Récente tragédie dans le Golfe d'Aden : plus de 40 disparus, probablement noyés

Selon les informations du HCR, le bateau transportait 77 hommes, femmes et enfants originaires de Somalie et d'Ethiopie quand il a chaviré. Trente-trois personnes ont été secourues.

Sur cette photo datant de 2012, des employés d'un partenaire essentiel du HCR, l'organisation Society for Humanitarian Solidarity, aide des rescapés à atteindre les rives du Yémen.  © SHS

GENEVE, 11 mars (HCR) - Mardi, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés a annoncé que 44 personnes étaient portées disparues, probablement noyées, après le chavirage d'un bateau de passeurs au large des côtes du sud du Yémen, le pire incident du genre cette année selon le HCR.

Le porte-parole Adrian Edwards a déclaré que le HCR était « profondément attristé » par cet accident dans le Golfe d'Aden impliquant un bateau qui transportait des réfugiés et des migrants. Selon les informations du HCR, 77 hommes, femmes et enfants originaires de Somalie (31) et d'Ethiopie (46) se trouvaient à bord. « Trente-trois personnes ont été secourues, mais les 44 autres sont toujours portées disparues et risquent de s'être noyées », a indiqué Adrian Edwards.

Le bateau serait parti de Bossasso, au Puntland, sur la côte nord de la Somalie, vendredi dernier. Il a rencontré des vents forts et de hautes vagues au large de la côte du gouvernorat de Shabwa, au sud du Yémen. D'après l'un des rescapés, le bateau s'est rapidement rempli d'eau et a chaviré.

Dimanche matin, une patrouille maritime menée par le partenaire du HCR, l'organisation Society for Humanitarian Solidarity (SHS), a repêché un certain nombre de rescapés. Trente-deux personnes ont été recueillies en début d'après-midi et une autre plus tard dans la journée. Les autres passagers sont toujours portés disparus.

Adrian Edwards a précisé que tous les rescapés étaient des hommes, sauf un. Ils ont été ramenés vers le rivage à Majdaha par les employés de SHS et ont reçu des premiers secours, de la nourriture, de l'eau et des vêtements avant d'être emmenés dans un centre de transit. « Un homme de 45 ans originaire du sud de la Somalie a indiqué qu'il avait perdu ses deux enfants dans la tragédie, incapable de les retrouver dans le noir. La seule femme survivante a perdu sa fille, une adolescente. Elle a expliqué que les passeurs avaient refusé d'arrêter le bateau quand il a commencé à prendre l'eau », a ajouté Adrian Edwards.

Il s'agit de la plus grave tragédie impliquant des réfugiés et des migrants traversant la mer vers le Yémen depuis un an. Le nombre de personnes s'embarquant pour ce dangereux périple est en baisse. Il est passé de 107 532 arrivées en 2012 à 65 319 en 2013, et seules 2 717 personnes ont été signalées au cours des deux premiers mois de cette année.

« Les traversées se poursuivent néanmoins et continuent de faire des morts. Il faut donc exhorter toutes les parties prenantes - les gouvernements, les organisations internationales et régionales, les donateurs et la société civile - à élaborer des réponses globales afin de réduire et d'empêcher finalement ces voyages périlleux », a insisté Adrian Edwards.

Au cours des cinq dernières années, plus d'un demi-million de personnes (principalement des Somaliens, des Ethiopiens et des Erythréens) ont traversé les eaux dangereuses du Golfe d'Aden et de la Mer rouge pour atteindre le Yémen. Des mauvais traitements, des abus, des viols et des actes de torture commis par des réseaux de passeurs et de trafiquants sans scrupules sont dénoncés. Les bateaux effectuant la traversée vers le Yémen sont surchargés et, selon nos informations, des passeurs auraient jeté des passagers par-dessus bord pour éviter de chavirer ou d'être détectés. Les officiers de recherche et de sauvetage indiquent que cette pratique a fait des centaines de victimes sans papiers ces dernières années.

Le HCR recommande aux pays de la région de mettre en oeuvre des mesures permettant d'identifier les réfugiés et les autres personnes ayant des besoins de protection parmi celles qui prennent la mer. Le HCR appelle également les pays donateurs et les organisations de la société civile à s'impliquer davantage dans les questions de migrations mixtes dans la Corne de l'Afrique, afin d'améliorer les réponses humanitaires et de sauver des vies.

L'agence pour les réfugiés s'efforce d'améliorer les services offerts aux nouveaux arrivants en collaboration étroite avec le groupe de travail sur les migrations mixtes et d'autres partenaires - notamment le gouvernement du Yémen, les organisations internationales, les organisations non-gouvernementales nationales et les communautés d'accueil dans les lieux d'arrivée.