Nouvelle tragédie en mer Rouge : 62 noyés lors d'une traversée meurtrière

Selon le HCR, les quatre premiers mois de 2014 ont vu l'arrivée de 16 500 réfugiés et migrants sur la côte yéménite, soit nettement moins que les 35 000 arrivants pour la même période en 2013.

Sur la côte au Yémen, des abris précaires et des bateaux échoués sur la rive après une traversée réussie depuis l'Afrique. Des milliers de personnes risquent leur vie pour traverser la mer Rouge.  © Jacob Zocherman

GENEVE, 6 juin (HCR) - GENEVE, 6 juin (HCR) - Le HCR a annoncé avoir reçu, vendredi, la confirmation du décès de 62 personnes dans un naufrage lors de leur tentative de traversée de la mer Rouge, depuis la Corne de l'Afrique vers le Yémen. Cette tragédie est le théâtre du plus grand nombre de décès jamais enregistré cette année dans les traversées de migrants et de réfugiés

« Nous recherchons de nouvelles informations, mais il est désormais confirmé que le bateau transportant 60 personnes originaires de Somalie et d'Ethiopie et deux membres d'équipage yéménite a coulé samedi dernier dans la mer Rouge », a déclaré le porte-parole du HCR Adrian Edwards vendredi aux journalistes à Genève. Les victimes auraient été enterrées par des membres de la communauté locale après que la mer ait ramené leurs corps sans vie sur le rivage de la région d'Al Jadid au Yémen.

« Le HCR présente ses condoléances aux familles et amis des victimes », a indiqué Adrian Edwards. « Cette tragédie est le théâtre du plus grand nombre de décès jamais enregistré cette année dans les traversées de migrants et de réfugiés vers le Yémen en mer Rouge et dans le golfe d'Aden »

Après de précédents épisodes en janvier, mars et avril, le total connu des décès de personnes tentant de rejoindre le Yémen par la mer s'élève au moins à 121 depuis début 2014.

« Le HCR croit fermement que chaque vie compte et fait son possible pour éviter d'autres pertes alarmantes en mer ainsi que pour lutter contre l'indifférence envers les personnes ayant désespérément besoin de protection. Nous réitérons notre appel aux autorités régionales à renforcer leurs dispositifs de recherche et de sauvetage, leurs modalités de débarquement sécuritaire des personnes secourues et de délivrance de pièces d'identité, et le soutien et l'orientation des personnes vulnérables ayant besoin de protection et d'assistance », a expliqué le porte-parole du HCR.

Il a ajouté que le HCR était prêt à soutenir le Yémen dans ces activités, parallèlement à d'autres mesures visant à renforcer le système de protection dans la région, qui a été adopté dans la Déclaration de Sanaa issue de la Conférence régionale de novembre 2013 sur l'asile et les migrations.

Le HCR a observé l'arrivée de 16 500 réfugiés et migrants sur les côtes yéménites au cours des quatre premiers mois de 2014, soit nettement moins que les 35 000 reçus durant la même période l'an dernier.

Ces cinq dernières années, plus de 500 000 personnes (principalement des Somaliens, Ethiopiens et Erythréens) ont traversé les eaux dangereuses du golfe d'Aden et de la mer Rouge pour rejoindre le Yémen. Les bateaux sont surpeuplés et les passeurs auraient poussé par-dessus bord des passagers pour éviter de chavirer ou de se faire repérer. Les responsables de la recherche et du sauvetage disent que cette pratique a déjà fait des centaines de victimes en situation irrégulière au cours des dernières années.

Le HCR prodigue les premiers soins et distribue de la nourriture aux nouveaux arrivants identifiés par les patrouilles, dans trois centres de transit côtiers. L'ONG Society of Humanitarian Solidarity, le Conseil danois pour les réfugiés, et le Croissant-Rouge yéménite leur fournissent de l'aide, appuient les patrouilles le long des côtes et fournissent les moyens de transport pour le transfert des arrivants vers le centre d'accueil le plus proche pour l'enregistrement initial. Les Somaliens reçoivent leur statut de réfugié prima facie. Les non-Somaliens demandeurs d'asile reçoivent, quant à eux, une lettre d'attestation, valable 20 jours, pour contacter les bureaux du HCR à Sanaa ou Aden et demander l'asile.