Le HCR lance une mise en garde contre les retours forcés au Soudan du Sud

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Melissa Fleming – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 14 février 2014 au Palais des Nations à Genève.

Hier, le HCR a publié une Recommandation aux Etats de ne pas procéder à des retours forcés de Sud-Soudanais qui fuient le conflit actuel ayant déjà déraciné environ 870 000 personnes.

Depuis la mi-décembre 2013, le conflit a déraciné 738 000 personnes au sein même du Soudan du Sud et 130 400 autres qui ont fui vers les pays voisins, principalement en Ethiopie, au Kenya, au Soudan et en Ouganda. Près de 60% des personnes déplacées internes ont trouvé refuge dans ou à la périphérie des bases des Nations Unies au Soudan du Sud.

Le conflit a commencé le 15 décembre avec un échange de tirs à Juba, la capitale, entre la garde présidentielle et des soldats fidèles à l'ancien Vice-Président, Riek Machar. Peu après, la confrontation s'est transformée en violence généralisée à travers tout le Soudan du Sud, où la situation politique et sécuritaire reste instable malgré la signature d'un accord de cessation des hostilités en date du 23 janvier 2014.

Le HCR se félicite de la décision de la plupart des gouvernements de la région qui octroient le statut de réfugiés prima facie aux personnes ayant fui le Soudan du Sud, et l'institution les remercie pour leur aide généreuse et leur coopération avec le HCR et d'autres agences d'aide humanitaire. Le HCR encourage les autres pays à faire de même et à faciliter l'accès humanitaire ainsi que l'acheminement et la distribution d'aide.

Compte tenu de la poursuite des violences et d'après les lignes directrices du HCR, les personnes qui fuient le Soudan du Sud sont susceptibles de remplir les critères sur le statut de réfugié selon la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, ou la Convention de l'OUA régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique. L'OUA, l'Organisation de l'Union africaine, est l'instance continentale qui a été rebaptisée Union africaine.

Par conséquent, le HCR recommande aux Etats de ne pas procéder à des retours forcés de ressortissants ou de résidents du Soudan du Sud vers ce pays, sauf dans les cas où les personnes auraient commis de graves violations des droits humains.

La Recommandation du HCR contre les retours forcés au Soudan du Sud demeure applicable jusqu'à ce que la sécurité, l'ordre et le respect des droits humains s'améliorent au point de permettre des retours dans la sécurité et la dignité.