Le HCR teste un nouveau système d'enregistrement biométrique dans un camp de réfugiés au Malawi

Des experts du HCR examinent les résultats de la phase de test d'un système de biométrie visant à être rapide, intuitif, sécurisé, durable et facile d'utilisation.

Une jeune réfugiée au camp de réfugiés de Dzaleka au Malawi, lors d'un scanner de son iris, dans le cadre d'un programme du HCR pour développer un système de biométrie à échelle mondiale.   © HCR/T.Ghelli

DZALEKA, Malawi, 22 janvier (HCR) - Le HCR a achevé la phase de test d'un nouveau système d'enregistrement biométrique dont l'objectif est de mieux enregistrer et protéger les personnes, de vérifier leur identité et de cibler l'aide selon les besoins des personnes déracinées dans les opérations à travers le monde.

L'outil de gestion de l'identification - actuellement développé par le HCR avec une entreprise du secteur privé - a été testé ici au camp de réfugiés de Dzaleka au Malawi le mois dernier. Il stocke les empreintes digitales, les données d'identification par l'iris et des photographies pour la reconnaissance faciale. Il comprendra une fonction d'urgence pour aider à dénombrer des populations au préalable avant l'enregistrement. Pour les réfugiés ne disposant d'aucun document d'identité, cela devient un acte d'état civil.

Des experts du HCR examinent actuellement les résultats de la phase de test et rédigent des recommandations pour améliorer le système, l'objectif étant de produire un système d'enregistrement biométrique pour le HCR qui soit rapide, intuitif, sécurisé, durable et facile d'utilisation dans des environnements variés et difficiles à travers le monde. Il devrait être prêt pour l'utilisation sur le terrain au second semestre 2014.

« L'expérience au Malawi va nous permettre de décider sur la poursuite du développement et le déploiement du nouvel outil de biométrie dans nos opérations à travers le monde », déclare Steven Corliss, directeur de la division du HCR pour le support et la gestion des programmes.

« Améliorer l'exactitude des données d'enregistrement est une priorité pour le HCR dans nos efforts pour aider les bénéficiaires du HCR à recommencer une nouvelle vie. Il est également très important pour les autorités des pays d'accueil », ajoute-t-il.

Lorsqu'il sera mis en oeuvre, ce système d'identification biométrique intégré fournira un appui à toutes les activités d'enregistrement, jouera un rôle de premier plan dans la mise en oeuvre de la nouvelle politique sur l'enregistrement biométrique des réfugiés et la vérification de leur identité, publiée par l'organisation en 2010.

La phase de test du nouveau système à Dzaleka a duré un mois. Les quelque 17 000 réfugiés ont procédé, auprès du personnel du HCR dans le centre d'enregistrement du camp, à la vérification de leurs données individuelles. Ils ont fait enregistrer leurs données biométriques, avec les empreintes digitales ainsi que les images de leur visage et le scanner de leur iris.

« Cela a toujours été problématique pour les autorités d'établir qui est qui dans le camp. C'est donc un bon moyen de répondre à ce défi », déclare un fonctionnaire malawien.

L'équipe du HCR chargée de ce test à Dzaleka a été confrontée à d'importants défis logistiques et techniques pour assurer la distribution d'électricité et l'accès à Internet, ainsi que l'exploitation et la maintenance de ces équipements de pointe pour l'enregistrement des données biométriques.

Une campagne d'information expliquant aux réfugiés les tenants et les aboutissants de cette phase de test s'est révélée cruciale pour son succès. « Le plus grand défi a consisté à convaincre les réfugiés de s'enregistrer, car ils n'étaient pas sûrs de l'objectif global de l'exercice. Mais une fois que nous leur avons expliqué, ils ont adopté ce projet et se sont présentés massivement », déclare Kelvin Sentala, employé du HCR sur le terrain au Malawi.

Les réfugiés interrogés par le HCR ont fait part de leur appréciation sur le fait que le HCR dispose désormais d'un enregistrement permanent de leur identité. De nombreux réfugiés perdent leurs documents lors de la fuite en exil depuis leur pays, ce qui peut leur causer des problèmes plus tard et restreindre leur accès à l'aide et à la protection. « J'existe désormais. Je suis enregistré auprès des Nations Unies et vous saurez toujours qui je suis », déclare Olivier Mzaliwa, un réfugié congolais de 43 ans, se faisant l'écho de ce que pensent les autres réfugiés.

Le Malawi accueille actuellement quelque 17 000 réfugiés et demandeurs d'asile, principalement originaires de la région des Grands Lacs et de l'Afrique de l'Est.

Par Tina Ghelli au camp de réfugiés de Dzaleka, Malawi