Renouveau des violences en République centrafricaine ; davantage de civils fuient vers la République démocratique du Congo

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés s'est déclaré alarmé vendredi face à la détérioration de la sécurité en République centrafricaine et a fait part de ses préoccupations sur la sécurité des civils pris au piège dans les tout derniers combats.

Plus de 200 civils auraient été tués après avoir été pris au piège dans des affrontements entre des combattants de l'ancien groupe rebelle Seleka et les forces d'auto-défense de Bangui, la capitale, ainsi que de la ville de Bossangoa au nord-ouest du pays. Selon des sources concordantes des Nations Unies et des médias, au moins 140 civils ont été tués lors de nouvelles attaques hier à Bangui.

Des attaques et des exécutions de civils dans des hôpitaux et des lieux de culte ont également été signalées à travers la ville. C'est la première vague importante de combats dans la capitale depuis mars dernier, quand les forces Seleka avaient pris le contrôle de Bangui et renversé le gouvernement du Président François Bozizé.

Selon le personnel du HCR à Bangui, la situation était très tendue vendredi matin. Des tirs étaient entendus dans le 8ème arrondissement de la ville, ce qui empêchait les habitants de partir de chez eux. Le HCR a également reçu des informations inquiétantes sur des attaques sectaires et de vengeance entre voisins à travers Bangui. Un employé local du HCR a été attaqué à son domicile la nuit dernière et les assaillants ont enlevé et tué son neveu âgé de 24 ans.

Jusqu'à 1 000 personnes auraient trouvé refuge dans la cathédrale de Bangui jeudi soir. Le HCR craint que davantage d'habitants de Bangui ne quittent leurs maisons en quête d'un refuge si la violence sectaire continue.

De plus en plus de civils centrafricains traversent le fleuve Oubangui en quête de refuge dans la ville de Zongo en République démocratique du Congo. Hier, près de 700 personnes avaient traversé le fleuve et davantage encore arrivaient ce matin. Nos collègues de Zongo évaluent actuellement le nombre d'arrivants le long de la rivière.

Les nouveaux arrivants ont trouvé refuge dans une école de Gbala, un village situé à 12 kilomètres de Zongo. L'école, un ancien centre de transit pour les réfugiés construit par le HCR, dispose d'équipements pour l'accueil des réfugiés.

Parallèlement, à Bossangoa, d'intenses bombardements ont provoqué la panique jeudi après-midi parmi les habitants. Bien que les bombardements aient cessé, la situation demeure imprévisible et la tension est élevée. Plus de 100 personnes auraient été tuées lors des violences sectaires. Un membre des forces de la Communauté de l'Afrique centrale a été tué par une balle perdue.

On compte quelque 40 000 personnes déracinées à Bossangoa, dont la plupart ont trouvé abri dans l'enceinte de l'église catholique. Ces personnes ont besoin d'aide, mais les mauvaises conditions de sécurité entravent les livraisons d'articles de secours. Un convoi du HCR, transportant 60 tonnes de matériel de secours, est arrivé hier à Bossangoa et l'aide sera distribuée prochainement. Les biens de secours comprennent des bâches, des couvertures, des nattes de couchage, des moustiquaires, des jerrycans, des seaux et du savon pour 3 000 familles déplacées à Bossangoa.

Depuis décembre 2012, le conflit en République centrafricaine a déplacé près de 400 000 personnes dans le pays et en a forcé 69 800 autres à fuir en exil dans les pays voisins, principalement en République démocratique du Congo.