Le HCR appelle à protéger 15 000 personnes directement menacées en République centrafricaine

Le HCR est vivement préoccupé par la situation des civils, tout particulièrement dans le quartier PK12 à Bangui ainsi que dans les villes de Boda, Bouar et Bossangoa.

A Bangui, un homme et son enfant traversent un site bondé où sont accueillies des personnes déplacées internes. Dans la capitale, de nombreux civils encourent un risque aigu de subir une attaque.   © HCR/S.Phelps

BANGUI, République centrafricaine, 25 février (HCR) - Le HCR a appelé mardi à améliorer la situation de sécurité en République centrafricaine afin de protéger plus de 15 000 personnes dans 18 localités actuellement encerclées et menacées par des groupes armés au nord-ouest et au sud-ouest du pays. « Ces populations encourent un risque très élevé d'attaques et elles ont d'urgence besoin d'une amélioration de la situation de sécurité », a indiqué Adrian Edwards, porte-parole du HCR, en faisant référence au suivi mené par le HCR et ses partenaires.

Bien que les violences aient frappé toutes les communautés en République centrafricaine, la plupart des civils actuellement pris au piège sont des musulmans menacés par des miliciens anti-balaka. « Parmi les zones particulièrement préoccupantes, il y a notamment le quartier PK 12 à Bangui ainsi que les villes de Boda, Bouar et Bossangoa », a déclaré Adrian Edwards.

Des civils sont pris pour cible pour des motifs religieux depuis septembre 2013, et cela concerne à la fois les communautés chrétiennes et musulmanes. Dans des localités comme Paoua et dans certains quartiers de Bangui, les communautés continuent de vivre et de travailler ensemble. Cependant, des atrocités sont fréquemment commises.

Samedi, trois musulmans auraient été tués dans un quartier de Bangui près de l'aéroport. La semaine dernière, un convoi transportant des personnes fuyant un lieu assiégé dans le quartier PK12 a été attaqué par des miliciens anti-balaka. Les 21 hommes transportés dans ce convoi ont été tués, laissant 119 enfants et 19 femmes apeurés qui ont fui vers un village voisin. Récemment à Boali, au nord de Bangui, la capitale, une attaque commise par des milices anti-balaka a causé la mort de 11 personnes. Les 800 rescapés traumatisés ont trouvé refuge dans une église où ils sont, depuis, hébergés par le prêtre et protégés par les forces internationales.

Le HCR et ses partenaires répondent à ces situations via la protection par la présence, l'aide humanitaire, le plaidoyer pour des mesures de protection et, dans des cas exceptionnels, par l'organisation du transfert de communautés vers des lieux sûrs. Mais les efforts humanitaires à eux seuls ne suffisent pas pour résoudre cette crise.

« Nous réitérons notre appel à tous les éléments armés pour qu'ils cessent les attaques contre les civils. Nous demandons également le déploiement de davantage de troupes internationales car le nombre de celles qui se trouvent actuellement sur place est beaucoup trop faible, compte tenu de la taille du pays et de l'ampleur de la crise », a indiqué le porte-parole.

Le nouveau Gouvernement de RCA a besoin d'un soutien urgent pour faire appliquer efficacement la loi, en particulier via le déploiement de forces de police et le rétablissement d'un système judiciaire pour mettre fin à l'impunité. Les milices armées doivent être désarmées, démobilisées et, quand cela sera possible, réinsérées dans la société.

Une action rapide pour le développement est également nécessaire pour permettre aux personnes déplacées de retrouver un environnement plus stable et pour un retour à la normale de la vie économique et sociale. Depuis décembre 2012, la violence et l'instabilité ont forcé près d'un million de personnes à fuir au sein de la République centrafricaine et vers les pays voisins, le Cameroun, le Tchad, la République démocratique du Congo et le Congo. Plus de 700 000 personnes sont déplacées à l'intérieur de la RCA, y compris à Bangui où environ 273 000 personnes sont dispersées sur 66 sites, alors que plus de 288 000 personnes ont fui vers les pays voisins.

Par Dalia Al Achi à Bangui, République centrafricaine