Le HCR délivre aux réfugiés syriens au Liban des cartes de retrait bancaire

Le HCR distribue de l'argent en espèces via des cartes de retrait pour aider des familles réfugiées syriennes à s'équiper contre les conditions hivernales au Liban.

Un réfugié syrien utilise une carte de retrait délivrée par le HCR pour retirer de l'argent au Liban. Les cartes de retrait sont allouées pour aider les réfugiés à s'équiper contre les conditions hivernales.  © HCR/A.McConnell

RMEILEH, Liban, 13 février (HCR) - Les conditions météorologiques étaient probablement la dernière des préoccupations pour Nouk Qamber quand elle a fui les violences en Syrie en quête de refuge au Liban voisin. Mais elles le sont rapidement devenues lorsque l'un des pires hivers jamais observés depuis des années a frappé le Liban en décembre dernier, avec des températures glaciales, de la neige et de la pluie.

Heureusement, cette mère de quatre enfants, qui vit dans l'une des trois petites installations de réfugiés à Rmeileh au Liban, avait reçu une carte de retrait qui était chargée de suffisamment de crédit pour payer des appareils de chauffage et du fuel afin de maintenir sa famille au chaud. « J'ai vraiment profité de la carte de retrait », a déclaré la jeune femme âgée de 24 ans.

Les cartes de retrait sont habituellement utilisées par le HCR pour aider des réfugiés vivant principalement en milieu urbain ailleurs dans le monde, y compris en Jordanie voisine. Mais, cet hiver, c'est la première fois qu'il y a eu une utilisation généralisée au Liban, qui abrite le plus grand nombre de réfugiés syriens. Le HCR a distribué des cartes de retrait qui bénéficient au total à 450 000 personnes dans le cadre du programme, d'un montant de 138 millions de dollars, pour l'équipement contre les conditions hivernales.

Chaque carte est créditée de la somme de 50 dollars qui permet d'acheter un petit radiateur. Le crédit est rechargé chaque mois de la somme de 100 dollars pour acheter du fuel et d'autres équipements contre les conditions hivernales. Les titulaires de cette carte comme Nouk peuvent prévoir leurs dépenses et s'acheter d'autres produits de première nécessité comme des vivres auprès d'un vendeur local de légumes. « Je préfère de loin recevoir une aide en espèces », explique Nouk. « Nous achetons beaucoup de produits pour la maison, y compris des vivres. »

Rmeileh est une petite station balnéaire située au sud de Beyrouth. Toutefois, sur une petite colline située non loin, nichés dans chaque espace libre, il y a des abris de fortune abritant des réfugiés syriens. Des murs en blocs de béton montés à la hâte sont complétés de bâches en plastique et de morceaux de carton ficelés sur l'ossature de chaque bâtisse. Les résidents de ces maisons décorent fièrement leur intérieur de vieux rideaux, de fleurs de soie et d'autres objets qu'ils ont apportés depuis la Syrie ou qu'ils ont trouvés.

Ces petites installations informelles abritent principalement des résidents de longue date dont beaucoup, comme Nouk, se trouvent au Liban depuis pratiquement le début de la crise syrienne en mars 2011. « Il y avait de violents bombardements... mes enfants sont petits, nous avions peur et nous sommes partis », ajoute-t-elle pour expliquer le départ depuis son pays natal.

L'installation est éloignée des services et des magasins. Les habitants de Rmeileh achètent leur nourriture à un épicier qui passe tous les jours avec sa camionnette remplie de produits. Les résidents font leurs emplettes à l'arrière de cette camionnette.

Le HCR et ses partenaires ont identifié les familles qui vivent dans des conditions précaires comme celle de Nouk. Ils leur distribuent du matériel pour se protéger contre les conditions hivernales. Nour Fakih, employée du HCR sur le terrain, explique : « Nous avions entendu que l'hiver serait rigoureux. Nous devions agir rapidement. » Quelque 800 000 réfugiés syriens sont dispersés dans plus de 1 500 localités à travers le Liban, dont beaucoup se trouvent en altitude au nord du pays et dans la plaine de la Bekaa où il fait plus froid.

Les familles syriennes, qui n'avaient jamais eu auparavant de carte de retrait automatique, reçoivent une formation de 25 minutes sur la façon de l'utiliser et la destination des fonds. Il y a deux lignes téléphoniques dirigées vers un centre d'appel qui répond aux questions concernant essentiellement le code PIN et des cartes perdues ou égarées.

La réponse des titulaires de carte a été positive, explique Nour Fakih. « Lorsque nous avons rencontré les familles après qu'elles aient utilisé les cartes, nous leur avons demandé : « Comment ça s'est passé pour vous ? Beaucoup n'en avaient jamais utilisé auparavant et ont demandé à leurs nouveaux voisins libanais de leur en expliquer son fonctionnement. »

Auparavant, l'aide avait été distribuée sous forme de marchandises ou de bons. Mais pour les recevoir, les résidents devaient se rendre dans un centre de collecte ou à un point de distribution. De plus, les bons ne sont pas transférables et permettent d'acheter seulement certains produits. Des cartes de retrait automatique peuvent être chargées automatiquement. Cela facilite l'assistance ciblée, en particulier en milieu urbain où les réfugiés sont dispersés géographiquement.

Abou Ahmed, père de six enfants, vit à quelques pas de chez Nouk. Il est d'accord sur le fait que les cartes sont bien plus pratiques : « La carte de retrait est une véritable aide », explique-t-il. « C'est beaucoup mieux et il y a beaucoup moins de tracas. »

Par Emma Beals à Rmeileh, Liban