Le HCR prévient du risque de nouvelles tragédies en Méditerranée

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Adrian Edwards – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 11 octobre 2013 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR a lancé une mise en garde sur de nouvelles catastrophes en Méditerranée, qui seront inévitables sans une réponse collective et globale à la tragédie maritime de Lampedusa la semaine dernière.

Le HCR se félicite des déclarations et des actions annoncées cette semaine par la Commission européenne et quelques Etats européens sur le besoin d'éviter ces tragédies à l'avenir. Parmi celles évoquées en début de semaine, le Président de la Commission José Manuel Barroso a souligné le besoin de renforcer les capacités pour le sauvetage en mer et la surveillance pour repérer les bateaux.

Tous les moyens disponibles doivent être utilisés pour remédier aux causes profondes de l'exode dans les pays générant des réfugiés. Il faut davantage d'informations disponibles sur les dangers encourus lors des traversées de clandestins vers l'Europe ; il faut davantage de collecte et de partage de l'information sur les itinéraires et les moyens utilisés durant l'exode et, enfin, il faut améliorer la prévention et la détection pour le sauvetage en mer. Il faut également davantage de structures d'accueil pour les nouveaux arrivants et d'amélioration des équipements à Lampedusa, une île qui est confrontée à de graves conditions de surpopulation.

A Lampedusa, quelque 311 corps ont déjà été récupérés depuis l'épave. Toutefois, le bilan reste provisoire. Selon les déclarations des 156 rescapés, a indiqué Adrian Edwards, entre 50 et 70 corps resteraient encore à retrouver.

Le phénomène des traversées de la Méditerranée à bord d'embarcations impropres à la navigation vers l'Europe est ancestral et il implique à la fois des problèmes d'asile et de migration. Les personnes qui se trouvaient à bord du bateau ayant coulé au large de Lampedusa la semaine dernière étaient presque toutes de nationalité érythréenne. Beaucoup auraient eu besoin d'une protection internationale.

Parmi les rescapés se trouvent des personnes qui vivaient auparavant au camp de réfugiés de Shagarab à l'est du Soudan et au camp de réfugiés d'Aini Mai dans le nord de l'Ethiopie. La colère suscitée par les décès du naufrage à Lampedusa parmi la population de Mai Aini semble avoir été un facteur des troubles survenus le week-end dernier et durant lesquels une personne a été tuée.

Un partage plus large des responsabilités parmi les Etats membres de l'Union européenne aiderait à traiter les demandes d'asile et à trouver des solutions durables pour les personnes ayant besoin d'une protection internationale. Il faciliterait également la fourniture d'une aide au retour pour les personnes dont il aura été déterminé qu'elles n'ont pas besoin de protection.

Le HCR se tient prêt - avec ses partenaires ONG ainsi que l'OIM - à aider tous les Etats dans leur recherche de solutions communes aux problèmes qui se cachent derrière l'accident de la semaine dernière au large de Lampedusa.