Afflux soudain et massif de Syriens au Kurdistan iraquien

Des milliers de personnes sont arrivées jeudi via un pont sur le fleuve Tigre, à un point de passage frontière où les mouvements sont très contrôlés par les deux pays.

En août dernier, des milliers de personnes ont afflué depuis la Syrie, via le point de passage frontière de Peshkhabour, en direction du gouvernorat de Dohuk en Iraq.   © HCR/G.Gubaeva

GENÈVE, 16 août (HCR) - Des milliers de Syriens ont soudainement afflué vers le nord de l'Iraq via un pont flottant récemment construit, alors que le nombre total de personnes ayant fui la crise en Iraq continue d'augmenter, a déclaré le HCR vendredi.

Des employés du HCR sur le terrain ont signalé un premier groupe d'environ 750 Syriens qui ont traversé le pont flottant à Peshkabour sur le fleuve Tigre dans la matinée de jeudi. Dans l'après-midi, un groupe plus important comptant 5 000 à 7 000 personnes a suivi.

« Les facteurs de ce déplacement de population soudain ne sont pas très clairs pour nous à ce stade. Ce matin, nous n'avons pas vu de nouveaux groupe de cette importance qui auraient traversé la frontière », a indiqué Adrian Edwards, porte-parole du HCR, lors d'un point de presse à Genève.

Certains des Syriens auraient attendu près du fleuve Tigre durant deux à trois jours. Ils campaient dans un site de fortune. Le HCR surveille les mouvements à la frontière et a vu des dizaines de bus arriver du côté syrien de la frontière débarquant des personnes qui cherchaient à passer en Iraq.

Adrian Edwards a indiqué qu'à la fois les côtés syrien et iraquien du point de passage frontière de Peshkabour sont étroitement contrôlés.

La vaste majorité des nouveaux arrivants sont des familles - des femmes, des enfants et des personnes âgées - principalement originaires d'Alep, Efrin, Hassake et Quamishly. Certaines familles ont indiqué au HCR avoir des proches qui résident dans le nord de l'Iraq. Certains étudiants ont voyagé seuls. Ils ont expliqué au HCR qu'ils étudient au nord de l'Iraq et qu'ils étaient seulement retournés en Syrie pour les récents congés de l'Eïd.

« Le HCR et les agences partenaires travaillent conjointement avec les autorités locales, depuis les premières heures du matin pour aider les nouveaux arrivants », a indiqué Adrian Edwards. Le HCR, ses partenaires et les autorités ont fourni de l'eau et des vivres ; l'OIM et le Gouvernement régional du Kurdistan ont fourni des centaines de bus pour transférer les réfugiés hors de la région frontalière vers Dohuk et Erbil.

A Erbil, environ 2 000 des nouveaux arrivants sont désormais hébergés sous des tentes dans un site de la ville de Kawergost, où le HCR a établi un centre de transit et de réception d'urgence. Certains des nouveaux arrivants sont hébergés sous des tentes déjà établies par le HCR. D'autres seraient accueillis dans des mosquées ou résideraient chez des proches ou des amis qui habitent dans les environs, a indiqué le HCR.

Le HCR travaille avec les autorités du Gouvernement régional du Kurdistan, d'autres agences des Nations Unies et des ONG partenaires pour établir un camp à Darashakran près du centre de transit d'urgence.

« Celui-ci devrait ouvrir dans deux semaines. Nous espérons qu'il soulagera la pression portée sur le camp de Domiz qui est surpeuplé et qu'il permettra aux réfugiés vivant actuellement dans un logement au loyer élevé de rejoindre un camp géré par le HCR pour y bénéficier d'une assistance », a indiqué Adrian Edwards.

Le HCR a remercié les autorités iraquiennes - et particulièrement le Gouvernement régional du Kurdistan - pour leur participation aux négociations qui permettent aux nouveaux réfugiés de traverser la frontière, d'être transportés et de recevoir d'autres types d'assistance qui leur sont fournis à la frontière.

« A ce jour, 1 916 387 Syriens ont fui la guerre et sont enregistrés en tant que réfugiés ou ont déposé une demande d'enregistrement. Les deux tiers d'entre eux sont arrivés cette année », a indiqué Adrian Edwards.

On compte désormais plus de 684 000 réfugiés syriens au Liban, 516 000 en Jordanie, 434 000 en Turquie, 154 000 en Iraq et 107 000 en Egypte.

Les gouvernements des pays de la région gèrent étroitement leurs frontières avec la Syrie, principalement du fait de leur propre préoccupation en termes de sécurité nationale. Mais les réfugiés continuent d'arriver dans les pays voisins de la Syrie en nombre croissant. Le HCR a exhorté les pays de la région et au-delà à maintenir leurs frontières ouvertes et à recevoir tous les Syriens en quête de protection.