Le HCR se félicite de la décision de la Haute Cour du Kenya concernant les droits des réfugiés urbains

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) se félicite de la décision de la Haute Cour du Kenya qui maintient le droit d'asile des réfugiés urbains. Cette décision, rendue le 26 juillet, est liée à la « Pétition numéro 19 de 2013 » dans laquelle les réfugiés ont contesté une directive émise par le gouvernement kenyan en décembre de l'année dernière et qui prévoyait le transfert des réfugiés des zones urbaines vers les camps de réfugiés de Dadaab et de Kakuma.

La Haute Cour s'est opposée à cette directive qui avait des conséquences particulièrement graves sur la protection et le bien-être des communautés de réfugiés à Nairobi et dans d'autres villes du pays.

En effet, suite à l'adoption de cette directive, les réfugiés et les demandeurs d'asile somaliens ont commencé à signaler une augmentation des cas de harcèlement, de détention et d'extorsion perpétrés par des membres de la police, principalement à Nairobi. Nombre d'entre eux ne pouvaient pas se déplacer librement et la peur de subir ce type de traitements a poussé des centaines de réfugiés somaliens à retourner en Somalie ou à partir vers des pays voisins.

En décembre, on comptait 51 000 réfugiés urbains au Kenya, principalement originaires de Somalie.

La plupart des réfugiés vivant dans les zones urbaines ont développé des mécanismes d'adaptation et comptent sur l'aide humanitaire. On compte également un grand nombre d'enfants réfugiés inscrits dans les écoles des zones urbaines dont l'éducation aurait été compromise si l'ordre de réinstallation avait été appliqué.

Fidèle à son mandat, le HCR est apparu dans la pétition comme un « ami de la Cour » ou « Amicus Curiae » et a offert des conseils sur les lois internationales applicables en matière de droits des réfugiés et de droits de l'homme.

Le HCR espère que le gouvernement mettra en oeuvre cette importante décision constitutionnelle et agira rapidement pour reprendre rapidement les services juridiques qui ont été suspendus dans l'attente de la décision de la Cour. Ces services comprennent notamment l'enregistrement et l'émission de documents pour les réfugiés et les demandeurs d'asile, qui sont essentiels pour garantir leur liberté de mouvement, leur accès aux avantages sociaux et communautaires, et les prémunir contre les arrestations arbitraires.

Le HCR estime que cette décision de la Cour est importante pour la jurisprudence relative aux droits des réfugiés, non seulement au Kenya, mais aussi dans le monde entier.

Le Kenya accueille actuellement quelque 600 000 réfugiés.