Typhon Haiyan : Le HCR achemine du matériel de secours depuis le tarmac vers les villages affectés

Le matériel de secours arrivés à l'aéroport de la ville de Tacloban au centre des Philippines est acheminé immédiatement vers les localités affectées par le typhon.

Le quartier de Barangay 88 à San Jose a été frappé par le typhon. Ses habitants attendent en file pour recevoir des bâches en plastique et des couvertures du HCR. La priorité a été donnée aux personnes ayant des besoins spécifiques, comme les familles dirigées par une femme.   © HCR/R.Rocamora

TACLOBAN, Philippines, 20 novembre (HCR) - Le matériel de secours était à peine sec lorsqu'il a été chargé à bord des camions. Les bâches en plastique et les couvertures du HCR avaient tout juste été déchargées sous la pluie depuis un avion-cargo à l'aéroport de Tacloban et ont été acheminées vers San Jose, un village situé non loin qui a été détruit par le typhon Haiyan.

L'épicentre de la tempête du 8 novembre est passé quasiment au-dessus de Barangay 88 à San Jose, abattant les arbres et détruisant les maisons dans cette localité comptant 11 000 habitants.

Emilita Montalban, qui est maire de cette commune, avait trouvé refuge avec sa famille dans une chambre d'hôtel pendant plus de deux heures, bougeant de chambre en chambre au fur et à mesure que les fenêtres étaient soufflées et que s'engouffraient des trombes d'eau. A la fin de la tempête, quand elle a pu enfin sortir, « Tacloban était comme une ville fantôme », raconte-t-elle. Elle estime que 1 000 personnes sont mortes et que 1 500 maisons ont été détruites dans sa municipalité.

Quelques jours après, au début de cette semaine, Emilita était pleinement revenue à ses responsabilités, organisant la distribution d'aide à Baranguay 88 avec le HCR et son partenaire opérationnel CFSI (Community and Family Services International).

Les personnes ayant des problèmes spécifiques, notamment des femmes et des familles dirigées par une femme, se trouvent dans une file d'attente distincte. Elles recevront en priorité des bâches de plastique et des couvertures en laine polaire. Des articles de secours ont également été distribués à des familles vivant dans des centres d'évacuation dont les maisons avaient été complètement détruites dans ce barangay (quartier).

Au total, 1 150 bâches en plastique et 120 couvertures en laine polaire ont été distribuées à des familles affectées à Barangay 88. Les bénéficiaires ont expliqué qu'ils utiliseraient les bâches en plastique pour remplacer les toits détruits en attendant que les décombres soient débarrassés et que démarre la reconstruction de la ville pour commencer eux aussi la rénovation.

Mardi, le HCR a distribué un supplément de 815 bâches en plastique dans le quartier voisin, Barangay 93. L'entrepôt du HCR à Tacloban est actuellement vide et en attente de réapprovisionnement par avion et par bateau.

« Chaque jour où les articles de secours restent stockés dans l'entrepôt, signifie que des femmes, des hommes et des enfants passent une nouvelle nuit sans article de première nécessité qui pourraient les aider à traverser cette période difficile et à assurer leur sécurité », a déclaré Roberto Mignone, un responsable du HCR dans le secteur de la protection. « C'est pourquoi nous avons distribué les articles directement depuis l'aéroport vers l'une des communautés les plus touchées. »

Au quartier de Barangay 88, Emilita a expliqué à son conseil municipal composé d'hommes et de femmes que ni elle-même ni aucun d'entre eux ne recevraient des articles de secours car leurs maisons ne sont pas aussi endommagées que celles de certains de leurs administrés. Elle a estimé que 30 pour cent des membres de sa communauté avaient quitté Taclopan pour d'autres régions de la province de Samar, ou encore pour Cebu ou Manille.

« Les personnes qui ont les moyens de partir le font, mais les indigents sont obligés de rester », a-t-elle expliqué.

Beaucoup d'habitant de Barangay 88 résidents ont expliqué vouloir rester à Tacloban. Une femme a déclaré qu'elle se trouvait à Bohol, pour distribuer de l'aide aux victimes du tremblement de terre lorsque le typhon a frappé. Elle est rentrée immédiatement à Tacloban, pour être auprès de sa famille et commencer la reconstruction. A la question de savoir si elle envisagerait de s'installer ailleurs, elle a fermement répondu : « Non, Tacloban, c'est chez moi. Je ne vais pas repartir. »

Roberto Mignone du HCR a déclaré : « Dans ces moments-là, vous voyez vraiment la résilience et le sens de la communauté, comme ici à Barangay 88. Tout le monde est déterminé à contribuer et à soutenir ses voisins pour que la reconstruction se déroule du mieux possible. »

Par Angela Moore à Tacloban, Philippines