Le HCR redéfinit son rôle en Grèce après l'entrée en vigueur de l'accord UE-Turquie

Dimanche dernier, les dispositions convenues dans le cadre de l'accord entre l'UE et la Turquie sont entrées en vigueur. Elles visent à endiguer l'arrivée massive de réfugiés et de migrants en Grèce et au-delà en Europe. Dès samedi, les autorités grecques ont accéléré le transfert vers le continent d'un nombre estimé à 8000 réfugiés et migrants qui étaient arrivés dans les îles avant le 20 mars. Cet effort a été mené pour les séparer des personnes arrivées après cette date et qui seront soumises à la nouvelle politique instituant les retours vers la Turquie.

A Lesbos, les arrivées continuent. Ce matin, 934 personnes étaient déjà arrivées depuis dimanche. Elles sont retenues dans un centre fermé d'enregistrement et d'hébergement temporaire à Moria dans l'est de l'île. Les 880 personnes qui étaient arrivées avant ce dimanche sont hébergées à environ un kilomètre de là, au centre de Kara Tepe qui est géré par les autorités municipales et qui demeure une structure ouverte.

Auparavant, le HCR apportait un appui aux autorités dans les «hotspots» (centres d'enregistrement) sur les îles grecques, où les réfugiés et les migrants étaient reçus et enregistrés et où ils recevaient de l'aide. Dans le cadre des nouvelles dispositions, ces sites sont devenus des lieux de rétention. Par conséquent, et conformément à notre politique d'opposition à la détention obligatoire, nous avons suspendu certaines de nos activités dans tous les centres fermés sur les îles, y compris le transport des arrivants vers et depuis ces sites. Cependant, le HCR y maintiendra une présence pour assurer que les normes soient respectées en matière de protection, de droit des réfugiés et de droits humains ainsi que pour fournir des informations sur les droits et les procédures de dépôt d'une demande d'asile.

Le personnel du HCR continuera d'être présent sur le littoral et dans les ports maritimes afin d'y fournir une assistance pour le sauvetage (y compris le transport vers les hôpitaux en cas de besoin). Nous informons les nouveaux arrivants sur la procédure d'asile en Grèce, le regroupement familial et l'accès aux services. Par ailleurs, nous identifions les personnes ayant des besoins spécifiques.

Le HCR est préoccupé par le fait que l'accord UE-Turquie soit mis en oeuvre avant la mise en place des garanties requises en Grèce. Actuellement, la Grèce ne dispose ni d'une capacité suffisante sur les îles pour l'examen des demandes d'asile, ni de conditions adéquates pour accueillir les personnes décemment et en toute sécurité en attendant une décision sur leur cas.

Le HCR n'est pas partie à l'accord UE-Turquie et n'est pas engagé non plus dans les opérations de retours ou pour la rétention. Nous allons continuer à appuyer les autorités grecques pour développer une capacité d'accueil suffisante.

L'incertitude rend les nouveaux arrivants nerveux. Beaucoup espèrent encore que la frontière va ouvrir. La plupart d'entre eux n'ont plus d'argent. Il y a également un besoin urgent d'informations. La police grecque distribue des tracts en arabe et en persan pour informer les gens sur la fermeture de la frontière et les conseiller d'aller dans des camps où il y a de meilleures conditions. Toutefois, la capacité initiale d'accueil des camps voisins est désormais atteinte et davantage de camps doivent être ouverts, y compris pour les candidats à la réinstallation.

Parallèlement, sur le continent grec à Idomeni, environ 10 000 à 12 000 personnes, y compris quelque 4000 enfants, campent dans des conditions désastreuses dans un site spontané près de la frontière, à proximité d'une voie ferrée. Pour la plupart, ce sont des familles, avec beaucoup de jeunes enfants. L'hygiène est une préoccupation majeure, ce qui a un impact négatif sur la santé des arrivants. Ils brûlent du plastique et des déchets pour tenter de créer de la chaleur. Globalement, la situation est très difficile. Le HCR et ses partenaires travaillent pour augmenter la capacité en fournissant des tentes familiales moyennes et grandes pour y héberger jusqu'à 2400 personnes et en assurant la collecte des ordures. Des latrines mobiles ont été installées, mais leur nombre n'est pas suffisant. Des tentes sont fournies pour les personnes vulnérables et les personnes seules, y compris 30 mineurs non accompagnés. Le HCR se rend dans des centres de rétention où sont gardés des enfants non accompagnés par mesure de protection. Des distributions de vivres sont organisées par plusieurs organisations (sandwich et une boisson) trois fois par jour, ainsi que des distributions de lait, d'aliments pour bébés et de couches.

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter :

  • Idomeni, Babar Baloch, Baloch@unhcr.org +306 957 202 486
  • Lesbos, Boris Cheshirkov, cheshirk@unhcr.org +30 695 1801 242
  • Athènes, Ketty Kehayioylou, kehayioy@unhcr.org +30 694 0277 485
  • Athènes, Aikaterini Kitidi, kitidi@unhcr.org +30 693 711 5656
  • Athènes, Stella Nanou, nanou@unhcr.org +30 694 45 86 037
  • Genève, Adrian Edwards, edwards@unhcr.org +41 79 557 9120
  • Genève, William Spindler, spindler@unhcr.org +41 79 217 3011
  • Melissa Fleming, fleming@unhcr.org +41 22 739 7965