Arrivée de plus de 11 000 Sud-Soudanais en Ethiopie après la chute d'un bastion rebelle

Selon les réfugiés arrivés en Ethiopie, davantage encore sont en route. Beaucoup attendent du côté sud-soudanais de la frontière pour traverser le fleuve Baro.

A l'ouest de l'Ethiopie, des employés du HCR transportent un réfugié sud-soudanais blessé. Il avait fui en exil via le fleuve Baro pour échapper à la violence.  © HCR/L.Godinho

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 6 mai (HCR) - En Ethiopie, le HCR observe une hausse spectaculaire des arrivées de réfugiés ayant fui le conflit au Soudan du Sud, après la prise de Nasir, un bastion rebelle, par les forces gouvernementales, dans la région du Haut-Nil ce week-end.

« Ces dernières 72 heures, plus de 11 000 personnes ont traversé la frontière vers la ville éthiopienne de Burubiey, une petite communauté reculée sur la rive du fleuve Baro qui marque la frontière entre les deux pays », a indiqué Adrian Edwards, porte-parole du HCR.

« Les réfugiés nous expliquent que davantage de personnes sont en chemin. Beaucoup se sont regroupés du côté sud-soudanais de la frontière en attendant de traverser le fleuve par l'un des rares ferry boats. Selon les réfugiés nouvellement arrivés, tous de l'ethnie Nuer, des milliers d'autres fuient Nasir, parfois à 30 kilomètres de la frontière », a-t-il ajouté.

Les réfugiés sont enregistrés à leur arrivée et reçoivent les premiers soins, médicaux ou nutritionnels, ainsi que des articles de secours au centre de réception ouvert la semaine dernière par le HCR et l'organisme gouvernemental éthiopien chargé des réfugiés et des rapatriés (ARRA).

Le HCR et ses partenaires - y compris ARRA et la Croix-Rouge éthiopienne, MSF, le PAM, l'OIM - intensifient leur réponse, pour faire face à l'augmentation massive des nouveaux arrivants, dont certains sont blessés et ont besoin d'une aide médicale d'urgence, et également pour remédier aux conditions de surpeuplement.

« Des milliers de personnes attendent toujours d'être enregistrés. Nous transférons du personnel depuis le camp de réfugiés de Leitchuor, situé non loin, vers Burubiey pour les aider, tout en donnant la priorité aux personnes ayant d'urgence besoin de soins de santé et d'une assistance nutritionnelle. Nous acheminons également par avion du personnel additionnel et des articles de secours supplémentaires vers cette zone », a indiqué Adrian Edwards.

Une fois enregistrés, les réfugiés sont transférés vers le camp de réfugiés de Kule, qui se trouve à 250 kilomètres à l'est. La capacité d'accueil initiale de 40 000 réfugiés dans ce camp sera bientôt atteinte et un nouveau camp est établi à proximité pour héberger un autre groupe de 30 000 personnes.

L'OIM, un des partenaires du HCR, accroit également sa capacité pour transporter des personnes hors de la zone frontalière vers des camps formels. Les fortes précipitations peuvent désormais commencer à tout moment et cela deviendra difficile de transférer les réfugiés depuis Burubiey.

Les nouveaux arrivants sont en majorité des femmes et des enfants (plus de 70% d'entre eux). Toutefois, des hommes arrivent en nombre croissant. Plus de 110 000 réfugiés ont fui le Soudan du Sud vers l'Ethiopie depuis l'éruption de la violence en décembre dernier. Environ 102 000 personnes ont déjà passé le niveau 1 de l'enregistrement. Ils sont hébergés dans quatre camps gérés par le HCR et ARRA, à l'ouest de l'Etat régional de Gambella en Ethiopie.

Un autre groupe de 205 000 réfugiés a fui vers l'Ouganda (102 698), le Soudan (67 401) et le Kenya (34 770), alors qu'environ 923 000 personnes sont déplacées à l'intérieur du Soudan du Sud. Globalement, plus de 1,3 million de personnes sont déjà déracinées par la crise actuelle.

Parallèlement, l'appel de fonds interagence pour la situation d'urgence des réfugiés sud-soudanais reste sous-financé, avec seulement 14% des fonds reçus sur le total demandé de 370 millions de dollars.