Aider un garçon non-voyant à poursuivre ses rêves en Turquie

Une machine à écrire le braille financée par le HCR aide les réfugiés syriens malvoyants en Turquie, comme Ashraf, à s'exprimer et à poursuivre leurs rêves.

Un membre du personnel du HCR regarde Ashraf, 15 ans, utiliser la machine à écrire le braille dans le camp de réfugié de Midyat en Turquie.  © UNHCR

CAMP DE RÉFUGIÉS DE MIDYAT, Turquie, le 4 août (HCR) - Ashraf affirme que tous ceux qui ont été arrachés de leur foyer et forcés à devenir un réfugié voient la vie comme un combat : « Lorsque vous venez dans un nouveau pays, c'est comme si tout le monde était aveugle. »

Ce n'est pas tout le monde qui est aussi enjoué et résilient que ce jeune homme de 15 ans, forcé à quitter Alep, au nord de la Syrie, pour s'installer en Turquie avec six autres membres de sa famille il y a près d'un an. Dans le cas d'Ashraf, aveugle n'est pas une métaphore. Ashraf et son frère sont malvoyants.

Cela a rendu leur périple vers Midyat ainsi que les ajustements ultérieurs apportés à leur vie en exil encore plus difficiles pour eux comparativement aux autres réfugiés.

Depuis son arrivée, Ashraf va à l'école du camp de réfugiés de Midyat. Il a récemment terminé sa septième année. Malgré l'absence de documents en braille ou d'équipement spécialisé d'écriture pour lui, il a été l'un des meilleurs.

« Je ne fais qu'écouter en classe, et j'apprends en écoutant et en mémorisant », dit-il. Lors des examens, un élève plus âgé ou un enseignant lui lit les questions, et il répond oralement. Toutefois, il est manifeste que cette transition vers une école dans un camp n'a pas toujours été facile.

« J'allais auparavant dans une école pour les non-voyants à Alep. C'est là que j'ai appris à lire en braille. Là-bas, je ne me sentais pas différent des autres », affirme-t-il. « Nous jouions également au football avec un ballon spécial dans lequel il y avait des cloches afin de nous permettre de savoir où il se trouvait, mais ici je n'ai personne avec qui jouer. »

Travaillant étroitement avec le gouvernement turc, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés soutient les réfugiés syriens et fournit du matériel ainsi que du soutien technique afin d'aider les autorités à répondre à la crise et à gérer l'augmentation des arrivées. Le HCR appuie le programme d'inscription du gouvernement afin d'assurer que les personnes qui ont des besoins spéciaux soient identifiées rapidement et dirigées vers les mécanismes appropriés.

Midyat n'est pas un camp particulièrement grand selon les normes turques, accueillant quelque 2 800 réfugiés comme Ashraf et sa famille. La Turquie a un total de 22 camps de réfugiés qui comptent quelque 220 000 réfugiés syriens. On estime qu'il y a plus de 1 million de réfugiés syriens en Turquie, mais seulement 20 pour cent d'entre eux sont inscrits dans les camps. Les autres habitent dans les villes.

La moitié des réfugiés sont des enfants, dont certains ont des besoins spéciaux. Le ministère de l'Éducation a établi des écoles dans tous les camps de réfugiés gérés par le gouvernement dans le sud-est de la Turquie, permettant ainsi à approximativement 61 000 enfants réfugiés de la Syrie de fréquenter une école qui emploie des enseignants syriens bénévoles. Le HCR appuie ces efforts en fournissant du matériel scolaire sur demande.

Dans le contexte de son soutien à l'éducation des enfants réfugiés syriens, l'Agence a récemment acheté une machine à écrire le braille, soit une machine à écrire utilisée pour rédiger des documents en braille, afin qu'elle soit utilisée par les enfants et les adultes malvoyants.

« Bien que j'aie appris à lire le braille en Syrie, je n'ai pas eu vraiment l'occasion d'utiliser une machine à écrire le braille », affirme timidement Ashraf. Mais, manifestement, l'accès à la machine à écrire le braille élargit ses compétences; il a été tout excité de montrer au personnel du HCR comment il peut maintenant écrire des phrases en lettres arabes et turques.

La machine à braille est un outil important pour les adolescents malvoyants comme Ashraf, mais les besoins des réfugiés en matière d'éducation sont immenses, alors que les ressources sont limitées. Le seul document en braille qu'Ahsraf peut lire et qui est disponible dans le camp est le Coran qu'il a apporté de la Syrie.

Cela n'a pas compromis sa vision de l'avenir. « J'aimerais devenir psychologue un jour », affirme Ashraf. « J'ai une bonne écoute et j'aide souvent les gens à trouver des solutions à leurs problèmes. »

Venant au deuxième rang des pays qui accueillent la plus importante population de réfugiés syriens dans la région, après le Liban, la Turquie n'a reçu que 17 pour cent des fonds dont elle a besoin. Le HCR et ses partenaires exhortent les donateurs à financer un programme d'aide de 3,74 milliards de dollars US s'étendant au Liban, à la Jordanie, à la Turquie, à l'Iraq et à l'Égypte afin de sauver des vies, de prévenir les blessures, de protéger les vulnérables et de renforcer les capacités et la résilience des réfugiés ainsi que d'accueillir les collectivités dans le contexte de cette crise qui s'aggrave et qui en est à sa quatrième année.

Par Jennifer Robert et Selin Unal, au camp de réfugiés de Midyat, Turquie