Le HCR exhorte au maintien de la protection internationale pour les demandeurs d'asile somaliens

Le HCR souligne le besoin de traiter les demandes d'asile des Somaliens originaires du sud et du centre de la Somalie sur la base d'informations fiables et récentes.

Des femmes réfugiées somaliennes dans une file d'attente pour une distribution de bois de chauffe, au nord-est du Kenya.   © HCR/K. McKinsey

GENEVE, 28 janvier (HCR) - Le HCR a publié mardi une mise à jour des lignes directrices sur les besoins en matière de protection internationale pour les personnes ayant fui le sud et le centre de la Somalie. « Bien que la sécurité se soit améliorée dans certaines régions du centre et du sud de la Somalie, le conflit armé continue », a indiqué Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR. L'insécurité généralisée et des abus des droits humains poussent toujours des Somaliens à quitter leur pays. Plus de 42 000 Somaliens ont trouvé asile dans les pays voisins et ailleurs en 2013.

Ces nouvelles lignes directrices du HCR soulignent le besoin pour les autorités des pays d'accueil de traiter les demandes d'asile des Somaliens originaires du sud et du centre de la Somalie sur la base d'informations fiables et récentes concernant la situation à Mogadiscio et dans d'autres régions. Il faut tenir compte de l'impact du conflit armé sur les civils.

« Nous appelons tous les Etats à respecter leurs obligations internationales en ne procédant pas à des retours forcés. Les ressortissants somaliens ne devraient pas être expulsés vers la Somalie, en cas de risque de persécution dans le pays d'origine », a indiqué Fatoumata Lejeune-Kaba aux journalistes.

Le centre et le sud de la Somalie demeurent des régions dangereuses. Bien qu'il n'existe pas de statistiques complètes sur le bilan de ce conflit, les données compilées par ACLED, un groupe de recherche, montrent qu'il y a eu davantage de victimes en 2012 et début 2013 par rapport à 2011. Le nombre mensuel de décès varie entre 100 et 600 personnes. En juin 2013, de violents combats ont fait 314 blessés dans la seule ville de Kismayo.

Les civils risquent d'être tués ou blessés dans des tirs croisés entre les forces gouvernementales et les militants d'Al-Shabaab, ainsi que par des attaques à la bombe et en tant que victimes collatérales d'attaques ciblées. Même à Mogadiscio, théoriquement sous le contrôle du gouvernement avec le soutien de la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM), Al-Shabaab a souvent démontré sa capacité à mener des attaques meurtrières.

En raison de la poursuite des combats et des violations des droits humains, des milliers de civils continuent à être déplacées à l'intérieur et à l'extérieur de la Somalie. Plus de 57 800 personnes sont devenues des déplacés dans le sud et le centre de la Somalie entre janvier et septembre 2013.

Au 1er octobre 2013, le nombre de personnes déplacées internes dans cette région de la Somalie a été estimé à 893 000, sur un total de 1,1 million de déplacés dans tout le pays. Les femmes déplacées sont particulièrement vulnérables, avec des informations répétées faisant état de viols et de leurs auteurs demeurant impunis.

Entre janvier et novembre 2013, 21 517 Somaliens ont rejoint des pays voisins en quête d'asile. De plus, des Somaliens ont déposé 20 600 demandes d'asile dans 44 pays industrialisés en 2013, par rapport à 18 701 requêtes déposées en 2012. Alors que plus de 33 000 retours spontanés ont été enregistrés entre janvier et novembre 2013, beaucoup pourraient ne pas être permanents. À la fin 2012, le nombre de réfugiés somaliens à travers le monde s'élevait à 1,136 million.

De nouvelles lignes directrices du HCR sur les besoins de protection internationale des personnes fuyant le sud et le centre de la Somalie décrivent les profils à risque. Les demandes d'asile déposées par des Somaliens ayant l'un de ces profils exigent un examen tout à fait attentif.

« Nous considérons que les options sont limitées pour les Somaliens en termes de protection contre les persécutions ou les atteintes graves au sein du Sud et la Somalie centrale. C'est particulièrement vrai pour de vastes régions demeurant sous contrôle d'Al-Shabaab et de ses alliés. Parallèlement, à Mogadiscio, la protection des personnes risquant la persécution aux mains d'Al-Shabaab est généralement impossible », a indiqué Fatoumata Lejeune-Kaba.

Les nouvelles lignes directrices sur la Protection internationale à l'égard de personnes fuyant le sud et le centre de la Somalie sont disponibles sur Internet à l'url suivante : http://www.refworld.org/docid/52d7fc5f4.html