Le camp de réfugiés de Zaatari en Jordanie a trois ans ; quel avenir pour les milliers de réfugiés qui y résident

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Ariane Rummery – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 29 juillet 2015 au Palais des Nations à Genève.

Le camp de réfugiés de Zaatari en Jordanie - le plus important camp de réfugiés au Moyen-Orient - s'apprête à marquer son troisième anniversaire. Le HCR a révélé mardi (8 juillet) une augmentation du nombre de réfugiés en quête de refuge dans des camps à travers le reste du pays.

Selon le HCR, les conditions de vie de plus d'un demi-million de réfugiés vivant hors des camps à travers le pays étaient devenues de plus en plus difficile, ce qui fait augmenter la population dans les autres camps. D'après une toute dernière enquête, 86 pour cent des réfugiés en milieu urbain vivent en-dessous du seuil de pauvreté jordanien de 68 JOD (environ 95 dollars) par habitant et par mois.

Le camp de réfugiés de Zaatari a atteint sa pleine capacité. Le nombre de réfugiés en milieu urbain en quête d'un refuge dans le deuxième camp de la Jordanie, Azraq, a quadruplé au cours des six premiers mois 2015.

Durant la première moitié de l'année 2015, 3658 personnes sont retournées à Azraq en provenance des villes, contre seulement 738 durant la seconde moitié de l'année 2014.

Cette tendance est due à la vulnérabilité croissante des réfugiés vivant en milieu urbain en Jordanie. Ils ont épuisé toutes leurs économies après des années d'exil et ils sont dans l'incapacité de trouver des moyens d'existence légaux. Les personnes qui vivent à Amman, en particulier, tentent de survivre dans l'une des villes les plus chères du Moyen-Orient.

La plupart ont déjà subi une réduction de la valeur de leurs coupons mensuels alimentaires du PAM ces derniers mois et ils sont désormais confrontés à la perspective de les perdre entièrement à partir du mois prochain.

Le camp de Zaatari est le camp de réfugiés le plus vaste au Moyen-Orient, avec près de 81 000 résidents syriens. Une installation provisoire avait été établie en date du 29 juillet 2012 dans un contexte d'afflux massifs de réfugiés en provenance de Syrie.

Le camp avait été installé en neuf jours. Depuis, il a été agrandi par étapes. Initialement, il y avait des problèmes de distribution d'électricité pour l'éclairage et pour que les réfugiés puissent recharger leurs téléphones mobiles - les seuls moyens grâce auxquels ils pouvaient rester en contact avec leurs familles en Syrie et ailleurs.

Les tentes alignées par rangées qui abritaient les premiers réfugiés arrivés à Zaatari ont été remplacées par des abris préfabriqués. Plus de la moitié de la population est composée d'enfants, ce qui présente des défis non seulement pour assurer leur scolarisation stoppée par un départ en hâte depuis la Syrie, mais aussi pour investir dans leur avenir. Un enfant sur trois n'est pas scolarisé.

On compte également quelque 9500 jeunes dans le camp qui sont âgés entre 19 et 24 ans et qui ont besoin d'une formation professionnelle. Comme leurs homologues plus âgés, ils ont également besoin de moyens d'existence. Environ 5,2 pour cent d'entre eux étaient inscrits à l'université en Syrie, mais ils ont dû abandonner en raison du conflit. Seulement 1,6 pour cent d'entre eux ont obtenu leur diplôme.

Davantage doit être fait pour cette génération, et les millions d'autres réfugiés dans la région qui se trouvent dans des situations également difficiles. Ils sont l'avenir de la Syrie.

En tout, plus de 4 015 000 réfugiés sont enregistrés dans des pays voisins de la Syrie, y compris environ 629 000 personnes en Jordanie.