La violence à Bangui provoque de nouveaux déplacements en République centrafricaine

A Bangui, la violence s'intensifie avec des attaques contre les populations musulmanes et des troupes de l'Union africaine qui les protègent.

Ce déplacé a trouvé abri avec ses amis dans une église dans une ville au nord de Bangui.  © HCR/A.Greco

BANGUI, République centrafricaine, 1er avril (HCR) - Une nouvelle vague de violence s'est abattue sur Bangui cette semaine, forçant environ 16 000 personnes à fuir en quête de sécurité au sein de la République centrafricaine (RCA).

La capitale en proie aux violences a été le théâtre d'une intensification des attaques commises principalement par des milices anti-balaka sur les populations musulmanes et des troupes de l'Union africaine qui les protègent. Par ailleurs, la semaine dernière, à Bangui, un groupe de jeunes musulmans a attaqué des chrétiens durant une cérémonie de funérailles et ils ont tué 20 personnes parmi les présents.

Le renouveau des violences intercommunautaires a provoqué de nouveaux déplacements dans le pays et au-delà de ses frontières. Depuis les attaques dans la capitale en début de cette semaine, le nombre des personnes déplacées internes en RCA a augmenté et comprend désormais 637 000 individus, y compris 207 000 à Bangui. Ce chiffre représente une hausse d'environ 16 000 personnes.

Au pic de la crise, près d'un million de personnes étaient déplacées par les violences à l'intérieur de la République centrafricaine, y compris 700 000 à Bangui. Plus de 2 000 personnes ont été tuées dans le conflit entre les combattants seleka et anti-balaka depuis décembre 2013.

Les forces anti-balaka contrôlent les principales routes depuis et vers Bangui ainsi que beaucoup de villes et villages dans le sud-ouest du pays. Les anti-balaka menacent tout particulièrement les musulmans dans le quartier PK12 de Bangui, à Boda, Carnot et Berberati, dans l'ouest de Bangui et dans la ville de Bossangoa, plus au nord.

« Nous craignons pour la vie de 19 000 musulmans dans ces localités. Le HCR est prêt à aider à leur évacuation vers des zones plus sûres à l'intérieur ou à l'extérieur du pays », a déclaré la porte-parole du HCR Fatoumata Lejeune-Kaba aux journalistes à Genève mardi.

« Les représentants de la population musulmane à Boda ont indiqué à notre personnel la semaine dernière qu'ils se sentaient pris au piège et que la présence et la protection assurées par les troupes françaises les avaient jusqu'ici empêchés de se faire tuer. Ils ont ajouté que leur liberté de mouvement est restreinte et ils demandent un transfert vers un lieu plus sûr », a-t-elle ajouté.

Beaucoup de Chrétiens à Boda craignent également les miliciens anti-Balaka, qui opèrent en toute impunité.

Le HCR et ses partenaires s'apprêtent à envoyer du personnel vers cette zone cette semaine pour établir une présence humanitaire et livrer de l'aide aux personnes menacées à Boda et Carnot. Parallèlement, le HCR étudie la possibilité de leur réinstallation à Kabo et Moyen Sido dans le nord du pays.

La ville de Bemal, également au nord, a été identifiée pour y transférer des communautés menacées. Une mission conjointe du HCR et du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) s'y rend aujourd'hui pour discuter avec des jeunes de la région qui s'inquiètent de leur sécurité, en cas de transfert.

Parallèlement, les réfugiés, pour la plupart des musulmans, continuent d'affluer dans les pays voisins de la République centrafricaine. Ces trois derniers mois, plus de 82 000 Centrafricains ont trouvé refuge au Cameroun, en République démocratique du Congo, au Congo et au Tchad.