Typhon Haiyan : Le soir, les lampes du HCR à énergie solaire facilitent la vie

Des milliers de familles utilisent les lampes du HCR à énergie solaire pour une meilleure sécurité à la nuit tombée et pour subvenir à leurs besoins. Le retour à une certaine normalité se fait progressivement.

Le HCR a distribué des milliers de lampes à énergie solaire aux personnes affectées par le typhon Haiyan, y compris cette famille dans le quartier de Barangay 89 à Tacloban.  © HCR/K.de Gruijl

TACLOBAN, Philippines, 12 décembre (HCR) - Des lampes à énergie solaire fournies par le HCR facilitent la vie des survivants, un mois après le passage du typhon Haiyan aux Philippines.

Une pénurie d'électricité frappe encore une grande partie de la région sinistrée mais, dans les zones où le HCR a distribué les lampes solaires à 6 000 familles, les nuits se sont égayées.

Samedi soir, Mila Batica, âgée de 47 ans, était encore en train de laver des vêtements à l'extérieur de sa tente - également fournie par le HCR - à Barangay 89, l'un des villages côtiers les plus durement touchés près de Tacloban.

Le mari de Mila Batica est charpentier. On ne l'attendait pas avant une heure tardive de la soirée. Elle avait donc encore le temps de cuisiner pour sa famille - à la lueur de la lampe reçue plus tôt dans la journée. « Désormais, nous prendrons notre repas du soir tous ensemble. C'est ce que nous faisions avant le typhon », déclare cette mère de sept enfants.

La nuit tombe à 17h30. Avant que le HCR n'ait distribué des lanternes, il n'y avait aucune lumière dans les maisons de fortune et les tentes à Barangay 89, depuis que le typhon Haiyan avait frappé la région avec des pointes de vent à 315 km/h. Ce fut le cyclone le plus fort qui ait jamais enregistré sur notre planète.

« Des problèmes pouvaient alors survenir, les communautés se sentent en danger sans éclairage », déclare Arjun Jain, le responsable de l'équipe d'urgence du HCR qui a été parmi les premières agences humanitaires à répondre à l'appel à l'aide des autorités.

« L'idée derrière ces lanternes solaires est de retrouver peu à peu une vie normale pour ces communautés afin que les gens puissent se sentir davantage en sécurité. Les enfants peuvent jouer et les parents continuent leur travail après la tombée de la nuit », explique-t-il. « Vous voyez des familles se réunir la nuit, ce qu'ils ne pouvaient plus faire auparavant. »

Les pêcheurs utilisent des lanternes pour attraper le poisson et les homards dans la région, où la pêche est l'une des principales sources de revenu.

« Les lampes sont un outil de protection », déclare Arjun Jain. « Elles peuvent empêcher les gens d'être harcelés quand, par exemple, ils vont aux toilettes. Ils s'équipent d'une lampe. Dans de nombreux cas, c'est là où ils sont le plus exposés à une possible exploitation. »

La lampe à énergie solaire fournit un éclairage durant six à huit heures. Elle permet aussi de charger les téléphones portables - utilisés par les personnes qui cherchent des emplois journaliers ainsi que les marchés les plus intéressants pour vendre le produit de leur pêche.

Dans le cadre de la réponse interinstitutions, le HCR prévoit de distribuer encore 13 000 autres lampes à énergie solaire parallèlement aux articles domestiques, et ce en appui au Service gouvernemental philippin pour la protection sociale et le développement.

Le typhon a affecté environ 14 millions de personnes. Plus de 1,1 million de maisons ont été totalement ou partiellement détruites.

Selon les autorités, un peu moins de 100 000 Philippins vivent toujours dans 385 centres d'hébergement. La majorité des déplacés sont retournés dans leurs communautés dévastées et ont construit des maisons de fortune. Le gouvernement travaille à la réhabilitation et au relèvement initial. Le HCR et d'autres institutions d'aide humanitaire appuient les autorités pour décongestionner, avant la rentrée scolaire, les locaux des écoles qui sont actuellement utilisés comme centres d'hébergement.

A ce jour, le HCR a fourni une aide d'urgence à 183 000 personnes, avec notamment des bâches en plastique et des tentes familiales. Ces abris temporaires se sont multipliés alors que des montagnes de débris sont éliminées, ce qui montre peu à peu un semblant de normalité.

Le HCR a déjà monté 2 000 tentes dans des zones durement touchées. Les autorités cherchent des sites de réinstallation plus loin des côtes et comptent ériger plus de 10 000 tentes dans les prochaines semaines, en coopération avec les services gouvernementaux et les agences d'aide pour l'hébergement.

« De même que les lampes à énergie solaire, les tentes, même en tant qu'hébergement temporaire, aident à retrouver un sentiment de normalité », déclare Arjun Jain. « C'est une petite étape, mais je pense qu'elle est importante. La confiance se rétablit peu à peu dans les communautés. Je pense que le fin mot est la dignité. Vous pouvez la ressentir dans les familles. Vous pouvez la ressentir dans les communautés. Plus rien ne sera pareil qu'avant le cyclone, mais c'est un début de retour vers une vie normale. »

Par Fernando Del Mundo, à Tacloban, Philippines