Des milliers de déplacés, certains pour la seconde fois, par le conflit dans une province d'Iraq

La semaine dernière, le nombre de personnes déplacées dans et autour de la ville de Heet s'est encore accru et atteint désormais entre 25 000 et 30 000 personnes.

Cet enfant fait la sieste à Al Qaim dans le gouvernorat d'Anbar, à l'ouest de l'Iraq. Il a fui ici avec sa mère ainsi que ses frères et soeurs pour échapper à la violence à Anbar, qui entre dans son troisième mois.   © HCR/N.Prokopchuk

GENÈVE, 7 mars (HCR) - Le HCR a indiqué vendredi que la poursuite des combats dans la province d'Anbar à l'ouest de l'Iraq, a forcé des milliers de nouveaux déplacés à rechercher la sécurité. Les personnes affectées sont dispersées à travers la province. Elles se dirigent toujours plus vers l'ouest après avoir quitté des localités qui sont désormais également en proie aux violences.

« La semaine dernière, le nombre de déplacés dans et autour de la ville de Heet - qui est située au nord-ouest [de la ville] de Ramadi - s'est accru et atteint désormais entre 25 000 et 30 000 personnes », a indiqué Adrian Edwards, le porte-parole du HCR, aux journalistes à Genève.

Ailleurs à Anbar, une mission interagence menée cette semaine par le HCR, le Programme alimentaire mondial et l'UNICEF a évalué les conditions de vie et les besoins des personnes déplacées à Al-Obaidy, à environ 450 kilomètres au nord-ouest de Bagdad dans la région d'Al Qaim.

Du fait de la dégradation de la situation de sécurité, la mission a été forcée de reporter une partie de son évaluation sur le terrain. Le district d'Al Qaim accueille également 5 000 réfugiés syriens, dont environ 2 000 d'entre eux se trouvent au camp d'Al Obaidy alors que d'autres sont hébergés au sein de la communauté hôte. L'équipe s'est entretenue avec des personnes déplacées dans des logements temporaires et deux centres collectifs de la ville d'Al-Obaidy.

Les membres de l'équipe ont identifié un grand nombre de personnes ayant des besoins spécifiques, particulièrement les familles dirigées par une femme avec un grand nombre d'enfants. Par exemple, trois familles dirigées par des femmes vivent à l'étroit dans une seule petite maison avec 13 enfants.

Alors que les communautés locales aident généreusement les personnes déplacées, tous ont besoin de nourriture et de soins de santé. Les familles qui vivent dans des maisons inachevées manquent de couvertures, de matelas, d'équipements de cuisine et de vêtements. Dans l'immédiat, le HCR distribue des colis d'aide à 300 familles auxquelles l'équipe a rendu visite.

« Les besoins humanitaires des personnes déplacées grandissent rapidement. Le déplacement prolongé exerce une pression à la fois sur les personnes déplacées et les communautés hôtes. Les ressources s'épuisent », a déclaré Adrian Edwards.

Le HCR et d'autres agences humanitaires reçoivent un nombre croissant de demandes d'aide humanitaire et de soutien. Le HCR et ses partenaires continuent leurs évaluations des besoins humanitaires. La pénurie de logement demeure actuellement un problème criant.

Près de Bagdad, la ville de Falloujah reste assiégée, les routes sont fermées et il y aurait une pénurie de carburant, de nourriture et d'autres articles de première nécessité. Des affrontements armés ont été signalés au nord, au sud et à l'est de Falloujah, et ce même pendant un cessez-le-feu de 72 heures décidé par les autorités iraquiennes la semaine dernière.

La situation à Ramadi demeure instable. Des bombardements et des affrontements ont continué ces derniers jours dans la ville et ses environs ruraux. Comme la situation se détériore dans les quartiers d'Al-Malab, Al-Bothaib et de la 20ème rue, de petits groupes d'habitants ont fui et se sont dirigés vers Heet. La communauté locale de Heet accueille les personnes déracinées, malgré la lourde charge portée sur l'infrastructure locale, le manque de logement et les services qui sont débordés. Le district accueille déjà quelque 11 250 familles déplacées.

Au nord-est d'Anbar, la première aide humanitaire acheminée par les Nations Unies a, ces derniers jours, atteint quelque 200 familles déplacées vivant dans des conditions désastreuses à Sulayman Beg, dans le gouvernorat de Salah Al-Din. Elles avaient fui les affrontements la semaine dernière dans le nord-est du gouvernorat.

Jeudi, le nombre de personnes déplacées à Anbar et dans les autres gouvernorats d'Iraq s'élevait environ à 380 000. Cela représente près de 64 000 familles, dont environ 42 000 d'entre elles se trouvent à Anbar, le plus grand gouvernorat d'Iraq.

Mercredi, le Ministère iraquien de la Migration et du déplacement ainsi que les Nations Unies ont lancé un plan stratégique pour répondre aux besoins humanitaires immédiats des personnes affectées par les combats à Anbar. Ce plan annonce également un appel de fonds d'un montant de 103,7 millions de dollars pour aider 240 000 personnes déplacées internes ainsi que les communautés d'accueil et les personnes prises au piège dans les zones touchées par le conflit.

Le HCR demande 26,3 millions de dollars pour répondre aux besoins humanitaires des personnes déplacées par la crise à Anbar pour les six prochains mois. Ces besoins sont pour le moment financés à hauteur de 11 pour cent seulement.