HCR - déclaration sur la toute dernière tragédie maritime au large des côtes grecques

Le HCR est consterné après avoir appris la nouvelle du naufrage, ce matin, d'un bateau au large des côtes grecques, qui a causé la mort d'une femme et d'un enfant. On compte également 10 autres personnes portées disparues avec, parmi lesquelles, des enfants et des nouveau-nés.

Selon les témoignages de certains parmi les 16 rescapés et des garde-côtes grecs, l'embarcation transportait 26 Afghans et deux Syriens. Elle avait été interceptée dans le sud de la mer Egée peu après minuit, suite à une panne mécanique, alors qu'elle faisait route depuis la Turquie vers la Grèce. Le bateau, avec les 28 passagers encore à son bord, était remorqué par un bâtiment des garde-côtes grecs lorsqu'il a chaviré. Les rescapés se trouvent désormais sur l'île de Leros. Ils ont déclaré au HCR que leur bateau était remorqué en direction de la Turquie lorsqu'est survenu le naufrage.

« Le HCR exhorte les autorités à enquêter sur cette tragédie pour comprendre comment des vies humaines ont pu être perdues, alors que le bateau était remorqué », a indiqué Laurens Jolles, le Représentant régional du HCR pour l'Europe du Sud. « De plus, les survivants doivent être transférés rapidement vers le continent pour recevoir une meilleure aide en réponse à leurs besoins. »

La tragédie d'hier est la première de ce type en 2014, et la toute dernière d'une série de récentes tragédies maritimes survenues en Méditerranée avec des victimes ou des rescapés tentant de rejoindre l'Europe à tout prix par la mer. Plus de 360 personnes avaient trouvé la mort le 3 octobre 2013 lors d'un naufrage au large de l'île italienne de Lampedusa. Plusieurs autres tragédies meurtrières avaient été également signalées les semaines suivantes.

Les traversées clandestines en Méditerranée comprennent toujours à la fois des migrants et des demandeurs d'asile mais les conflits en Syrie et dans la région de la corne de l'Afrique se reflètent dans la récente hausse des décès de personnes fuyant les pays générant des réfugiés.

En 2013, environ 40 000 personnes sont arrivées en Italie, à Malte et en Grèce après avoir traversé la Méditerranée clandestinement. Le chiffre pour 2011 était de plus de 60 000 durant la crise en Libye. Les traversées irrégulières par bateau se déroulent habituellement plutôt entre mars et octobre durant les saisons du printemps et de l'été. Cependant, en 2014, elles continuent durant les mois d'hiver, et ce malgré les conditions météorologiques fortement défavorables. En Italie seulement, plus de 1 700 personnes sont déjà arrivées par la mer.

Le HCR exhorte les gouvernements d'Etats européens ainsi que d'autres à joindre leurs efforts pour faire cesser les pertes en vies humaines parmi les personnes effectuant la traversée périlleuse de la Méditerranée et d'autres espaces maritimes frontaliers. Ceci sera possible en continuant de renforcer les opérations de recherche et de sauvetage ainsi que par la création d'alternatives en termes de migration régulière afin que des personnes fuyant leur pays n'aient plus recours aux dangereuses traversées clandestines.