Le chef du HCR Antonio Guterres préoccupé par le sort tragique des enfants syriens

En visite à la frontière entre la Syrie et le Liban, António Guterres appelle à une aide massive pour éviter une génération sacrifiée.

Le Haut Commissaire Antonio Guterres écoute le récit d'une famille syrienne qui a trouvé refuge dans un centre de transit à Arsal, au Liban.  © HCR/M.Hofer

ARSAL, Liban, 2 décembre (HCR) - Arsal, une robuste ville montagnarde située dans la plaine de la Bekaa au Liban, compte habituellement 18 000 personnes, en temps de paix.

Or, depuis le 15 novembre, sa population a plus que doublé avec l'arrivée de réfugiés ayant fui la violence dans la région de Qalamoun, à l'ouest de la Syrie. Ceux-ci continuent d'affluer à la frontière, qui est située seulement à 17 kilomètres d'Arsal. Les Syriens sont désormais plus nombreux que les Libanais dans cette ville.

Vendredi dernier, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres s'est rendu à Arsal pour y rencontrer des personnes parmi ce groupe ayant fui 31 mois de guerre civile en Syrie et pour remercier les autorités locales ainsi que les organisations humanitaires qui viennent en aide aux nouveaux arrivants. Il a attiré l'attention sur le besoin urgent de porter assistance aux enfants syriens touchés par la violence. Sa visite dans la région a coïncidé avec la publication d'un nouveau rapport du HCR au sujet des conséquences de la guerre sur la prochaine génération de la Syrie.

Lors de sa visite, António Guterres a remercié le Liban pour son « immense générosité ». Le pays accueille plus de 800 000 réfugiés. Il a également exhorté les pays donateurs à répondre à cette générosité avec une aide financière pour le Liban et pour les réfugiés. Il a appelé à une plus grande disponibilité pour accepter des réfugiés syriens qui veulent être réinstallés dans des pays tiers.

« La réponse de la communauté internationale [à la crise des réfugiés syriens] est énorme », a-t-il déclaré. « Mais elle est hors de proportion avec les besoins. »

La charge que des pays comme le Liban et la Jordanie sont forcés de porter doit être partagée par toute la communauté internationale, a-t-il indiqué, si ces pays devaient encore à l'avenir garder leurs frontières ouvertes et accueillir des survivants du conflit.

« Soyons honnêtes. Nous n'en faisons pas assez », a indiqué António Guterres. « Ici, à Arsal, nous assistons à une situation d'urgence dans une situation d'urgence. Nous sommes dans une ville qui compte davantage de Syriens que de Libanais. Au-delà, il y a une pénurie de personnel, de cliniques, d'écoles. »

Il s'est exprimé lors d'une visite d'un nouveau centre de transit équipé de tentes du HCR en toile verte, établi la semaine dernière dans le cadre de ce qui est devenu la plus grande opération du HCR au monde.

António Guterres a appelé à renouveler l'attention sur le sort des enfants syriens, dans un nouveau rapport publié vendredi et intitulé : « L'avenir de la Syrie : la crise des enfants réfugiés syriens ».

Le rapport décrit la façon dont les enfants survivants de la guerre souffrent d'une profonde détresse psychologique, de solitude et de traumatismes après ce qu'ils ont vécu. Seulement un tiers des enfants vont à l'école. Plus de 1,1 million d'enfants sont désormais des réfugiés.

« Ces chiffres sont épouvantables », a indiqué António Guterres. « Mais ce qui est vraiment important, c'est la vie de chaque enfant : Nous devons voir un soutien massif si nous voulons éviter une nouvelle génération sacrifiée. »