive. En 2011, les combats entre les forces gouvernementales et les rebelles dans le gouvernorat d'Abyan ont entraîné un déplacement interne à grande échelle dans le sud du Yémen. Mais le HCR et le gouvernement yéménite ont depuis supervisé le retour de plus d'un quart de million (262 336) de personnes déplacées - la plupart d'entre elles sont retournées dans leur foyer dans le gouvernorat d'Abyan. Le nombre total de déplacés internes enregistrées est passé de 385 325 à la fin de 2012 à 232 108 à la fin du mois de juin 2013 - soit une diminution de 40 %, ou plus de 150 000 personnes.

Depuis 2011, 147 pays du monde entier ont soit adhéré à la Convention de 1951 sur les réfugiés ou au Protocole de 1967 - alors qu'ils sont nettement moins nombreux à avoir ratifié des accords pour la protection des déplacés internes comme la Convention de Kampala (2009). Le déplacement interne représente une préoccupation croissante : à la fin de 2012, on comptait 28,8 millions de personnes déplacées internes dans le monde. Le HCR estime qu'une législation visant à aider les personnes déplacées dans leur propre pays fait défaut. Et actuellement, le Yémen, à l'instar de l'Afghanistan, du Kenya et de l'Ouganda, fait partie des pays qui se sont efforcés d'adopter une politique nationale en la matière. Nous estimons qu'il s'agit de la meilleure manière d'avancer pour s'assurer que les pays et la communauté internationale soient prêts à gérer le déplacement de population le cas échéant, et par-dessus tout, à protéger et à soutenir les personnes déplacées.