Les équipes du HCR travaillent à la protection des femmes déplacées vulnérables au Pakistan

Le HCR met en oeuvre divers moyens dans les camps pour que les déplacées vulnérables soient identifiées et reçoivent de l'aide.

Les femmes déplacées originaires des zones tribales en proie à des violences au Pakistan enregistrent des plaintes au « Bureau des plaintes » tenu par le HCR au camp de déplacés de Jalozai.   © HCR/D.A.Khan

JALOZAI, Pakistan, 27 août (HCR) - Agée de 20 ans, à l'âge où les jeunes femmes rêvent d'un avenir idéal, la vie de Sajida a mal tourné. Au camp de Jalozai, une bombe a tué son mari âgé de 20 ans, la laissant seule avec son fils de trois mois.

« Je ne sais pas ce que me réserve l'avenir, mais je suis inquiète pour mes enfants ; comment vais-je les nourrir et les habiller », a demandé Sajida, en pleurant silencieusement derrière son voile. Le décès de son mari, Sher Rahman, l'une des 15 personnes tuées durant une attaque en mars dernier, a placé le destin de Sajida entre les mains du grand-père de son défunt mari et de ses beaux-frères.

Heureusement, Sajida a été identifiée par le HCR comme l'une des déplacés internes - les personnes forcées de quitter leur foyer du fait des violences dans les zones tribales sous administration fédérale (FATA) au Pakistan - qui ont besoin d'une protection spécifique. C'est l'une des principales responsabilités du HCR.

Bien que le HCR soit connu principalement pour des décennies d'aide aux réfugiés afghans dans les camps au Pakistan, Jalozai est le camp principal parmi trois camps formels hébergeant des déplacés internes. Il accueille environ 57 000 déplacés sur les 80 400 qui sont hébergés dans les camps. La vaste majorité des 710 000 déplacés originaires des zones tribales sous administration fédérale vivent chez des amis ou des proches ou ils louent un logement ailleurs.

Dans les camps, le HCR apporte un appui, conjointement avec d'autres agences humanitaires, aux fonctionnaires pakistanais ayant la responsabilité de l'administration et de la sécurité. Dans le cadre d'une approche interagence des Nations Unies par secteur, le HCR est l'agence chef de file pour la protection, l'abri et la gestion des camps, y compris l'assistance aux enfants et aux femmes vulnérables comme Sajida : les femmes et les enfants constituent 77% de la population déplacée.

Le HCR, avec l'aide des organismes partenaires, met en oeuvre des mesures pour assurer que Sajida bénéficie d'un accès sans entrave à l'assistance, notamment pour recevoir des rations alimentaires auparavant collectées par son mari. Le grand-père de son mari a été autorisé à recueillir également les rations de Sajida, ce qui évite à la jeune femme de rester debout des heures dans de longues files d'attente.

« Je suis heureuse que le HCR ait accepté de garder mon grand-père en tant que tuteur. Grâce à cela, j'ai un souci en moins concernant la collecte de la nourriture », a déclaré Sajida à Jalozai, localisé à 25 kilomètres au sud-est de Peshawar.

Pour identifier les femmes et les enfants vulnérables comme Sajida, le HCR et ses partenaires mènent régulièrement des groupes de discussion avec les personnes déplacées au sujet de leurs préoccupations. Les programmes de protection incluent également l'enregistrement de nouveaux déplacés et l'assistance juridique dans quatre cliniques d'aide juridique gérées par des partenaires. Le HCR apporte également son appui aux autorités gouvernementales pour garantir que les droits humains fondamentaux des personnes déplacées soient respectés.

Le HCR gère également quatre «Bureaux de plaintes » dans le camp de Jalozai pour enregistrer les préoccupations en matière de protection de la part des personnes déplacées et assurer une solution rapide à leurs problèmes. Compte tenu des sensibilités culturelles, des bureaux séparés sont accessibles aux hommes et aux femmes, en fournissant des informations essentielles sur des questions comme la distribution de nourriture, le processus de retour à la maison et les kits d'aide au retour.

Une équipe mobile de protection assiste les personnes déplacées pour traiter des problèmes liés à la documentation civile, aux loyers, aux procédures d'enregistrement ou d'autres questions juridiques. Elle fournit une assistance juridique aux points de distribution de nourriture sur des problèmes comme l'inscription à l'école, les examens et les attestations de documents dans les tribunaux de district. Elle oriente parfois des personnes vers d'autres prestataires de services.

Le HCR offre également une aide psychosociale pour les femmes vulnérables comme les mères célibataires, ainsi que les victimes de violence sexuelle et domestique. Le HCR dirige cinq centres communautaires pour les femmes et huit centres communautaires pour les hommes qui sont gérés par ses partenaires.

« Le HCR souligne l'importance de consacrer une attention particulière à l'environnement des camps, en particulier pour les segments les plus vulnérables de la population comme les femmes, les jeunes filles et les jeunes garçons », a déclaré Neill Wright, Représentant du HCR à Islamabad. « Le HCR maintiendra une présence active au camp de Jalozai et coopérera avec les institutions gouvernementales et d'autres organisations humanitaires pour renforcer la protection à l'intérieur du camp. »

Les expériences de Sajida reflètent le coût de la guerre sur les femmes et les enfants, mais elle a la chance d'avoir une famille élargie auprès d'elle. Beaucoup d'autres femmes dans le camp ne doivent compter que sur leur propre résilience, avec l'aide du HCR et d'autres organisations humanitaires.

Par Duniya Aslam Khan et Shandana Saad au camp de Jalozai, Nowshehra