Conditions difficiles pour les déplacés à Bangui

La peur et la reprise des combats ont poussé plus de 100 000 personnes à quitter leurs maisons ces cinq derniers jours. Beaucoup dorment en plein air sous la pluie.

Ces familles déplacées ont trouvé refuge à l'aéroport de Bangui, car elles craignent d'autres attaques.   © HCR/L.Wiseberg

GENÈVE, 10 décembre (HCR) - Un an après la guerre civile en République centrafricaine, plus d'un demi-million de personnes sont déplacées dans le pays. Beaucoup parmi les nouveaux déplacés dorment en plein air sous la pluie à Bangui.

Ces cinq derniers jours, plus de 100 000 personnes à Bangui ont quitté leurs maisons, lors de la reprise de violents combats entre les rebelles ex-Séléka et des forces d'auto-défense jeudi dernier.

Lundi, environ 108 000 personnes étaient été hébergées dans 30 lieux à travers Bangui où elles se sentent plus en sécurité que chez elles. Ces sites sont principalement des églises, des mosquées, des bâtiments publics et l'aéroport. De plus, d'autres, dont le nombre est indéterminé, ont également rejoint le quartier à majorité musulmane appelé Kilomètre 5, au nord-ouest de Bangui. Il est difficile d'estimer leur nombre car ils ne sont pas regroupés dans des sites mais ils sont dispersés.

Les conditions de vie sont épouvantables dans la plupart des sites d'hébergement de personnes déplacées, qui sont en majorité des femmes et des enfants, et ce tout particulièrement à l'aéroport et au monastère de Boy-rabe.

« Dans ces sites, les déplacés dorment en plein air, sous la pluie », a indiqué le porte-parole du HCR Adrian Edwards, lors d'un point de presse mardi à Genève. « De nombreux déplacés passent la nuit dans les sites et retournent chez eux pendant la journée. Comme ils craignent des attaques nocturnes commises par des éléments armés, ils retournent sur les sites de personnes déplacées avant le couvre-feu de 18h00. »

Le HCR et ses partenaires ont distribué des tentes, des couvertures, des matelas et d'autres articles de secours pour soulager la souffrance des femmes et des enfants qui sont majoritaires dans les sites de déplacés. Avec nos partenaires, nous fournissons également des conseils aux personnes traumatisées.

La situation demeure instable à Bangui. Des affrontements armés et des tirs sporadiques ont été entendus lundi après-midi jusqu'à mardi matin, lorsque des éléments armés n'ont pas voulu déposer les armes auprès des troupes françaises mandatées par le Conseil de sécurité de l'ONU pour stabiliser le pays.

Les personnes déplacées avec qui des employés du HCR se sont entretenus à Bangui font part de leur espoir de voir le dépôt des armes dans leurs quartiers pour pouvoir rentrer chez eux. Ils font également part de leur intention de quitter les lieux dès que les miliciens ex-Séléka et anti-Balakas seront désarmés et que la sécurité sera rétablie.

Désormais, le nombre total de personnes déplacées en RCA depuis le début de la crise en décembre 2012 s'élève à plus d'un demi-million.

De plus, environ 70 000 personnes ont fui vers les pays voisins, la plupart vers la République démocratique du Congo (RDC). Environ 800 personnes ont réussi à traverser la frontière vers la RDC jeudi dernier avant qu'elle ne soit fermée par les autorités centrafricaines.