Les derniers combats à Bangui ont déplacé 210 000 personnes

Des violences ont été signalées à Bossangoa, où des miliciens ont pillé des magasins et incendié des maisons dans la partie nord de la ville ce week-end.

Ces personnes déplacées ont trouvé abri à l'aéroport de Bangui après avoir fui les violences. Elles vivent sous des tentes du HCR.   © HCR/S.Phelps

BANGUI, République centrafricaine, 17 décembre (HCR) - Selon le personnel du HCR en République centrafricaine, environ 210 000 personnes ont été déracinées par les violences ces deux dernières semaines à Bangui, la capitale en proie aux combats.

« A Bangui, notre personnel signale des tirs en continu et un climat de peur généralisée », a indiqué un porte-parole du HCR. Il a ajouté que lundi, dans la banlieue de la ville, « nous avons vu 40 000 personnes qui avaient été déracinées les 5 et 6 décembre, mais qui étaient restées hors d'accès du personnel humanitaire à cause de lourds combats. »

Pour échapper aux combats et à l'insécurité, des centaines de personnes ont fui ce week-end par bateau de l'autre côté du fleuve Oubangui vers Zongo, en République démocratique du Congo, même si la frontière était officiellement fermée et qu'elles risquaient d'essuyer des tirs. Selon le décompte officiel, 1 815 personnes ont rejoint Zongo, ce qui porte à 3 292 le nombre total de réfugiés centrafricains arrivés par bateau depuis le 5 décembre.

Beaucoup parmi les nouveaux arrivants ont indiqué avoir été témoins d'atrocités, y compris des meurtres, des pillages, des entrées par effraction dans les maisons. Beaucoup ont indiqué au HCR que certains des déplacés qui campent actuellement à l'aéroport de Bangui prévoyaient de les rejoindre à Zongo. « A l'aéroport de Bangui, nous avons dû suspendre temporairement la distribution d'aide à cause d'incidents de sécurité, dont certains étaient liés à la violence sectaire », a indiqué le porte-parole.

Parallèlement, des violences ont été signalées dans la ville de Bossangoa, à environ 400 kilomètres au nord-ouest de Bangui. Des employés des Nations Unies en charge de la sécurité ont indiqué que des milices avaient pillé des magasins et incendié des maisons dans le nord de la ville ce week-end. La population de cette région compte majoritairement des musulmans.

Environ 5 600 personnes ont été déplacées depuis le renouveau des combats il y a une dizaine de jours entre les forces d'auto-défense anti-Balaka et les combattants des ex-forces rebelles Séléka. Les personnes nouvellement déplacées ont rejoint plus de 4 000 personnes qui se trouvaient déjà dans les locaux et l'enceinte surpeuplés de l'Ecole Liberté.

« Nous continuons à entendre parler d'attaques contre des Chrétiens menées par d'anciens Séléka, avec des pillages, des meurtres et des maisons incendiées. Ainsi que dans l'école, depuis septembre, 40 000 personnes ont trouvé refuge à l'intérieur de l'église catholique de Bossangoa », a indiqué le porte-parole du HCR.

Il est également fait état de tensions dans les locaux de l'église entre les membres d'une force régionale africaine pour le maintien de la paix et des miliciens, qui résistent au désarmement. Ils sont armés d'outils agricoles et de machettes, mais ils ont refusé de rendre les armes.

Pendant ce temps, le HCR a fait part de son extrême préoccupation sur la présence d'hommes armés dans les sites d'accueil de personnes déplacées. L'agence a demandé aux troupes françaises et africaines d'intensifier les patrouilles dans les quartiers en proie aux violences et dans les sites de fortune.

Des tensions demeurent également à Paoua, à environ 130 kilomètres de Bossangoa et près de Beboura, où des centaines de civils auraient trouvé refuge dans la brousse.

Plus de 710 000 personnes sont déracinées en RCA depuis que la crise actuelle a commencé il y a un an. Plus de 75 000 autres ont fui en exil.