Le HCR livre une aide d'urgence à des milliers de déplacés iraquiens dans une région reculée

Le HCR et ses partenaires envoient des convois d'aide aux déplacés au nord de l'Iraq, et s'apprêtent à en aider des centaines de milliers d'autres au Kurdistan iraquien.

Les membres d'une famille élargie de déplacés internes iraquiens dans une école où ils ont trouvé abri.   © HCR/S.Baldwin

ERBIL, Iraq, 17 juin (HCR) - Des déplacés iraquiens par les récents combats en Iraq sont arrivés, lors d'un nouvel afflux, dans la région démunie et difficile d'accès de Sinjar, à la frontière de l'ouest du pays avec la Syrie.

Au total, quelque 20 000 personnes déplacées par les violences de la semaine dernière dans les villes de Mossoul et de Tal Afar sont arrivées lundi. Un autre afflux de 10 000 personnes était attendu aujourd'hui, selon le personnel du HCR. Beaucoup vivent en plein air et ils ont besoin d'une assistance immédiate.

Le HCR et ses partenaires ont envoyé une cargaison de matériel de secours vers la région, qui est moins accessible que les autres contrées du Kurdistan au nord de l'Iraq où 300 000 personnes déplacées étaient arrivées la semaine dernière.

« Selon les informations, beaucoup parmi ces civils déplacés vivent actuellement en plein air sous le soleil brûlant, et ils ont un accès très limité à la nourriture, à l'eau et à un abri », a déclaré Andrei Kazakov, employé du HCR en charge de la coordination sur le terrain. « Il semblerait que beaucoup envisagent de rejoindre le gouvernorat de Duhok, plus au nord. Mais en attendant, nous devons leur offrir l'aide dont ils ont besoin de toute urgence. »

Le HCR et l'UNICEF, ainsi que des fonctionnaires locaux, ont fait partir mardi un convoi de 10 camions vers cette région avec une cargaison de matériel d'urgence. Le HCR a envoyé des tentes familiales avec des kits d'urgence contenant des matelas, des couvertures, des ustensiles de cuisine, des articles d'hygiène, des conteneurs d'eau et des ventilateurs pour soulager les déplacés de la chaleur intense.

Parallèlement, au Kurdistan iraquien, les 300 000 civils qui ont été déplacés par les combats la semaine dernière continuent de lutter contre des conditions de vie précaires. Selon des évaluations rapides menées sur place par le HCR et ses partenaires locaux, les personnes interrogées font état de grandes difficultés pour trouver un logement. Les déplacés se plaignent de la vie chère et du manque d'intimité.

Certains ont expliqué ne prendre qu'un repas par jour pour faire durer leurs faibles réserves financières. Avec la flambée des températures diurnes de 40 degrés Celsius, la protection contre le soleil et la chaleur sont une préoccupation majeure. Les autorités régionales établissent cinq camps de transit pour faire face à l'afflux de déplacés iraquiens.

Fakhria est l'une d'entre eux. Transférer sa famille vers un lieu sûr, c'était la seule pensée qui animait cette grand-mère de 55 ans quand elle a fui vers Erbil, au Kurdistan iraquien, lorsque les combats faisaient rage à Mossoul en début de semaine dernière. « Je suis âgée…. Je ne suis pas inquiète sur ma vie », dit-elle. « Mais je ne pourrais jamais laisser quoi que soit arriver à mes petits-enfants. » Après la chute d'une roquette près de la maison familiale, Fakhria et sa famille élargie de 18 personnes ont fui en direction du nord. « Nous avons marché pendant des jours sous le soleil brûlant », explique-t-elle. « J'ai poussé un soupir de soulagement quand nous sommes arrivés à Erbil. »

Fakhria et toute sa famille vivent désormais dans une petite chambre avec une minuscule cuisine qu'ils partagent avec trois autres familles. Elle reste éveillée toute la nuit. Elle ne pense pas à l'espace réduit, mais plutôt au fait qu'elle soit à court d'argent.

« L'argent nous file entre les mains », indique-t-elle, ajoutant qu'à ce rythme, ses économies ne dureront qu'une semaine. Le retour à Mossoul est impossible. Fakhria et sa famille n'ont nulle part où aller. « Je préfèrerais dormir en plein air plutôt que la vie de mes petits-enfants soit de nouveau menacée », ajoute-t-elle.

Mangora a environ 60 ans et sa situation est similaire. Elle est arrivée à Erbil depuis la ville de Tikrit, avec sa famille élargie de 24 personnes, ce week-end. Cette famille avait passé deux nuits en plein air avant de trouver une pièce unique dans un hôtel délabré. « Nous n'avons rien emporté avec nous ; nous avons juste fui à la hâte », dit-elle, sous les yeux de sa famille.

Jusqu'à hier, 17 des chambres de leur petit hôtel à Erbil étaient occupées par des déplacés iraquiens - des hommes, des femmes et des enfants - avec parfois jusqu'à trois familles entassées côte-à-côte dans une pièce unique coûtant 40 dollars la nuit - une réduction pour les déplacés, a-t-elle confié. Aujourd'hui, cinq de ces chambres sont vacantes. Leurs occupants n'avaient plus les moyens d'en payer le prix.

Ned Colt, Shawn Baldwin et Rocco Nuri à Erbil, en Iraq