Typhon Haiyan : les rescapés quittent leurs villages à la recherche de leurs proches et d'une aide

Le HCR et ses partenaires vont établir un espace dédié à l'aéroport de Tacloban pour collecter des données sur les déplacés, leur destination et leurs vulnérabilités.

Des survivants du typhon traversent le parking de l'aéroport de Tacloban pour prendre l'avion vers Cebu, où ils espèrent trouver de l'aide.   © HCR/R.Rocamora

CEBU, Philippines, 19 novembre (HCR) - Le HCR a déclaré mardi que des milliers de rescapés du typhon aux Philippines auraient quitté Tacloban et d'autres zones affectées, pour rechercher des proches ou une aide, et ce à proximité de chez eux ou plus loin, à Cebu ou Manille.

Peu après que le typhon ait frappé cette région le 8 novembre dernier, des habitants ont commencé à quitter la zone par avion ou par la mer. Des avions-cargo acheminant de l'aide depuis Cebu vers Tacloban, Guiuan ou d'autres villes reviennent chaque jour avec, à leur bord, des dizaines de personnes déplacées, dont le nombre demeure indéterminé. Selon les autorités philippines, jusqu'à quatre millions de personnes seraient désormais déplacées internes.

A partir de mercredi, le HCR et ses partenaires du groupe de travail sur la protection travailleront dans un espace dédié à l'aéroport de Tacloban pour collecter des informations sur ces personnes déplacées, leur destination et leurs vulnérabilités, ainsi que pour tenter de leur assurer une aide à l'arrivée et de prévenir tout incident en matière de traite d'êtres humains. Ce système de suivi en matière de protection devrait s'étendre à d'autres zones que les habitants quittent actuellement.

Lundi, les équipes du HCR de protection sur le terrain sont arrivées à Ormoc dans la région de Leyte à l'ouest et à Guiuan dans le Samar oriental, deux régions frappées par le typhon.

Les équipes disposent de camions et d'un stock d'essence pour appuyer les deux plateformes humanitaires nouvellement établies. Leur travail se concentrera d'abord sur l'établissement de mécanismes de coordination en matière de protection et sur l'évaluation des besoins dans et autour d'Ormoc et de Guiuan. L'objectif est d'organiser une livraison rapide d'aide et d'assurer que les personnes ayant des besoins spécifiques reçoivent une aide, tout spécialement dans des villages reculés.

A Ormoc, les autorités locales ont indiqué à notre personnel que la plupart des 109 zones administratives affectées (ou barangays) aient reçu une assistance, sous une forme ou une autre. Des vivres, des médicaments et du matériel d'abri, comme des rouleaux de bâche en plastique, demeurent nécessaires d'urgence. Quelques zones doivent encore recevoir des articles non alimentaires, comme des bâches en plastique et des couvertures.

Une équipe du HCR s'est rendue aujourd'hui en mission à Ormoc pour évaluer la situation et les besoins dans les régions rurales.

Les communications avec notre personnel à Guiuan restent difficiles à cause des infrastructures qui ont été détruites. Selon les rescapés, des villages entiers le long de la côte ont été emportés par le typhon et l'onde de tempête.

A Tacloban, notre équipe a distribué des bâches en plastique et des couvertures, à Barangay 88, l'un des quartiers les plus endommagés de la ville. Nous avons également envoyé des tentes familiales à Tanauan, au sud de Tacloban, pour aider les autorités à établir un site temporaire de tentes pour accueillir des personnes déplacées, où notre matériel de secours est arrivé la semaine dernière. Environ 15 000 personnes dans ces deux zones ont déjà reçu une assistance.

L'aide du HCR continue à arriver dans le pays via un pont aérien. Deux autres avions-cargo sont attendus aujourd'hui. Au total, via neuf rotations aériennes, 10 000 tentes, 112 000 couvertures, 66 000 bâches en plastique, 9 000 lampes à énergie solaire et d'autres biens de secours seront acheminées, pour un total de plus de 100 000 personnes. A l'arrivée à Cebu, ces articles sont acheminés rapidement vers les zones affectées via une combinaison de moyens de transport, par air, par mer et par la route.

A la demande de Valérie Amos, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordinatrice des secours d'urgence, le HCR a accru son volume d'aide et a augmenté le montant de son appel de fonds à hauteur de 15 millions de dollars. En plus de fournir des articles de secours, le HCR codirige le groupe de travail sur la protection avec le gouvernement pour assurer que les préoccupations en matière de protection demeurent un élément clé dans les interventions de tous les autres groupes de travail et que les personnes ayant des besoins spécifiques aient accès à l'assistance et aux services.