Plus de 62 000 personnes, la plupart des Ethiopiens, ont risqué leur vie pour traverser le golfe d'Aden cette année

Au total, depuis 2006 lorsque le HCR a commencé à recueillir des statistiques, plus d'un demi-million de demandeurs d'asile, de réfugiés et de migrants ont traversé la mer vers le Yémen.

Au large d'une côte somalienne, un groupe de migrants espérant rejoindre le Yémen marche avec de l'eau bientôt jusqu'aux épaules vers le bateau de passeurs.   © HCR/A.Fazzina

GENÈVE, 8 novembre (HCR) - Le HCR a fait part vendredi de sa profonde préoccupation sur le grand nombre de personnes qui risquent leur vie pour rejoindre le Yémen après avoir enregistré plus de 62 000 arrivées par la mer cette année (du 1er janvier au 31 octobre).

Le porte-parole du HCR Adrian Edwards a indiqué que le Yémen voit un grand nombre d'arrivées par la mer depuis six années successives. « L'année dernière, un nombre record de 107 532 personnes ont effectué la traversée. Bien que, cette année, le nombre soit plus bas qu'en 2012, avec 62 194 personnes de janvier à octobre en comparaison de 88 533 personnes à la même période l'année dernière, le golfe d'Aden demeure l'un des itinéraires les plus empruntés pour la migration mixte (i.e. par des demandeurs d'asile et des réfugiés) », a-t-il déclaré aux journalistes à Genève.

Au total, depuis 2006 lorsque le HCR a commencé à recueillir des statistiques, plus d'un demi-million de demandeurs d'asile, réfugiés et migrants ont traversé la mer vers le Yémen. La plupart sont Ethiopiens, (51 687 en 2013). Ils citent la difficile situation économique dans leur pays et ils espèrent souvent continuer leur voyage via le Yémen vers les Etats du Golfe et au-delà.

Les Somaliens arrivés au Yémen (10 447 en 2013) sont automatiquement reconnus en tant que réfugiés par les autorités, alors que le HCR aide à déterminer le statut de réfugié d'autres demandeurs d'asile, y compris pour les Ethiopiens, les Erythréens et les ressortissants d'autres pays.

La traversée depuis la corne de l'Afrique vers le Yémen est, à travers le monde, l'un des itinéraires les plus meurtriers que le HCR surveille étroitement. Des centaines de personnes, y compris des réfugiés syriens, sont morts ces derniers mois lors de la traversée de la Méditerranée vers l'Europe. En Asie du Sud-Est, depuis le week-end dernier, des dizaines de personnes sont portées disparues après le naufrage de leur bateau au large des côtes du Myanmar dans le golfe du Bengale.

« Parmi les mesures mises en oeuvre par le HCR pour enrayer ces tendances, nous encourageons la coopération entre les pays affectés par la migration mixte. Et nous soutenons le gouvernement yéménite pour l'organisation d'une conférence la semaine prochaine sur la migration et l'asile conjointement avec l'Organisation internationale pour les migrations », a indiqué Adrian Edwards.

La conférence de trois jours débutera lundi à Sana'a. Parmi les participants, il y aura des représentants de gouvernements de pays de la corne de l'Afrique, des Etats du Golfe, des pays donateurs, d'ONG et d'institutions comme le Secrétariat régional sur la migration mixte.

L'objectif de la conférence du Yémen est d'établir un plan d'actions régional pour aider à gérer la migration mixte entre la corne de l'Afrique et la Péninsule arabique. Les objectifs de ce plan sont : sauver des vies humaines ; mettre en place de meilleurs systèmes de protection pour les demandeurs d'asile et les réfugiés, en soulageant les souffrances des migrants et la charge pour les communautés qui les accueillent ; renforcer l'application de loi contre les réseaux de passeurs et de traite d'êtres humains ; accroître les financements de programmes de retour volontaire assisté pour les migrants bloqués dans un pays de transit ou en situation de conflit ; étendre les options disponibles pour la migration légale et enfin faire connaître les dangers de la migration irrégulière.