Après le regain de tensions en RCA, près de 9 000 personnes fuient au Cameroun

Des milliers de personnes ont rejoint la ville de Kentzou à l'est du Cameroun. La plupart sont des Centrafricains. Il y a aussi des Tchadiens, des Camerounais, des Nigérians et des Maliens.

Des milliers de déplacés centrafricains se trouvent à l'aéroport de Bangui. Beaucoup parmi les nouveaux arrivants dans l'est du Cameroun disent avoir fui la ville de Bangui pour échapper aux violences.   © HCR/B.Ntwari

GENÈVE, 7 février (HCR) - Le HCR a indiqué vendredi que des milliers de personnes ont fui ces dix derniers jours en quête de sécurité vers le Cameroun pour échapper aux violences en République centrafricaine.

La porte-parole du HCR Fatoumata Lejeune-Kaba a indiqué aux journalistes à Genève que quelque 8 762 personnes de diverses nationalités avaient traversé la frontière vers la ville de Kentzou dans l'est du Cameroun, principalement des Centrafricains (4 764) mais aussi des ressortissants d'autres pays comme le Tchad (3 424), le Cameroun (1 497), le Nigéria (43) ou le Mali (10). Ce tout dernier afflux porte le nombre de réfugiés centrafricains au Cameroun à plus de 20 000 depuis l'éruption des combats.

« Les nouveaux arrivants ont déclaré aux employés du HCR qu'ils avaient fui les affrontements entre les miliciens ex-Séléka et les anti-Balaka à Bangui, la capitale, et dans d'autres villes au nord-ouest du pays comme Bour, Baboua, Beloko et Cantonnier. Par ailleurs, des personnes ont également fui d'intenses combats aux alentours de Berberati, Carnot, Baoro et Gambala. D'autres encore ont fui car ils craignaient l'avancée de miliciens anti-Balaka vers leurs régions », a déclaré Fatoumata Lejeune-Kaba.

Les Centrafricains enregistrés par le HCR en tant que réfugiés sont principalement des femmes et des enfants. On compte parmi eux 43 femmes enceintes, 50 mères allaitantes et 89 personnes handicapées ayant besoin d'une attention particulière. « La majorité d'entre eux sont des musulmans disant craindre pour leur sécurité en raison de leur sympathie ressentie pour les Séléka de majorité musulmane », a ajouté Fatoumata Lejeune-Kaba.

Les conditions de vie sont précaires pour les nouveaux arrivants. Ils sont hébergés par des familles démunies de la communauté locale. D'autres vivent dans des mosquées, un stade ou dans la rue. Le HCR procède actuellement au réaménagement d'un camping voisin alloué par les autorités et prévoit d'y transférer les réfugiés d'ici la fin de la semaine prochaine.

Fatoumata Lejeune-Kaba a indiqué que le HCR avait contacté diverses ambassades pour qu'elles prennent en charge des citoyens d'autres nationalités. Avant la crise actuelle, le Cameroun accueillait déjà 92 000 réfugiés centrafricains arrivés depuis 2004 pour échapper à des groupes rebelles et à des bandits dans le nord de leur pays.

Les personnes fuyant les récentes violences intercommunautaires en RCA rejoignent également la République démocratique du Congo. Depuis samedi, la RDC a reçu plus de 1 500 réfugiés et davantage encore arrivent chaque jour. Ils arrivent depuis des régions demeurant sous le contrôle des Séléka qui, selon eux, commettent des abus contre les civils.

Avec les toutes dernières arrivées, on compte désormais plus de 60 000 réfugiés centrafricains ayant demandé l'asile en RDC, en raison des atrocités commises par les Séléka dans les premiers temps du conflit, et plus récemment en raison de combats récurrents ainsi que d'attaques aveugles perpétrées par des foules de musulmans ou de chrétiens portant des armes. Depuis le début du conflit en décembre 2012, près de 246 000 civils centrafricains sont devenus des réfugiés dans la région.

Près de 840 000 personnes demeurent également déplacées à l'intérieur de la RCA. Sans perspective immédiate pour leur retour et avec l'arrivée imminente de la saison des pluies, le HCR craint une dégradation de la crise humanitaire. Ils vivent dans des sites de fortune surpeuplés qui manquent d'installations sanitaires. Il existe un risque élevé de choléra et d'autres problèmes de santé publique, notamment à Bangui où 413 000 personnes vivent toujours dans des sites de fortune.