Tensions et traumatismes croissants pour les rescapés du typhon aux Philippines

Les survivants ont besoin de vivres, d'eau potable, de médicaments, de vêtements et de bâches en plastique. Les routes et les ponts endommagés ainsi que les débris entravent l'accès humanitaire.

Ce garçon a été blessé par des projections de débris pendant le typhon Haiyan qui a déferlé sur la maison de sa famille à Tacloban. Haiyan est l'un des plus puissants typhons jamais enregistrés.  © REUTERS/E.DeCastro

MANILLE, Philippines, 12 novembre (HCR) - Le HCR a déclaré mardi qu'avec l'aide arrivant au compte-goutte auprès des rescapés du typhon Haiyan aux Philippines, l'organisation a reçu des informations faisant état de tensions et de traumatismes croissants sur le terrain, spécialement pour les femmes et les enfants vulnérables.

Le HCR codirige le Groupe de travail sur la protection conjointement avec le Service gouvernemental philippin pour la protection sociale et le développement, dans le cadre des efforts interagence pour la réponse à la situation d'urgence.

« Notre personnel communique avec les autorités locales et d'autres partenaires du secteur de la protection dans les neuf régions affectées pour évaluer la sécurité physique des rescapés ainsi que leur accès aux services essentiels et à l'aide humanitaire. Nous surveillons également la protection des femmes, des enfants et d'autres groupes vulnérables comme les personnes âgées, les handicapés et les groupes minoritaires », a indiqué un porte-parole du HCR.

Selon les estimations, le typhon aurait déplacé à ce jour plus de 800 000 personnes. Les habitants dont la maison était située le long de la côte demeurent menacés par de nouvelles inondations car une autre tempête a frappé la région aujourd'hui. Certaines personnes déplacées préfèrent rester dans leur maison partiellement détruite plutôt que de rejoindre l'un des 1 400 centres d'évacuation. D'autres ont fabriqué des abris de fortune près de leur habitation.

Les survivants ont besoin d'urgence de nourriture, d'eau potable, de médicaments, de vêtements et de bâches en plastique. Mais les routes et les ponts endommagés ainsi que les débris restant éparpillés entravent l'accès humanitaire tout spécialement vers des zones reculées. Ceci contribue à la dégradation de l'ordre public alors que des personnes désespérées pillent les magasins à la recherche d'eau et de nourriture. Selon des informations non confirmées, des guichets automatiques bancaires ont été détruits et du matériel de secours a été volé.

« Les capacités aux niveaux national et local sont sévèrement altérées. Les activités de protection sont donc vitales », a indiqué José Riera, conseiller basé à Genève au sein de la Division du HCR pour la Protection internationale. « Elles incluent le regroupement des familles, la mise en oeuvre de mécanismes pour retrouver les documents d'identité perdus, l'aide aux enfants non accompagnés et la prévention contre les mauvais traitements et l'exploitation des femmes », a-t-il ajouté.

Pour aider à une distribution équitable et sûre, la fourniture de l'aide devra être coordonnée avec les autorités - qui dirigent les efforts de réponse à cette crise - et via des agences humanitaires. Les rescapés traumatisés auront besoin d'une aide psychologique. D'autres programmes d'aide communautaire devraient être mis en oeuvre pour l'information sur les problèmes en matière de protection. Cela aidera à améliorer le suivi des incidents et à établir un système d'aide centré sur les rescapés concernant la violence à l'encontre des femmes.

Actuellement, les personnes les plus vulnérables sont menacées. Des femmes et des enfants mendient dans la rue, ce qui les expose aux abus et à l'exploitation. L'alimentation en électricité n'ayant pas encore été rétablie, le manque d'éclairage rend les femmes et les enfants encore plus vulnérables à la maison et dans les centres d'évacuation, en particulier la nuit.

Le HCR prévoit de distribuer des lampes à énergie solaire qui peuvent aider à atténuer les risques de violences à l'encontre des femmes et à renforcer la protection des familles déplacées. Nous avons également mobilisé nos stocks à l'intérieur du pays pour distribuer des bâches en plastique, des couvertures, des vêtements et d'autres articles de secours pour 1 400 familles. Cette aide sera complétée par des tentes et du matériel de secours pour 16 000 familles. L'aide sera acheminée dans le cadre d'un pont aérien ces prochains jours.

En tant que co-chef de file du groupe de travail pour la protection, le principal objectif du HCR est d'appuyer le Service gouvernemental philippin pour la protection sociale et le développement et d'autres unités compétentes au sein du service public, comme la Commission pour les droits de l'homme, pour établir un mécanisme de protection dans les zones affectées par le typhon.

« Notre personnel fournit une expertise ainsi qu'un appui technique, afin de résoudre les problèmes en matière de protection et aidera les autorités pour aider les déplacés à accéder aux documents d'état civil et aux services essentiels », a indiqué un porte-parole du HCR.

Un premier avion-cargo du HCR est prévu demain depuis Dubaï vers Cebu avec une cargaison de tentes et d'autres articles de secours non alimentaires. Le HCR a également déployé aux Philippines une équipe d'urgence qui comprend des experts dédiés en matière de protection. D'autres rotations aériennes sont prévues pour acheminer du matériel d'aide humanitaire vers les Philippines cette semaine.