Anarchie en République centrafricaine : Le HCR craint pour la sécurité des civils

Le HCR réitère son appel aux autorités de RCA et aux groupes armés de protéger les civils et de permettre aux agences humanitaires d'aider les personnes dans le besoin.

Ces personnes fuyaient les violences en République centrafricaine, plus tôt cette année.   © HCR/D.Mbaiorem

BANGUI, République centrafricaine, 6 septembre (HCR) - Le HCR a fait part vendredi de « sa vive inquiétude » sur la sécurité des civils en République centrafricaine (RCA), après que le personnel du HCR ait fait état de l'anarchie généralisée durant une mission sur le terrain dans le nord du pays.

Des membres du personnel du HCR et d'OCHA, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, se sont rendus la semaine dernière dans la ville de Paoua, à 500 kilomètres au nord de Bangui, la capitale de la RCA. Ils ont trouvé sept villages réduits en cendres et désertés - et un huitième village partiellement détruit - avec des villageois qui se cachaient dans la brousse.

« Les habitants ont parlé de violences physiques, d'extorsion, de pillages, d'arrestations arbitraires et de torture par des hommes armés », a indiqué Melissa Fleming, porte-parole en chef du HCR, citant des membres de l'équipe en mission. « Les villageois ont indiqué que ces actions pourraient être des représailles après des affrontements le mois dernier avec des groupes d'auto-défense qui tentaient de protéger leurs familles et leurs biens », a-t-elle ajouté aux journalistes à Genève.

« Nous sommes de plus en plus inquiets pour les civils qui sont pris au piège au milieu des combats et qui sont à la merci de toute personne armée », a-t-elle déclaré. « Nous réitérons notre appel aux autorités de République centrafricaine et à tous les groupes armés, pour qu'ils protègent les civils et assurent que les agences humanitaires puissent aider les personnes dans le besoin. »

A Paoua, les résidents et les déplacés ont expliqué au personnel du HCR qu'ils passent la nuit dans la brousse pour plus de sécurité et qu'ils rentrent chez eux uniquement dans la journée. Les personnes ne vont pas sur les routes pour éviter d'être repérées. Et les pluies rendent les conditions de vie encore plus difficiles.

Dans le village de Bedengui, à 65 kilomètres de Paoua, le personnel du HCR a trouvé des personnes qui étaient en deuil après l'enlèvement et le meurtre de quatre membres de leur famille.

Il est difficile de dire exactement combien de personnes ont fui leurs maisons en RCA, en partie à cause de l'insécurité et de l'accès restreint. Avant la prise du pouvoir par l'alliance des rebelles seleka à Bangui en mars dernier, près de 160 000 personnes vivent dans les zones affectées.

Avec l'éruption et le regain de violence dans le nord à la fin du mois dernier, des milliers de personnes ont fui. Mercredi matin, le personnel du HCR avait enregistré 3 020 personnes déplacées dans la région - qui s'ajoutent au total estimé à au moins 206 000 déplacés à travers le pays depuis décembre.

Les combats et la violence ont également poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir au-delà des frontières dans les pays voisins. Au Tchad, une récente vague de plus d'un millier de réfugiés est arrivée dans la région de Moissala. Elle a été suivie par une autre vague de 4 125 personnes en juillet et cela porte le total des réfugiés cette année à plus de 13 000.

Le personnel du HCR au Cameroun a enregistré environ 4 100 réfugiés centrafricains depuis mars, y compris 123 la semaine dernière. En République démocratique du Congo, plus de 40 000 réfugiés sont arrivés fin août. Au total, plus de 62 000 personnes ont fui la République centrafricaine en quête de sécurité à l'étranger.

Le HCR distribue des biens de secours dans la région de Paoua, y compris des bâches goudronnées, des moustiquaires et des batteries d'ustensiles de cuisine.

Par Djerassem Mbaiorem à Bangui, République centrafricaine