De nouvelles personnes fuient après les attaques meurtrières dans la région du lac Tchad au Nigéria

Le HCR est de plus en plus inquiet de l'impact humanitaire de la violence au nord-est du Nigéria. Interrogés par nos collaborateurs au Niger, des réfugiés arrivés récemment ont décrit les atrocités commises sur les îles et les rives du lac Tchad dans l'Etat de Borno, au nord-est du Nigéria. Une femme a déclaré avoir vu des cadavres éparpillés autour des maisons et flottant sur l'eau. Elle a ajouté que les habitants craignaient même de rester sur place pour enterrer leurs morts ou retrouver leurs proches disparus. D'autres personnes ont raconté qu'elles avaient fui leur village en pleine fusillade et que des femmes et des enfants étaient enlevés par des assaillants non identifiés.

Selon nos informations, les dernières attaques auraient commencé mi-février et se poursuivaient il y a cinq jours. Notre partenaire, le Comité international de secours (IRC), a indiqué que 2 000 personnes au total avaient franchi la frontière vers la région de Diffa au sud-est du Niger au cours des quatre dernières semaines. Outre les attaques sur le lac Tchad, certains réfugiés arrivés récemment provenaient de zones situées près de Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno, également touchées par les affrontements.

Le HCR rappelle à toutes les parties au conflit dans le nord-est du Nigéria l'importance vitale de protéger les civils contre le danger. L'insurrection actuelle dans les trois Etats du nord-est du Nigéria, Yobe, Adamawa et Borno, a déjà provoqué le déplacement de plus de 470 000 personnes à l'intérieur du pays. A cela s'ajoutent les réfugiés fuyant vers les pays voisins, Cameroun, Tchad et Niger.

Depuis que le Nigéria a déclaré l'état d'urgence en mai 2013 dans les Etats de Yobe, Adamawa et Borno, plus de 57 000 personnes ont fui vers les pays voisins, Cameroun, Tchad et Niger. Parmi eux, 17 000 sont enregistrés comme réfugiés nigérians. Les autres sont des ressortissants des pays voisins qui vivaient au Nigéria depuis des décennies.

Le Niger accueille la majorité d'entre eux - quelque 40 000 réfugiés concentrés dans la région de Diffa, un désert situé à l'est du pays.

Le HCR remercie le gouvernement du Niger pour sa politique d'ouverture des frontières aux personnes déplacées de force du Nigéria ainsi que la population locale qui partage ses maigres ressources avec un nombre croissant de réfugiés.