Conférence de Londres sur la Syrie : Les dirigeants doivent venir en aide au peuple syrien déraciné

Les dirigeants mondiaux et la communauté humanitaire se réunissent à Londres pour s'engager à aider des millions de Syriens ainsi que les pays hôtes de la région affectés par près de cinq années de crise.

Des enfants jouent au camp de réfugiés de Zaatari en Jordanie.  © HCR/J.Matas

LONDRES, Royaume-Uni, 3 février (HCR) - Plus de 70 chefs d'Etat, le Secrétaire général des Nations Unies, des dirigeants d'organisations internationales, des représentants d'ONG et du secteur privé se réunissent cette semaine à Londres lors d'une conférence clé pour engager leur soutien face aux besoins croissants du peuple syrien.

Organisée par le Royaume-Uni, l'Allemagne, le Koweït, la Norvège et les Nations Unies, cette conférence de deux jours intitulée « Aider le peuple syrien et les pays hôtes de la région » débute mercredi (3 février). Elle vise à générer une nouvelle aide massive pour répondre aux besoins immédiats ainsi que ceux à plus long terme des personnes touchées par le conflit syrien, y compris un financement accru.

Les besoins atteignent un niveau sans précédent. Deux appels de fonds humanitaires et de développement ont été lancés par les Nations Unies pour un montant de 7,73 milliards de dollars en janvier 2016. Le Plan d'aide humanitaire en Syrie (HRP) et le Plan régional d'aide aux réfugiés et pour la résilience (3RP) représentent un besoin de financement nécessaire pour venir en aide à 22,5 millions de personnes en Syrie et dans la région.

Après près de cinq ans de conflit meurtrier en Syrie, le Plan 3RP prévoit de venir en aide à environ 4,7 millions de réfugiés dans les pays voisins d'ici la fin 2016, ainsi que quatre millions de personnes dans les communautés hôtes. Le second appel pour une aide continue au bénéfice de 13,5 millions de personnes déplacées et affectées par le conflit à l'intérieur de la Syrie revêt la même importance.

« La vie et l'avenir de millions de réfugiés et de déplacés internes syriens dépendent de la réponse de la communauté internationale. Il est impératif que les dirigeants agissent dès maintenant. Ils doivent faire leur possible pour mettre fin au conflit syrien et aider généreusement à atténuer les souffrances humaines massives qui sont endurées par le peuple syrien », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés Filippo Grandi. « Mais l'aide seule ne suffira pas et nous nous félicitons de l'attention renouvelée sur des solutions à long terme pour les réfugiés et les communautés hôtes. »

Depuis que le plan 3RP a été lancé en décembre 2014, la situation humanitaire et le développement se sont détériorés - tant à l'intérieur de la Syrie, où les combats se sont intensifiés, que dans les pays voisins. Environ 250 000 Syriens ont été tués depuis 2011. Par ailleurs, de nombreux réfugiés hébergés dans des pays de la région ont épuisé leurs ressources et ils sombrent dans la misère et le désespoir.

Sans perspective ni alternative pour leur avenir, des milliers de réfugiés syriens effectuent des traversées maritimes périlleuses vers l'Europe, livrant leur vie aux mains de passeurs sans scrupules. Devant ces nombres importants, ce sont les gouvernements et les communautés des pays hôtes voisins de la Syrie qui continuent de porter la charge des conséquences du conflit en Syrie aux niveaux politique, économique et social.

Le HCR, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, est préoccupé par la disparité croissante entre les besoins humanitaires massifs et l'aide internationale disponible. En 2015, les deux appels de fonds pour venir en aide aux réfugiés dans la région et pour répondre aux besoins à l'intérieur de la Syrie ont été financés à un peu plus de 50 pour cent. Plus inquiétant encore, des contributions considérables sont arrivées seulement vers la fin de l'année, ce qui a rendu difficile la planification et la mise en oeuvre des programmes.

« Compte tenu du fait que nos appels de fonds sont progressivement sous-financés, nous demandons à la communauté internationale un versement accru des contributions plus tôt dans l'année. Il est essentiel pour nos collègues ayant la responsabilité de mettre en oeuvre la réponse à la crise des réfugiés syriens d'avoir un financement prévisible et pluriannuel, en parallèle avec un plus grand soutien pour les principaux pays d'accueil », a expliqué Filippo Grandi.

La conférence de Londres fixe également des objectifs ambitieux en ce qui concerne l'éducation et les possibilités économiques pour améliorer et transformer la vie des réfugiés pris au piège dans la crise et pour apporter un appui aux pays voisins de la Syrie, le Liban, la Jordanie, la Turquie et l'Irak qui assument la plus lourde charge du déplacement de population syrienne.

En plus d'augmenter le financement des plans HRP et 3RP ainsi que les engagements jusqu'à 2020 en terme d'aide humanitaire, pour la résilience et le développement, la conférence et les événements annexes visent à répondre aux besoins à long terme et à identifier comment renforcer les moyens d'existence et la résilience en créant des opportunités économiques et des emplois. Créer des possibilités d'éducation figurera également parmi les objectifs.

La conférence visera à maintenir la pression sur les parties au conflit, à protéger les civils et à assurer que la communauté internationale soit bien préparée à appuyer un effort de stabilisation coordonné dès que les conditions le permettront.

La conférence de deux jours à Londres débute mercredi (3 février) avec des événements annexes de la société civile comme, par exemple, des conférences du secteur non-gouvernemental et privé. Ces événements annexes fourniront une contribution supplémentaire aux chefs d'Etat en mettant l'accent sur l'éducation, les moyens d'existence et la protection de la population civile en Syrie.

Après les conférences d'annonces de contributions au Koweït et à Berlin, cette conférence de Londres est le quatrième événement de ce type depuis le début de la crise syrienne au printemps 2011.

Par Andrej Mahecic à Londres