Les combats au Soudan du Sud forcent des milliers de personnes à fuir vers la RCA, l'Ouganda et la RDC

Les combats au Soudan du Sud forcent des milliers de personnes à fuir vers la RCA, l'Ouganda et la RDC

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Leo Dobbs – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 11 mars 2016 au Palais des Nations à Genève.

Les combats dans des zones auparavant pacifiques de l'Etat de l'Ouest-Equateur au Soudan du Sud continuent de forcer des milliers de personnes à fuir vers la République démocratique du Congo (RDC), l'Ouganda et même l'instable République centrafricaine, a alerté le HCR vendredi.

Le HCR espère accéder la semaine prochaine à environ 7000 réfugiés sud-soudanais vivant dans des conditions désespérées à Bambouti, une ville située dans une zone reculée à la pointe sud-est de la République centrafricaine (RCA).

Un convoi de quatre camions transportant des vivres du PAM et des articles de secours du HCR devrait quitter Bangui samedi pour Bambouti où il arrivera le 21 mars, a déclaré Leo Dobbs lors d'un point de presse à Genève vendredi 11 mars.

Une équipe inter-agence d'évaluation suivra lundi, en voyageant par avion et en hélicoptère. Elle apportera des articles de secours d'urgence, y compris des médicaments et des biscuits à haute teneur nutritionnelle.

Le bureau de terrain du HCR le plus proche est situé à Zemio, à 320 kilomètres à l'ouest, mais des employés du HCR sont en contact avec des responsables locaux à Bambouti ainsi qu'un petit groupe de réfugiés, qui sont arrivés par la route vers la ville d'Obo en République centrafricaine, à près de 110 kilomètres de Bambouti.

Ils ont indiqué au HCR que les nouveaux arrivants en RCA ont d'urgence besoin d'assistance, y compris des abris, des vivres, de l'eau potable, des soins de santé ainsi que la sécurité. Beaucoup sont hébergés par des familles d'accueil, mais la plupart se trouvent dans des abris de fortune. Plus de 80 pour cent des réfugiés sont des femmes et des enfants.

Les réfugiés ont commencé à arriver à Bambouti en décembre pour échapper aux combats et aux tensions croissantes entre les membres d'un groupe armé local et les forces gouvernementales dans les villes sud-soudanaises de Source Yubu et Ezo. Certains avaient également fui les combats à Tambura.

Selon le groupe de réfugiés à Obo, davantage de civils vont encore traverser la frontière vers la RCA, où trois années de conflit ont déjà déraciné quelque 900 000 personnes. Ils ont indiqué que la route vers Bambouti et le Soudan du Sud était praticable pour de lourds camions, mais qu'elle est toutefois en mauvais état. Ils ont payé comptant des chauffeurs de camions pour se faire conduire à Obo.

Les nouveaux arrivants à Bambouti sont plus nombreux que la population locale comptant environ 1500 personnes, ce qui met à rude épreuve les ressources en eau et en nourriture. La santé est également un problème, avec des cas de paludisme, de diarrhée, de malnutrition et de gale. Il y a seulement une sage-femme et un assistant médical à Bambouti. Le dispensaire n'a ni médicaments ni d'équipement. L'école locale est fermée depuis 2002.

Le renouveau des combats dans l'État de l'Ouest-Equateur survient depuis la fin 2015. Il a également forcé plus de 11 000 personnes à traverser la frontière vers la République démocratique du Congo où ils ont trouvé refuge dans les villes de Doruma, Bangalu, Gangala, Duru et Bitma, dans la province du Haut-Uélé, après avoir fui les combats entre les forces gouvernementales et les Arrow Boys, un groupe armé local, près de la ville de Yambio au Soudan du Sud.

Les nouveaux arrivants, principalement des femmes et des enfants (dont 30 pour cent sont âgés de trois ans ou moins) citent, pour motif de leur fuite en exil, des violations des droits humains, y compris des meurtres, des viols et le recrutement forcé. Beaucoup d'arrivantes expliquent avoir perdu la trace de leur mari. La plupart des nouveaux arrivants ont indiqué au HCR être originaires des comtés d'Ezo et de Nzara dans l'Etat de l'Ouest-Equateur.

Toutefois, les conditions à Doruma et ailleurs sont insuffisantes. Parmi les arrivants, beaucoup dorment dans les enceintes des églises à cause du manque de matériaux de construction. Les installations d'assainissement et d'hygiène sont en pénurie. Beaucoup dormaient en plein air. Une équipe du HCR enregistre les réfugiés et évalue leurs besoins.

En Ouganda, plus de 14 000 réfugiés sud-soudanais, dont la vaste majorité sont des femmes et des enfants de moins de 18 ans, ont été enregistrés depuis début 2015. La plupart des nouveaux arrivants ont fui l'Etat de l'Ouest-Equateur. Ils ont souvent marché pendant des jours. Ils sont fatigués et affamés.

Les chiffres d'arrivée datent de la fin 2015. Le nombre de nouveaux arrivants a légèrement ralenti à la mi-février, coïncidant avec la tenue des élections présidentielles et générales le 18 février. Les chiffres ont progressivement commencé à remonter au cours des 10 derniers jours.

La majorité des nouveaux arrivants sont hébergées dans un site récemment ouvert à Adjumani, dans le district du Nil occidental, avec de plus petits nombres résidant dans des installations à Arua et Kiryandongo.

Contacts médias:

  • A Juba, Rocco Nuri, +211 927 725 535, nuri@unhcr.org
  • A Bangui, Dalia Al Alchi, +236 726 75186, alachi@unhcr.org
  • A Kinshasa, Simon Lubuku, +243 81 950 0202, lubuku@unhcr.org
  • A Genève, Leo Dobbs sur le mobile +41 79 883 6347, dobbs@unhcr.org