Le HCR exhorte à aider davantage les réfugiés centrafricains et sud-soudanais

Les crises au Soudan du Sud et en République centrafricaine ont toutes deux causé l'un des plus importants déplacements de populations en Afrique pour ces dernières années.

Une déplacée centrafricaine fait le point sur sa situation là où elle a trouvé refuge, dans une église de Boali, une ville au nord de Bangui. Comme d'autres personnes dans sa situation, elle a besoin de l'aide de la communauté internationale.   © HCR/A.Greco

GENÈVE, 4 mars (HCR) - Le HCR a fait part de sa préoccupation croissante sur les besoins immédiats des réfugiés centrafricains et sud-soudanais arrivant dans les pays voisins, en particulier au Tchad, au Cameroun et en Ethiopie.

« Nous appelons nos partenaires et les gouvernements de ces pays à aider à accélérer l'aide à ces populations qui, bien que relativement limitées en nombre, ont néanmoins d'urgence besoin d'assistance », a indiqué Melissa Fleming, porte-parole du HCR, aux journalistes à Genève.

Les crises au Soudan du Sud et en République centrafricaine (RCA) ont toutes les deux causé - pour ces dernières années - l'un des plus importants déplacements de populations en Afrique, tant des réfugiés que des déplacés internes. Plus de 1,8 million de personnes dans la région sont déracinées avec très peu de capacités pour leur venir en aide.

Au Soudan du Sud, il y a près de 740 000 personnes déplacées internes. Par ailleurs, 196 000 réfugiés sud-soudanais se trouvent dans des pays voisins. Selon les Nations Unies, d'ici juin, jusqu'à 3,2 millions de personnes pourraient avoir besoin d'aide humanitaire. L'approvisionnement en vivres constitue déjà un problème.

En République centrafricaine, on compte un peu plus de 700 000 déplacés internes. Par ailleurs, 290 000 réfugiés centrafricains ont rejoint d'autres pays. Plus de la moitié sur 4,6 millions de personnes ont actuellement besoin d'une aide humanitaire.

« Au Tchad, au Cameroun, en Ethiopie et dans d'autres pays où sont arrivés des réfugiés, l'effort d'aide pour ces personnes ayant fui des conflits doit s'intensifier de toute urgence », a déclaré Melissa Fleming.

Au Cameroun, quelque 30 820 réfugiés sont déjà arrivés en 2014 depuis la République centrafricaine et ils sont confrontés à des pénuries d'eau potable, de vivres et d'abri. Beaucoup sont physiquement en mauvaise santé. Ils souffrent de paludisme, de diarrhées et d'infections respiratoires contractées durant la période où ils se cachaient dans la brousse en RCA.

« Beaucoup d'enfants âgés de moins de cinq ans souffrent, à divers degrés, de malnutrition qui est également liée à une pénurie de vivres en RCA. Les communautés locales sont également mises à rude épreuve du fait de l'afflux. Une aide est également nécessaire pour eux », a déclaré Melissa Fleming.

Elle a noté qu'au sud du Tchad, quelque 8 000 réfugiés centrafricains se trouvent dans la région de Sido. Beaucoup sont sans abri et campent en plein air sous les arbres. Le manque d'eau potable et de latrines est problématique. « Les camps de réfugiés existants dans cette région du Tchad sont saturés avec les nouvelles arrivées. Le HCR plaide auprès du gouvernement pour identifier un nouveau site où nous pouvons mieux répondre aux besoins des réfugiés, notamment pour l'alimentation, l'eau potable, les latrines et les services de santé », a expliqué Melissa Fleming.

En Ethiopie, le personnel du HCR sur le terrain a vu des réfugiés arriver en très mauvaise santé en raison du manque de nourriture à l'intérieur du Soudan du Sud et des longues distances que beaucoup ont effectuées à pied avant de rejoindre les zones frontalières de Pagak et d'Akobo. Une évaluation médicale menée la semaine dernière a révélé que 27,7 pour cent des enfants souffraient de malnutrition aiguë globale et 11,1 pour cent de malnutrition aiguë sévère.

« Avec nos partenaires, nous avons immédiatement mis en place un programme d'alimentation complémentaire pour les enfants de moins de cinq ans ainsi que les femmes enceintes et allaitantes », a indiqué Melissa Fleming. « Le nombre croissant de nouveaux arrivants met à rude épreuve les ressources humanitaires disponibles. »

Pendant ce temps, le financement des situations d'urgence pour la République centrafricaine et le Soudan du Sud reste bien inférieur aux besoins. Concernant la République centrafricaine, les Nations Unies recherchent, pour l'année 2014, la somme de 551 millions de dollars. Sur cette somme, les besoins du HCR s'élèvent à 112 millions de dollars et seulement neuf pour cent de ce montant a déjà été reçu. Concernant le Soudan du Sud, les Nations Unies recherchent 1,27 milliard de dollars pour la période d'ici juin 2014. La part du HCR s'élève à 55 millions de dollars et elle est financée seulement à hauteur de 12,4 millions de dollars.