Le déplacement forcé de populations depuis la République centrafricaine se poursuit

Le HCR fait part de sa profonde préoccupation sur les informations d'insécurité en République centrafricaine qui a forcé des milliers de personnes à fuir ces dernières semaines.

La situation sécuritaire dégradée en République centrafricaine a poussé le HCR à transférer les réfugiés centrafricains hors de la région frontalière de Worobe en RDC vers le nouveau camp de réfugiés de Mole, à 35 kilomètres de la frontière.   © HCR/D.Mbaiorem

GENEVE, 13 août (HCR) - Le HCR a exprimé mardi sa profonde préoccupation sur le contexte d'anarchie en République centrafricaine et a indiqué que le nombre de personnes déracinées à l'intérieur du pays ou forcées de fuir dans des pays voisins continue de croître.

« En RCA, on compte désormais 206 000 déplacés internes », a indiqué Adrian Edwards. « Depuis la mi-juillet, nos collègues ont enregistré l'arrivée de 4 125 nouveaux réfugiés dans la région de Moissala au sud du Tchad. »

On compte désormais 62 714 réfugiés ayant fui vers les pays voisins depuis l'éruption de cette toute dernière crise en RCA en décembre dernier. Sur ce total, 40 500 d'entre eux se trouvent en République démocratique du Congo, 13 087 au Tchad, 4 841 au Congo et 4 286 au Cameroun.

« Le HCR demeure extrêmement préoccupé par la situation à l'intérieur de la RCA, avec des informations constantes sur l'anarchie et l'insécurité dans de nombreuses zones », a indiqué Adrian Edwards.

A Bangui, un employé local du HCR a été victime dimanche soir d'une attaque commise par des éléments incontrôlés selekas. Ils l'ont attaqué dans sa maison vers minuit. Ils lui ont réclamé de l'argent, puis ils ont pris son vélo et l'ont blessé par balles à la poitrine. Il se remet actuellement de ses blessures. Une autre employée locale du HCR a été gravement blessée et son mari a été tué durant une attaque similaire il y a une semaine. Ces attaques menées de nuit à Bangui sont de plus en plus courantes.

« Dans les zones rurales, la population civile a peur et, dans certains cas, elle a organisé des groupes d'autodéfense », a indiqué Adrian Edwards.

Des affrontements entre la population locale et des éléments selekas ont eu lieu hier matin et avant-hier à Beboura, un village situé à 30 kilomètres de Paoua, une ville près de la frontière tchadienne. Le bilan exact est encore inconnu mais des blessés ont été transportés vers un hôpital à Paoua.

Le week-end dernier, le HCR a également reçu des informations sur le meurtre de deux personnes commis par des hommes armés qui seraient liés aux Selekas à Bossangoa, dans la préfecture de Ouham, au nord-ouest du pays. Trente autres personnes auraient été tuées par les Selekas dans la même région.

L'accès pour les travailleurs humanitaires demeure difficile, bien que le HCR puisse désormais accéder aux camps de réfugiés de Bambari, Batalimo et Zemio au centre et au sud de la République centrafricaine. Ces régions accueillent 11 252 réfugiés, principalement des Congolais et des Soudanais.

Le HCR a effectué, dans les camps la semaine dernière, une seconde distribution de vivres, ainsi que de moustiquaires, couvertures, bâches en plastique et batteries d'ustensiles de cuisine pour 8 000 réfugiés et 796 personnes vulnérables de la communauté d'accueil.

« Le HCR appelle de nouveau le Gouvernement centrafricain à faire son possible pour assurer la sécurité et la protection des civils ainsi que de leurs biens, afin d'éviter de nouveaux déplacements de populations et de nouvelles souffrances », a indiqué Adrian Edwards.

Le HCR a également appelé les donateurs publics et privés à contribuer pour aider les victimes de cette crise oubliée. Vendredi dernier, son opération en RCA était financée à moins de 30 % de l'appel de fonds, avec huit millions de dollars reçus sur les 28,8 millions de dollars nécessaires pour aider les réfugiés centrafricains dans les pays voisins.